‹ Histoire de la prédicationChapitre 47 sur 55 · Un grand bien · texte numérisé non relu

Un grand bien

IL Un grand crime.

IIL Une grande peine.

Ces divisions frappaules, que Bourdaloue atiectionnait, sont bonnes en ce qu'elles se gravent fociloiiK ni dans la mémoire. Tuutefuis rien ici n'était si frappant que le texte lui-même. « Nous sommes per- « dus; — un grand salut nous est offert; — corn* « ment échapperons-nous si nous le négligeons? » — Voilà les idées qu'il nous présente. C'est un défaut que de ne pas reproduire le mouvement du texte. Quand il coule, lu sermon doit couler aussi. Superville n'y prend pas assez garde dans ce sermon; l'élément statique et atomistique y domine, au détriment de l'élément dynamique.

L Un grand bien. — Ce grand bien, c'est le salut. Ce que c est que le salut. Ne le demandez pas à l'bomme innocent, ne le demandez pas à la loi, mais à l'Évangile. « C*e8t l'Évangile qui nous dit que le « salut est le rétablissement de T homme tomité, dans a un état de sainteté, de justice et de gloire infini- « ment plus parfait, phis élevé et plus immuable que <c n'était le premier état d'innocence. C'est lui qui «c nous dit que le salut renferme la délivrance de c( tous les maux et la jouissance de tous les vrais € biens; que le salut consiste dès ici-bas dans la ré- « mission de nos péchés, la justification^ l'adoption,

5tM) DÂlfIBL DE SUPERViLLE.

a la sanctification, le droit à la vie éternelle, et qu'il « renferme le bonheur de nos âmes après la mort, la € résurrection de nos corps au dernier jour et la par- « faite glorification de nos corps cl de nos âmes dans « l'éternité. Cest l'Évangile qui nous dit que le salut « est le chef-d'œuvre de Dieu, ce qu'il a résolu dea vant tous les siècles, ce qu'jl a voulu exécuter [m « l'envoi de son Fils au monde, ce que Jésus-Christ « nous a mérité par son sang et par ses doulou- « reuses souffrances, ce qu'il nous prépare par sa cr présence et son intercession dans le ciel, ce que le « Saint-Esprit veut commencer en nous par sa grâce, (X ce que rÉvangile nous offre sous les conditions du « monde les plus justes; enfin ce que Dieu et Jésus^ <f Christ son Fils, juge du monde, nous donueioiit in- <K failliblement un jour, si nous embrassons avec joie « et avec ardeur la promesse qui nous en est faite a ici-bas, et si nous exécutons fidèlement et avec (( persévérance les conditions qui nous sont impo- « sées. Voilà ce que c'est en abrégé que le salut « dont nous parle saint Paul, et dont il nous parle <r ici en tant qu'il nous est présenté par l'Évangile, a qui est appelé à cause de cela la parole du salut, «( la puisMnce de Dieu m $dkU à tout croyantf la grâce cr salutaire à tùu$ les hommes, la parole gui peut sawDer « nos âmes (i).

Le but de l'Apôtre dans toute cette épitre est de relever le salut. Ici il le proclame grand. Il est grand dans son projet, — dans son exécution, — dans la

(t> Tome l^, paiM aas-MO. «

DANIEL DE SUPERVILLE. 5bl

grandeur des maux dont il nous délivre (il coiupiire cette délivrance à toutes les autres)^ — dans la grandeur des biens qu'il renferme.

Transition : Sans doute ijuV lanl si grand» il excitera le zèle des hommes? Non. Or c'est un grand crime.

II. Lin grand crime. — La négligence du salut est une chose étonnante — et générale.

1. C'est une chose étonnanle, car ce que nous méprisons n'est ni petit, — ni incertain» — ni étranger à nous. Rien» au contraire, n'est plus grand, plus certain, rien ne nous touche de plus près; et pour quels biens négligeons-nous ce salut? « Pour une « fumée d'honneur, pour une poignée d'or et d'ar- « gent» pour quelque plaisir des sens» pour satis- « faire quelque boutade de nos tempéraments» quelce que caprice de notre imagination (1). »

2. C'est une chose générale. Yoyons-la» pour en juger, sous ses différentes formes» afin d'envelopper peu a peu tous ceux qui eu sont coupai «les.

Première forme : mépris exprès» réjection formelle, — péché des Juifs» des chrétiens hypocrites» des apostats.

Seconde forme : négligence. On iriole les conditions auxquelles le salut est offert, on néglige les moyens de l'acquérir» on laisse écouler le temps.

m. Une granàe peine. — Trois choses à remarquer.

i . L'Évangile n'est pas sans menaces.

(t) Tome 1'% page 309.

5^ DANIEL DE SCPERTILLE.

2. Les peines attachées au inépris de l'Évangile so&t plus graBdes que celles qui étaient attachées à la violation de la loi.

3. Elles sont inévitables après le mépris du salut. On peut échapper à la justice humaine^ non à celle de Dieu; on peut même échapper à celle de Dieu dans ce monde, mais non dans l'autre. L atmonce d'un jugement solennel enlève toute illusion. Mé* priser Jésus-Christ, c'est justement mépriser notre seul refuge contre la colère déjà méritée. Pour croire échapper en négligeant le salut, il faut donner des démentis à Dieu.

Conclusion, a Que nous sommes heureux de n*étre « pas encore an temps de la justice et de vivre sous « le bénéiice de la grâce... Nous échappercms en « nous jetant entre les bras de Jésus-Christ crucifié, « CD rcinbrassant par la repentance et par la loi, et a en obéissant désormais fidèlement aux justes lois <c et aux conditions équitables qu'il nous impose (( pour nous rendre parlicipanls de son grand sa- « lut (i). »

Le sermon sur les Devoirs du ministère a été prononcé en 1710 pour la confirmation d'un pas* teur.

Texte : Prenez garde à vous-mêmes el à tout le tnmpem dans kquêl U Saint-Esprit tous a élahliê éviques^

pour paître l'Église de Dieu, liUjuelle il a acquise par son propre sang, (Actes XX, 28.)

(ii Tome l'% pages 326-327.

DAK1£L DE SUFfiRVlLLS. 583

Division : I. La dignité de notre ministère.

TI. Ce que saint Paul nous ordonne pour nousmêmes.

IH. Ce qu'il dous recommande par rapport à

l'Église.

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