‹ Histoire de la prédicationChapitre 38 sur 55 · II. Celui qui fait la rolonlé de Dieu demeure étêmei · texte numérisé non relu

II. Celui qui fait la rolonlé de Dieu demeure étêmei

felfMfit.

Explications : Celui ([ui la fait, non celui qui la confiait; — celui qui fait la volonié de ZHeu, non celle (lu monde; — celui ([ni la fait par amour.

A la mutabilité du monde, 1 Écriture oppose Tim» mutabilité de Dieu, — de sa parole, — du siècle à venir, — du fidèle. Il s agit ici de la dernière.

« Biais comment peut-on dire que le fidèle de* « meure éternellement? Quoi! n'est-il pas, comme « les autres choses du monde, assujetti à la vicis- «c situde du temps, à la mort? Avec tous les autres « êtres naturels, il passe par dillérents états et par ce les changements successifs d'accroissement et de « diminution. Il a sa naissance, ses âges, son pé- « riode, sa décadence. Son esprit n*est pas toujours « dans le même état, non plus que son corps. Il ce cliaiii^e souvent de pensées, de désirs et de situait tion. Enfin, -avec tous les autres hommes, il s'é-

(t) Tome il, pages 28-29.

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a coule, il s'en va, et après avoir fait quelques tours a 8ur le théâtre du monde» il disparaît et n'y laisse « {dus que son nom (i). 9

i. « Ce n*est pas la vie corporelle de Thorame ré- « généré 9 ni son état extérieur, ses liaisons et ses te relations iei-bas, qui demeurent. Non, cela est a sujet aux mêmes changements que les autres « dioses de ce présent siècle. Mais c'est Ja vie inté- « rieure et spirituelle du chrétien, ce sont ses relaa tions avec Dieu, qui subsistent et durent toujours; « c'est le fidèle en tant que fidèle qui demeure. Il

demeure; c'est-à-dire, premièrement, qu'il est a ferme au milieu de rinçons tance du monde, de ses «.agitations et de ses révolutions. S'il reçoit des sea cousses, il n'est pas entièrement terrassé; s'il est « abattu, il n'est point perdu; s'il tombe, il se rece lève, et en se tenant à Dieu, il se soutient, il ré* « siste à toutes sortes d'attaques, il demeure victo- «c rienx. C'est ce que disait le prophète : Ceux qui $e oc confient m VÊtemel Mront camme la moniagm de « Sion , laquelle nest point ébranlée , mais qui subsiste « à toujinm. Et ailleurs : Pas tin de ceux qui s'oHen- «c déni à V Étemel ne lera confus. L^espérance du fidèle a est une ancre sûre et ferme, qui pénètre jusqu'au ' « dedans du voile et qui l'affermit au milieu des plus « rudes tempêtes. Sa foi est mie subsistance des s choses qu'il espère et une ferme attente de celles a qu'il ne voit pas encore^ et cette foi est la victoire te du monde. 11 a la lune laous ses pieds, aussi bien

(1) TooM n, paserM-SS»

DANIEL DE SUPEHVILLE.

«t que rÉglise au douzième de TApocalypse. Élevé c( au-dessus du monde par son espérance, il en voit Qt passer au-dessous de soi les orages, les révola- «c tiens; il en foule les biens à ses pieds, il en méct prise la vanité, assuré que ni mort, ni vie, ni angeêy « m prineipauiéSy ni puiuanees, ni hauU$$e, ni profat^ « deur, ni aucune créature^ ne le pourra séparer de la « dilectian de Dieu en JésM-Christ, Voilà sa fermeté) «c voilà comment il demeure (1). »

2. a Celui qui fait la volonté de Dieu demeure, « c'es^-à-dire qu'il persévère dans la grâce, sans en « déchoir jamais tout à fait... Ces paroles sont une a preuve pour la persévérance des saints (2). »

3. Il jouit infailliblement après cette vie de la gloire permanente de rélemité. « Le mot demmrer a marque une habilalion iixe et un état de repos. Nou$ « n'avons point ici de cité permanentê; nous n'avons « rien qui ne nous quitte ou que nous ne devions « quitter; nous roulons dans ce monde comme des

voyageurs; notre corps même n'est qu'un tabema* « de portatif, une tente où notre ame séjourne pour « quelque temps dans le désert, contrainte à la ûn « d'en sortir par cet arrêt irrévocable qui ordonne à « tous les hoiumes de mourir une fois. Mais le fidèle ce trouve là-haut une cité qui a fondement, une nou* « velle Jérusalem, qui « douze bases^ douze pierres « sur lesquelles ses murailles sont fondées. Il trouve « un royaume qui ne peut être ébranlé, un palais oc d'immortelle strvuîture. temps n'en ébranlera

(1) Tome U, s«. (3) Tome U, paie st.

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« point les fondements; le feu, les mines, le cancm a B'en détruiront point les murailles; les séditions, a les guerres civiles ou étrangères ne troubleront ce point, ne bouleverseront point ce royaume; la £atoc mine, la peste, la persécution, Tépée, les arrêts in- (c justes n'obligeront point les habitants à changer de « demeure. On n'entendra phu papier de violence en « notre pays, ni de dégât , ni de froissure m non coU" c iréei, JSotu appellerons nos murailles sauveU, el nos c portes louange. Nous habiterons dans un nouveau a monde, qui ne sera plus corruptible comme celui- « ci. lue péché, qui a a3sujetti toutes les créatures « sublunaires à la vanité, en sera banni pour ja- « mais. Nous y serons, non en quaUté de serviteurs, « comme le premier homme dans le paradis terresa tre, mais en quaUté d'héritiers qui demeurent à <c toujours (1). »

Objection : Où est la preuve de cette durée du juste, qui commence ici-bas par la pureté et s'accomplit lâchant dans la gloire?

« Je ne chercherai point ici, répond l'oratein% les «c preuves que la raison, le consentement des peuples <c et les idées communes à tous les hommes nous four* a nissent sur l'immortalité de Tâme, sur la subsisa tance après la' mort, sur le jugement à venir et sur « un ctaL de repos et de béatitude qui doit être la « récompense de la vertu dans un autre siècle. Je <K ne vous dirai pas simplement que, puisque le a monde passe, il laut nécessairement qu il y ait un

(1) Tomo Ut pagM 40^41.

daiobl'db somviUB.

« autre lieu, un autre temps, un autre bonheur pour <c l'homme de bien que celui de cette irie ; que, puisr « que ce monde passager n'est point proportionné « avec la durée d'une àme uumorteiiey et à consia dérer la nature même des choses, il est imposr « sible qu'il n'y ait rien de meilleur à attendre pour «t la Terta que cet état de vicissitude et d'inconstance a où nous roulons toujours pendant notre séjour idc( bas. J'insisterai seulement sur Timmutabiiité de fit Dieu, sur la fermeté de ses promesses, sur la cer- « titude de sa parole, et sur la communion que nous « ayons avec lui et avec Jésus^hrist son Fils, par ce notre foi et notre obéissance, par l'union intime et a l'opération efficace de son Saint-Esprit habitant en « nous (1). »

La preuve est donc :

1 . Que le Mêle est uni à un Dieu immuable ; Que la parole de Dieu, qui est une semence incorruptible et qui demeure éternellement, demeure dans le fidèle;

3. Que l'Esprit de Dieu, la scellant.au dedans de nous, est l'arrhe de notre héritage.

Conclusion. l,e monde passe : détachons-nous du monde. Dieu nous a donné les espérances de l'éternité ; toumons^ous du côté de l'éternité.

La seconde partie de ce sermon est moins bonne que la première.. On peut y remarquer, entre autres, combien Superviile est inférieur à Du Bosc sous le rapport de la clarté. Les idées de Superville ne sont

(1) Tome U, page 4$.

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pas toujours nettement distinguées; elles sont parfois coDfusôs à leurs luaites. Ce a'est pas sans peine, par exemple, qu^on saisit les preuves qij*il donne de r immutabilité du chrétien. Celte démonstration est d'ailleurs trop didactique; la logique y tient trop la place de la psychologie. Or la logique ne fait pas voir les choses; son rôle est de les réunir, comme un écrin réunit des objets précieux; mais chez Su* porville, comme en général chez tous les prédicateurs que nous avons étudiés, récrin cache trop son contenu.

Pour bien fonder la seconde partie, il était nécessaire de bien expliquer ce que c'est que celui qui lait la volonté de Dieu et ce que c'est que demeurer éternellement. L'immortalité n'appartint essratiellement qu'à Dieu et à la vérité. Tout le reste est ou mortel, ou immortel par pure concession. — Le méchant dure éternellement comme le juste; mais sa durée est une mort perpétuelle : il renaît incessam-. ment pour mourir, il ne demeure pas. Demeurer! remarquez l'énergie de cette expression; elle implique vie et félicité; celui qui demeure a bâti sur le roc; son ouvrage subsistera; il aura fait une œuvre éternelle; cependant c'est de lui qu'il est dit : Il demmrey parce qu'en effet nous nous sentons atteints nous-mêmes par l'instabilité de nos œuvres. Il s'agit d'en faire que le torrent ne puisse pas emporter ; or comment aucun torrent peut-il emporter Dieu et la vérité? Eu tant que riiomnie fait la volonté de Dieu, c'est-à-dire qu'il a conformé sa volonté à celle de

Dieu , et sa pensée à la vérité, il ne peut pas être

emporté. Sa fidélité pourrait - elle être emportée? Grande question. Mais nous sommes autorisés à y répondre en général négativement. La récompense de celui qui fait la volonté de Dieu, c ost d aimer toujours plus cette volonté. Dieu est fidèle. Celui vers qui montèrent les aumônes de Corneille, recueille aussi, et à plus forte raison, les œuvres du tidèie.

Nous arrivons maintenant aux discours de théologie proprement dite, et nous commencerons par celui intitulé : La naisgance et Us grandeurs du FUs de Dieu^ sur ce texte : V Enfant tious est «é, le Fils nous a été donné, et ten^ire a été posé sur son épaule; et on appellera son nom VAdmirdbUy le Conseiller, le Dieu fort et puissant, le Père d' éternité , le Prince de la paix, (Ésaïe, iX, ô.)

Exorde : Louanges prématurées, décernées par la flatterie aux enfants des rois. On peut à meilleur droit louer l'enfant Jésus, dont le passé, le présent, l'avenir sont merveilleux.

Division. I. La naissance du Sauveur. L Enfant fum est né, etc.

11. L'empire qu'il reçoit. L empire a été posé sur son épaule,

IIL Les titres par lesquels il doit être connu. On

appellera son nom, etc.

L Cet enfant est Jésus-Christ. « C'est une chose « reconnue de tous les chrétiens, avouée même des

a anciens Juifs, comme il parait entre autres par la

DANIEL DE SUP£tiVlLLB. 527

« paraphrase chaldaïque, (|ni nomme ici expressé- « ment le Messie (i), » — liélutation de ceux qui yeulent que ce soit Ézéchias.

Cette venue est bien digne d'être célébrée. « C'est « le plus grand de tous les miracles, la source de <c notre bonheur et le plus grand effort de la sagesse, « de la puissance et de ramour de Dieu pour les « hommes. Ésaïe la considère dans cette vue; car « tout ce qu'il dit sent Tadmiration et la joie. Il ne « voit rien de commun dans cet enfant dont il pu- « blie la naissance, il y honore le don de Dieu et il « le regarde comme une source de félicité pour les a hommes, un bien public pour son peuple. L'Enfant a nous est né, le FiU nous a élé donné* Que de choses « là dedans, pour peu que nous prêtions à la pro- « phélie les lumières de l'Évangile (2). »

1. C'est TËnfant, le Fils, par rapport aux promesses — et en lui-même.

2, Il nous est né, il nous a été donné.

a. Il faut qu*il soit né^ c'est-à-dire qu'il soit homme, pour nous sauver.

Objection : Ne pouvait-il pas être homme sans itaf* tre comme nous?

a C'est ainsi que l'orgueil et une fausse raison s'a- « musent à disputer contre les humiliations de ce a Fils que Dieu nous envoie, au lieu de donner tout « à l'admiration et de n'être touchés^ que de son « amour. Mais quoi qu'en pensent les Juifs et les imce pies, jamais les souHrances et les abaissements

(0 ToDM n, paie 911. (3) Tome U, yègt 2iT.

5âB DANIU DE SLPERVILLE.

« d'un Homme-Dieu ne seront indignes de lui, quand

a il ne les souirre que parce qu'il nous aime, parce a qu'il les choisit, parce qu'il s'en veut servir pour c notre salut. Christ a voulu être homme, parce qu'il a a voulu mourir pour nous racheter et que, s'il « n'eût pris de nous une chair mortelle, il était par « lui-même immortel et impassible. Christ n'a pas a pris son humanité dans le ciel et ne s'est point £ait a un corps d'une substance céleste pour venir pa- « raître au monde d'une manière qui fît briller en sa a chair même quelque chose de plus qu'humain ^ a parce qu*il a vouhi être notre frère, $etMàbU à nous « en toutes choses , excepté le péché , et que pour nous a racheter selon la loi, il fallait qu'il fût notre proche « parent, par conséquent tiré du même sang que le a nôtre. Ses infirmités sont à notre consolation, parce « que, sachant qvLtl a été tenté comme nous, nous sait Yons qu*t< e$t puiseant pour secourir ceux qui soni tf tentés. S'il n'eût point eu une nature absolument <c semblable à la nôtre, nou8 n'oserions tirer de cou- « clusion de lui à nous, pour espérer Tiramortalité et la gloire à laquelle il a été élevé. Christ enhn a « voulu naître, malgré tout ce que la naissance pré- « sente de bassesse, parce que, coname disait Tertul- « Uen, Christ n'a pas laissé d'aimer l'homme^ tout formé n etné qu'il est au milieu de tant de dioses qui choquent, c /I a aimé l'homme tout entier, avec sa naissance et sa c eliair. Ët pour nous apprendre que son union avec ff notre humanité n*a pas été une union imaginaire a ou partagée, mais reeUe, parfaite et entière , il a

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« voulu passer successivement par divers âges, et a porter depuis la crèche jusqu'au Calvaire toutes les ce marques de la vérité de notre nature. Il a voulu « consacrer, s'il faut ainsi dire, tous les états de la <c vie en sa personne, et ne voulant être homme que et pour mourir, il était bien convenable qu'il cornet mençât aussi sa vie par les larmes, les gémisse- <K ments et les douleurs de l'enfance. Adam fut créé « homme fait : Jésus est né enfant. Adam fut placé a d'abord dans un Éden, comme daub uii magnifique tf logis, où il trouva tout ce qui était nécessaire et <K pour le besoin et pour le plaisir : Christ nait dans ce une hôtellerie, dans une maison étrangère, où il ce ne trouve pour préparatifs et pour logement qu'une « étable, du foin, une crèche. Mais plus Tabaissett ment est profond, plus Tamour qui le produit est «c admirable; plus il est descendu, plus sa charité « paraît élevée. Voyez conime le Père nous a aimés, « puisqu'il nous donne son Fils, et qu'il nous le or donne de telle manière qu'il semble qu'il Faban- « donne à tout. Voyez comme ce Fils nous aime, « puisqu'il n'a rien refusé pour nous. Tout ce qui <t nous paraît choquant dans les humiliations de sa « naissance, de sa vie et de sa mort , est un sa- « orifice qu'il a fait à son amour; c'est pour tous « qu'il est né, c'est à nous qu'il a été donné, dit « Ésaïe(l). »

6. Ésaïe parle de cette naissance comme d'un fait déjà accompli. « Ce que notre foi fait pour regarder

ai

530 MHffL i»B sinniinLU.

« le passe et se l'appliquer comme présent, celle des « anciens fidèles le faisait pour Tavenir, qa^elle antice cipait (i). »

e. Ce&i pour nous qu'il est né, il nous a été donné, «c Ah! il n'avait pas besoin de naître pour lui-intoe, « comme cliaque homme qui ne sort du néant, ou a qui du moins ne devient une portion de la société, a un être vivant séparé des aulres et jouissant d'une a subsistance propre, que lorsqu'il sort des flancs de « sa mère; Mais Christ n'avait qu'à se reposer éter- « nellement dans le soin de son Père. II y vivait «c dans la gloire et dans la félicité. Ce n'est donc pas a pciur lui, mais pour nous, pour notre profit et non « pour le sien, qu'il est venu naître sur la terre. « Voilà le privilège des hommes de pouvoir dire : <c II nous est né, il nous a été donné. Quand l'ange an- « nonça sa naissance aux bergers, il ne parla pas «f ainsi; il leur dit : Je vous annonce une grande joie, <c cest qu aujourd'hui vous est né U Sauveur, Bienheu- « renses intelligences qui avez gardé votre origine, « vous n'aviez pas besoin d'un réparateur; c'était « nous à qui le médecin était nécessaire. Exempts « des maux qui nous affligent, vous n'avez pas aussi «c le môme remède. Nous avons le même Maître, sans <c avoir le même Sauveur. Cest à nous que le Père « le donne. Quel présent! quel excès de bonheur « après notre chute ! Un abîme de misère appelle un tf abhne de miséricorde. Dieu a (ani ûimé h monde « qu il a donné son Fils unique (2). »

(0 Tome 11^ page 926. (2) Tonie II, pa«e» »6-m.

BuUnEL DE SUPERTILLB. 531

d. Pourquoi esfril ué? dans quel but? Considérez la seconde partie du texte.

II. Uuel intervalle de la naissance a i empire l £saïe le francbit.

i . Ce qu'il faut entendre par cet empire : ce n'est pas le pouvoir dont il a joui de tout temps en tant qu'il est Dieu avec Dieu son père; c'est l'autorité et le règne qu'il pobi>ède en quaiitc de médiateur. « Si c la terre ne le reconnaît pas encore, le ciel le re- « connaît déjà. Dieu lui a promis l'empire, et cet ema pire est si assuré qu'on peut dire qu'il est né dans « la pourpre et déjà revêtu du manteau royal (i). » En effet, ces mots V empire a été posé sur son épaule sont peut-être une allusion à Tantique coutume d'envelopper de pourpre dès leur naissance les héritiers des rois.

â. Ces paroles n'expriment pas seulement la destination du (Christ à la royauté, mais son installation même. Peut-être sont-elles a expressément employées « pour marquer le poids et la grandeur de la charge a du Seigneur Jésus et la force divine avec laquelle « il la soutient. Il ne gouverne pas simplement soo « empire, il le porte; car c'est lui porte toutes € choses par sa parole puissante. Il y a longtemps qu'on <c a dit que les couronnes étaient bien pesantes et « qu'on a vu d'illustres malheureux gémir sous leur « pesanteur et se plaindre que leur grandeur était « un joug auquel ils étaient attachés et qui les accac< blait... Mais voici une épaule divine qui ne pliera

(0 Tome II, paee 289.

532 OANIEL DE SIIPBRVILLK.

«f point sous le faix. C'est pourtant celui du globe a tout entier, de cette vaste machine, qui reuierine a rÉglise et le inonde. Jésus-Christ, sans aide et sans

« partage, sans s'en décharger sur anlmi, soutiendra a lui seul tout ce poids : rempire a èié mis sur son c épatile»

« Vous savez que cela arriva lorsqu'ayant vaincu a tous ses ennemis et les nôtres, il fut élevé à la <( droite du Père et qWil reçut un nom fntr-dessus tout « fiotii, afin qu'au nom de Jésus tout genou se ploies « Auparavant il était roi de destination et de droit, « ayant été consacré dès sa naissance par ]*onction « du Saint-Esprit qu'il reçut sans mesure. Mais il ne a fut pleinement installé et reconnu qu'après son asc cension (1). »

3. Cet empire qu'il a reçu est un empire juste et légitime, — glorieux, — s'étendant sur les cœurs, — bienfaisant, — universel.

III. — i . On le nommera, c'est-à-dire il« méritera tous ces noms, il sera tout ce que ces noms expriment. Opposition avec les princes, qui ont souvent les noms sans les qualités.

Il faut conclure de tous ces noms la divinité de

Jcsus.

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