Il est dit que Dieu a créé Fhomme à son image
3. On le peut conclu rc aussi de ce qui reste à rhomme de son état primitif. « Voulez- vous, mes <K frh^s, une autre csonsidésation pour vousoenvainet cre que Dieu avait fait l'homme droit en le créant? « Regardez, je vous prie, les ruinas de ce beau chef- « d'cBQvre, les masures de notre ionooence, les débris « de notre naufrage, je veux dire ce qui reste encore « à rhomme tombé, cette connaissattce du bien et du
(I : Tome !•*, ptfes 4io-4u.
(3j Tome I",p«fe4i«.
(2) Tome page 413.
« mal, cette conscience, ces idées de riionnète, ce< « notions communes qu il a conservées. D*où nou£ <K viennent de si beanx restes ? D*où nous sont démence rées des reliques si précieuses, si ce n'est de cette ce intégrité et de cette première excellence que Dieu a nous avait donnée? On admire les beaux ouvra- « ges, les chets-d' œuvre de sculpture ou d'architec- « ture, non-seulement lorsqu'ils sont debout et dans a leur entier, mais quelquefois môme lorsqu'ils sont oc brisés^ renversés par terre. Ce n'est pas seulement «c pendant que les temples subsistent que Ton dit, « comme les disciples, de celui de Jérusalem : Voyez ff fuds hàlimmUl Lors même qu'ils sont ruinés, od « s'étonne souvent d'en voir les masures et les ruia nés, et l'on juge par là de la grandeur et de la «r beauté de Tanden édifice. Le voyageur cberche « encore les restes des merveilles que Tautiquité a « vantées, et à la vue de ces masures, qu'il tâche « de déterrer sous la poudre qui les couvre, il s'écc crie : Jugez par là ce qu'étaient ces mausolées, « ces amphithéâtres, ces colosses, ces palais anciens ! <( Nous pouvons connaître de même ce que nous tt étions par ce que nous sommes encore. A travers « l'horreur de notre débris et sous les masures cona fuses de notre nature tombée, n'apercevons-nous <e pas rexeellence de notre première condition? a J'avoue qu'aujourd'hui tout est pêle-mêle, le mara bre, le porphyre, Tor, l'argent, avec la terre et la « poudre. Le vice et la vertu, le bien et le mal, la u lumière et les ténèbres sont si mêlés en nous qu'ib
DAiiiBL DE sunaviLiB. 501
«c font une espèce de chaos. Mais cependant n'est-il <c pas aisé de remarquer, à travers tout cela, quelle
« était la beauté de notre nature, lorsque tout y était « dans la régularité et dans Tordre ? Quand on voit « dans quelques païens tant de belles connaissances, «c tant de principes de sagesse, n'est-ce pas une marte cjuo que Dieu avait fait l'hottime droit (1 ? »
Conclusion. La considération de cette gloire primitive est triste dans notre état actuel ; mais eHe est utile :
l*" Pour rendre justice à Dieu (pour le décharger de la responsabilité de notre péché);
2* Pour miCLLx. savoir où nous en sommes.
« Rien n'est plus utile et plus nécessaire que de « déplorer notre ruine, de regretter amèrement notre « perte et de nous laire une juste idée de notre prête mier bonheur pour tâcher d'en rapprocher. Les « sages païens eu\-in(}nies ont reconnu que rànie, a dégradée aujourd'hui de sa première excellence, « doit faire tous ses efforts pour y remonter ; < [ i Tm yant tt beaucoup dégénéré de son origine, elle doit se re- « tracer Tidée de son ancienne pureté, pour tâcher de « la racquérir. Sus donc, homme criminel; souviens^ . a toi d'où tu es déchuy et te repens. Quand le marchand a a perdu son bien par sa négligence ou sa mauvaise « conduite; quaud l'esclave a vendu lui-même sa li- « berté; quand le voyageur s est jeté dans la fosse « par son imprudence, ou que le malade s'est attiré « son mal par ses excès, ils ne regagnent pas leur
(I) Tome !«', pages 419-421*
DàMIL DB MJfiaViLLS.
« santé, leur liberté, leurs biens, ils ne sortent pas tt de l'état où ils sont simplement en se condamBani « et en se lamentant sar leurs pertes; mais c'est im « grand remède pour les enfants d'Adam que de déce plorer le péché de leur premier père et les leurs « propres, et d'être extri^mement sensibles à la perte «c de cette intégrité qui faisait au commencement l'or* «c nement de notre nature. .Nous pouTons nous ap- « pliquer une partie de ce que Job disait au cliaa pitre XXIX : Ohl qui me ferait être comme dam Ui « mois de jadisy selon hs jours auxquels Dieit me gara dail? Oh! qui me ferait être comme quand U Toul- <c Putseam étaU encore avec moi? J étais vêiu de /ma iice el elle me vêlait; moti équité m'était comme une « manteline et comme me thiare: mu gloire se rewMr « w^oit en mot. Adam pouvait parler ainsi après sa « chute. Ët eouime sans le péché nous aurions été ce « qu'il était, et que ce qu'il a perdu il Ta perdu pour a lui et pour nous, ne pouvons-nous pas dire aussi : c Qui me ferait être comme dans cet heureux temps, « où il n'y avait point de tache dans notre nature, « point de séparation entre nous et Dieu ? — L'en- «c &nt prodigue» après avoir dissipé son bien» ne fit^ii a pas sagement de se souvenir de l'ulat ou d a\ail « été dans la maison de son père? Ce fut alors qu'il « dit : J« me Urnm et m'en irai vers mon père, et par « ce retour il recouvra tout ce qu'il avait perdu. La c femme», après avoir perdu sa drachme, la le- « cherche jus(|u*à ce qu'elle Tait trouvée. Notre fit drachme, c'était notre innocence-, c'était comme
Digitizod by Guv - .
DANIEL DE SLPERYILLB. 503
« la pièce d'or, la monnaie que Dîen nous avait « doimée, frappée à son coin. Nous avons^ perdu a noire dracbme : ne nons meltrons-noaa point en
<c" peine de celte perle, et ne cherclierons-nous point a à la réparer? Ce n'est pas aeeez de dire comme a eette fenune affligée de la perte de Tarehe : SseiMj ce il n'y a plus de gloire, la gloire est transportée d'Israël : l'innocence de l'homme est perdue. 11 faut a retirer Farche des mains des Philistins ; il faut re- « tirer notre àme des mains du démon et relever «c notre justice de dessous les masures qui Font ac- « tablée. Nébucadnetzar, chassé d'entre les hoaimes « et obligé de paître avec les bêtes, lève eniin ks <c yeux vers le ciel lorsque son sens lui revicat; il a donne gloire à Dieu, et par ce moyen il retourne à a la ghire de s<m royaume ei à sa moffnifkence. Le « premier homme, qui était en lionnciir, pour avoir « manqué d'intelligence, est devenu semblable aux ce bétes qui périssent. Mais, 6 honmie, si tu te lasses et d'être au rang des brûles, toi qui avais été fait un « pou moindre que les anges, souviens-toi de ta <K création; que le sens et la mémoire te reviennent; « lève les yeux vers le Créateur de toutes choses. — « Seigneur, j'ai défiguré ton ouvrage. Tu airais fait « uutre nature droite; mais le crime de nos premiers « parents, qui est le mien par imputation, par proa pagation, par imitation, ce péché d'Adam et les « miens propres m'ont ôté celle droiture. Daigne re- «r former en moi ton image, et me donner une jus- « tice immuable, au heu de celle que j'ai perdue!
604> DaMLL de StFEHVILLK.
« Mes frères, ne serait-ce pas encore beaucoup
a pour nous, (^liand nous n'aurions pu regagner par « la grâce que les mêmes prérogatives dont Adam « jouissait dans Tétat de la nature? Mais, béni soit « i)itu, nous recouvrons plus par le second Adam c que nous n'avions perdu par le premier. On dit « qn*un homme ayant demandé à Alexandre qu'il « lui donnât seulement dix (aïeuls pour marier ses « filles, et que ce serait assez, ce prince lui ré* « pondit : Ce serait assez pour Perillus, mais ce ne « serait pas assez pour Alexandre. Au lieu de dix <K talents, il lui en donna cinquante. Si Dieu avait «t demandé à l'homme tombé : Que veux-tu que je a te donne? llélas! c'aurait été beaucoup pour nous « qu'il nous eût rendu notre première innocence et « notre premier bonheur. Seigneur, aurions -nous a dit, rends-nous l'Éden et notre intégrité origi- <c nelle; rends-nous l'apanage de nos premiers pa* « rents, et cela nous sullira. iMais il semble que <c Dieu nous a dit : Ce qui aurait été assez pour « vous, n'est pas assez pour ma puissance et pour « ma bonté; ce qui aurait éti Uup même par rap- « port à ce que vous méritez, serait trop peu par <c rapport au mérite de mon Fils. Au lieu de la terre, « je vous veux donner le ciel ; au lieu d'une justice « muable, je vous veux donner une justice inamis- « sible et une félicité qui ne changera jamais. Il ne a fait pas comme David, qui, en rétablissant Méphicc bo^ceth, ne lui rendit que la moitié des biens ce qu'il lui avait auparavant donnés : Dieu nous
DANIEL DE SUPBRYILLE. 505
« donne cent fois davantage que nous n'avions eu.
« II est vrai qu'ici-bas nous ne recouvrons la sainteté « et laXélicité qu'en partie, et que nous nous sen- « tons encore de notre premier désastre* Mais là-haut « notre nature sera mille fois plus glorifiée que dans « la création. C'est alors que nous verrons toutes « choies sous nos pieds ^ et que nous bénirons à ja- « mais celui qui nous aura élevés sur le trône, pour « nous faire régner éternellement avec son Fils, au* « quel, comme à lui et au Saint-Esprit, soit honneur « et gloire à jamais! Amen (1). »
Cette conclusion se rattache mal aux principes que Supervîlle a d'abord établis, et d'après lesquels il semblait que Tétat primitif fut le meilleur. 11 y avait, du reste, à ce point de vue, une idée essentielle à ajouter. L'épreuve devait faire passer l'homme de l'état d'enfant à l'état d'homme fait; mais, au Heu de cela, elle a été l'occasion de sa chute. Jésus-Christ Fa relevé en mourant pour lui, et ceux qui croient recueillent dès ici -bas les fruits moraux de cette mort.
Le second discours sur le même texte est intitulé : L'Homme perdu par Im-^éme. Le sujet était proprement celui-ci : « Comment l'homme a-t-il détruit en a lui l'œuvre de Dieu? » Mais Superville, au lieu de s'attacher à l'idée exprimée par tes mots beaucoup de discours, se renferme dans celle qu'indique le titre du sermon. C'est un beau sujet, mais pour lequel il
(1) Tome Vêefi» 4afi*4M.
DAKIEL DE SUPE&VUXE.
aurait dû choisir un antre texte de l'Écriture. Quoi
qu'il en soit, voici comment il le traite.
ËKorde : Curio»ké de l'homme à l'égard des phénomènes de la ualare. 11 y en a un plus granti que touâ les autres ; la eoiTuptiou de la aataire humaÎM.
Division : I. L'homme n'est plus ce qu'U était. II. Ce changement doit être imputé à l'homme et
non à Dieu.
I. L'homme est bieu changé. « Venez, hiuuains, <c déplorer votre misère et la regarder dans sa source, a Venez voir Adam. Ce n'est plus cet homme sain «c dans toutes ses facultés, qui jooit de toutes ses or forces. C'est un lépreux souillé dipvds la plmUe éa a pieds jusqu au sommet de la tète, avec le voile de la ce honte sur la face et les habits déchirés. C'est un « homme dénué de toute justice, infecté d'une maladie (c qui a gagné partout et qui ne laisse rien d'entier en <K lui. Il peut s'appliquer ce que Job disait dans un « autre sens, au dix-neuvième chapitre de son livre, «c et dire du péché : Il a fermé mon Aemin^ tellemmu <c que je ne saurais passer, et il a mis les ténèbres sur « mes seatiers. Il m* a dépouillé de ma gloire ; il a ùté la <K eaurome de mon chef; il m'a détruiê de tOfUes parts^ a et je m en vais. Adam et sa postérité se sont égarés a et ont été ensemble rendus inutiles» Je ne m'étendrai « pas à vous prouver une chose que l'Écriture et « Texpérience mettent assez hors de doute. Faisons « plutôt quelques remarques sur ce changement
(1) tome l", pagtô 436-437.
PAKJBL DK SUPERVILLK. 507
I. fis ont cherché beaucoup de discours ou de pensées : ils n*en devaient avoir qu'une.
Ce sont aussi (car on peat ainsi traduire) de grandes, d'ambitieuses pensées.
3. <c Mais» direz«vous, puisque c'est le démon qui séduisit nos premiers parents ^ pourquoi Salomon « nous dit-il qxïils ont cherché beaucoup de discours? a Ils ne cherchaient pas à se perdre^ ils étaient dans « leur simplicité et la pureté de leur cœur, lorsque le « serpent les tenta. Mes frères, les paroles clii Sage « ne doivent pas être poussées au delà de son but. Il a oppose ici, non pas l'homme à Satan, mais Thomme « à Dieu; il nous veut faire entendre que l liumnie est « tombé par sa faute ; que Dieu, qui était Tauteur de « son innocence, n*est point l'auteur de son péché ; a que sa chute a été volontaire. 11 est vrai qu'il y a « cette différence entre la chute de l'homme et celle « de range apostat, que dans celle de Fange il n'y a « point eu de tentateur au dehors. 11 n'y avait encore « aucun être méchant pour séduire les autres. C'est € l'ange rebelle et orgueilleux qui a cherché de luî- « môme et en lui-même beaucoup de mauvais raison- <c nements, des pensées d'orgueil et d'ambition. Nous « ne voyons rien dans l'Écriture ni dans la droite « raison, qui nous puisse faire croire qu'aucune tea- « tation de dehors ait sollicité les anges au mal. Si « l'un d'eux a entraîné les autres, celui-là s'est perdu « de lui-même. Artisan unique de sa ruine, il n'a lieu « de s'en prendre qu'à soi. Au lieu que rhonmne est ^ « plus digne de pitié et d'excuse en ce qu'il a été
508 DAHIBL DE &UPBRVILU.
« attaqué par un ennemi, trompé par un adversaire « ÛQ et rusé. Gepeadauty bien qu'il ne soit pas tombé « sans être poussé, il «si certain pourtant qu't7 a a cherché beaucoup de discours et qu'il est coupable de ce sa propre perte, en ce qu'il a aisément consenti à <c la séduction et qu'il a fourni de son propre fonds a une partie des raisons qui Font malheureusement « séduit. Satan lui a tendu l'appât et l'hameçon , « mais il l'a avidement avalé. Il a prête aisément a l'oreille, et son cœur ne s'est presque point déa fendu. Où est son combat et sa résistance? Eve se a défend un moment, et puis elle rend les armes. « Adam succombe aux paroles et à l'exemple de sa « femme. La première reçoit et embrasse les pro- « messes du démon. Le second en ^ait de même, <K lorsque ces promesses lui sont répétées par une ce bouche chérie. Ils boivent tous deux le poison, « comme le poisson boit Teau. Après tout, Satan ne « les force point, il ne les nécessite point par aucune « conlramte. il ne fait que leur présenter des raisons ce apparentes; et si leur cœur entre dans ces fausses a raisons, s'il leur en suggcif (lui appuient la tena tation, n'est-il pas vrai de dire qu'ils onl cherché « beaucoup de peméesj c*es^à-dire qu*ils ont volona tairement consenti à des pensées fausses et dange- <c reuses (1)? »
4. Gomment l'homme pur et droit a-t-il pu tomber? « Cest ici où nous pouvons dire que l'homme, « après s'être perdu en cherchant beaucoup de dis-
(0 Tome 1«% page» 439-4ii.
i^iym^od by GoOgI
DANIEL DR SUPERVILLB. 509
« cours, comble la mesure de l'égarement en invena tant des objecliuub sur sa propre chute^ comme s'il « la voulait rendre douteuse ou s*en disculper à force « de la rendre difficile à comprendre. L'homme fait ce ici à peu près comme ces animaux qui tâchent de « cacher leur gtte par mille traces confuses qu'ils font « sur les mêmes voies, coupant tellement les sentiers a de leurs pas, qu'on a bien de la peine à suivre « leurs vestiges et à découvrir leur piste. Les diffi- « cullés que l'on fait sur la chute de riioniaïc sont « des efforts de notre esprit gâté et de notre cœur « corrompu, qui voudrait bien se cacher à lui-même « son nuilheur, en laire oiildicr la bunrce, ou la reje- « ter tout entière sur la lataliicy la nécessité, la tenue tation, c'estrà-dire, en un mot, sur Dieu et sur le « démon. Mais jious avons beau faire, nous ne sau- « rions nous dérober au juste reproche de nous être « perdus par notre propre faute...
« Mais est-ce que nous n'avons rien à dire de rai- « sonnable sur cette question, comment l'homme créé « droit a pu tomber dans le péché? Voici, ce me a semble, de quoi satisfaire les esprits sages.
€ Premièrement, bien que l'homme fût droit et « juste, il Tétait d'une manière muable, capable de e changement; il n'était point encore confirmé dans a le bien par beaucoup d'actes réitérés et par une cr longue habitude. Il était bien disposé moralement, « il était déterminé vers le i>ieu; mais cette disposi- « tiou et cette détermination pouvaient être changées, « détournées par le moyen d'une forte tentation ,
1U0 mkul m summu.
« jointe à quelque négligence de la part de l'homme, « sttiTie d*ttn fàm jugement et d'un eonsentemeiit « précipité. L'homme, en qualité de créature, tenait « toujours quelque chose du néant dont il avait été « tiré. La créature a toujours nécesseîreineiit en soi « un mélange d'imperfection et un reste de Ikiblesse. .« Je ne puis donc trouver étrange que l'hamme, en « qualité de créature finie et bornée, ait été capable « d'altération et de changement. C'était là un accom- (c pagnement et une suite de sa condition. Une créaa ture limitée n'est pas capable naturellement de voir « et de considérer toutes choses à la fois. Sile n'a « qu'une certaine étendue, en appliquant même toutes <c ses forces, et par conséquent il était fort possible «c que rhomme tombât dans quelque ioacttOD, quelque « diversion d'esprit, quelque distraction dans ses pence sées y quelques doutes sur les objets proposés , a quel(}ue inattention. Si Thomme avait des forces, tl a pouvait ne les employer pas toujours également a avec la même application et la même contention, et « par là il pouvait tomber dans quelque négligence et « dans ce que l'école appelle inœgitance^ c'estrà-dire a dans un état où l'on ne pense pas à certaines choses. « Cela ne l'eût pas lait succomber, pourvu qu'il en et fût demeuré simplement là, et qu'il se iât réveillé « et excité lui-même conunae il le pouvait et qu'il se ce tut ensuite toiyours déterminé pour le bon parti. « Mais une tentation survenant et causant à TArae une « surprise et une diversion très forte, n'était-il pas « tout à fait eonfome à la situation d'une oréatuie
<c bornée ai meable qu'elle p6t tomber? Et la chose « étant si possjiblc , est-il étrange et incoDcevable u qu'elle soit actuellement arrivée (1)? »
A ccfte première considt^ratioii, il faut en joindre une autre, c'est que Dieu avait mis l'homme en Édeu comme dans un lî^ d'épreuve; et pour que Tépreuve eût lieu, il fallait que riiomme fût abandonné à luimême.
H. La chute de rhonnne a été volontaire et ne peut
être imputée à Dieu.
I . L'bommey quand il £ait le mal, a le sentiment de n*étre point forcé.
2. Il est absurde et blasphématoire d imputer le ml qui est <lans le monde à un principe étemeL
DiscHSsian du manichéisme. II est contradictoire en soi. Il n'explique pas les faits. (On ne peut suppeser entre les deux principes une transaction volontaire ni involontaire.) Il est inutile pour les expliquer. L'Écriture les explique mieux.
La conclusion de tout ceci, c'est que k péché de rhomme ne peut être imputé à Dieu : vérité évidente, ^quoiqu'elle laisse subsister à côté d'elle des obscurités.
Objections : 1. Mais la défense fut l'occasion du péché* — Le l^slateur est-il la cause du crime, parce qu'il le défend? Le maître est-il la cause de l'infidélité de son serviteur, parce qu'il lui donne un coDunandemeni pour l'éprouver?