‹ Histoire de la prédicationChapitre 55 sur 55 · III. Dernier sujet de crainte : la perte des biens · texte numérisé non relu

III. Dernier sujet de crainte : la perte des biens

Christ nous a conquis, par sa mort, un bonheur immense.

Manière dont, à l'ordinaire, nous nous représentons le bonheur céleste : par rapport à Tesprit, au corps, à la nature, à la société, à l'Église, à l'éternité.

Aujourd'hui nous vous présentons ce bonheur sous un autre aspect. Il est le prix de la mort de Jésus-Christ.

Cette mort, objet de tant de types, entourée de tant de douleurs, accompagnée de tant de signes éclatants, cette mort où la victime est si grande, est un trop grand moyen pour ne pas correspondre à une grande fin. Celui qui n'a point épargné son Fils, mais gui Va livré pour nous tous à la mort, ne nous domsrart'il pas foutes choses avec lui? (Romains, Vm, 32.)

714 lACQCBS Mjm*

Vous foi àemM ditrra de), regretlefeMM»le»dmê» éi

monde? Que sont-ellcs pour que vous les rftf^retticzt

La mort n'a plus rien de redoutable pour le chrétien.

Application. D'où vient donc que parmi les cktéàemf û €B cifc liât qiû cnri^peM k Mocit €'cii qoe peo i^a^ réeUement la mort de Christ.

Rappelez à votre mémoire le» tteis mamères dont Jésus- Christ a désarme la mort : en nous prouvant l immortalité de DOS âme», en faisant 1 expiatioa de nos câmtê, en nous acquérant une félicité étemelle.

MMpOHf pioftterdela Mit de Jésos^auristy éliidta les imive» qu'elfe voob doraie dé Fimmottailé dt Vêaut, — appropriez-vous son sacrifice^ entretenez la pensée de ternité qu'il vous a acquise.

Conclusion : si nous vouions mourir en ebrétiens, il nous foui vme en ehrélieiis»

Siy après cela, il survient encore quelque faiblcMc à k pm* aée de k mort^ c'est Ueii un mlkear qui B0it9 empèekft de sentir toutes les douceurs d'une bonne mort, mais ce n'est pas un obstacle qui nous empêche de bien mourir. Fortliion&-nous. L'Esprit de Dieu est là. Prions. Le Dieu fori se laisse vaineie, quand on k combal pur des kims ei pur des pnèvsSr

▲ Parte, le tiiHki

Monncor,

Comme j*aî touloiirs appris avec beanocrap de douleur la c<Hiti*

nuatioji ile votre maladie, j*ai appris avec oeaucoup de joie que vous commenciez à vous mieux porter ; j'en rends grâces à Dieu de tout mou cœur, et je le prie d un zele,très ardent qu U vous renvoie une santé parfaite, qu'il vous remette en votre premier état, et voua conserve un bon nombre d'années pour la joie, la consolation et l'édification de l'flglise à qui vous êtes si cher et si utile tout ensemble. Vous eûtes la bonté île me permettre un peu avant mon départ de vous entretenir quelquefois; juj>ques ici }e n*ai pas osé me servir de cette liberté, de peur de vous être unportun dans votre maladie; mais puisque vous commencez à vous mieux porter, je commencerai à m'en servir avec beaucoup de respect.

Vous me ti'moignâtcs que VOUS seriez bien aise d'apprendre

de fois & d^ntres ce qui se passerait ici; permettes-moi donc de

T0I1S entretenir un moment de ce qm est venu à ma connaissànce. M. Claude a été rrvii, malgré tous rrvtx qui s'y sont oppos/'s. Son mérite a triompJie de toutes les brigues, et il y a huit jours qu'il a fait sa première semaine, après celle de M. Morus, à qui H S cédé de bon ^gté la préséance* encore q|Q*il fCkt reçu ministre devant lui, parce que M. Morus a été professeur, avant que lui fût minisfrp Cf^ M. Claude est snlid^^ment savant; vous avez sans doute vu son livre; ses prêches y répondent très bien; il a une très belle méthode, claire et pleine de jugement. On espère beaucoup de lui; c'est un bomme de grand ^travail, fort zâé pour la glou-e de Dieu et pour Tédification de l'Église. Il y a de jours que je fus le iëliater de sa réo^lioni il eut la bœté de m as-

Barer qu'aussitôt qu'il serait établi, qu'il Cirait aux proposants la même grâce que M. Gâches, c'est-à-dire qu'il nous donnera un

jour chaque semaine pour nous instruire en nous écoutant pmposcr (1), ce qui me réjouit fort, et d'ici vous voulez bien que je prenne occasion de vous dire un mot de mes études.

Je vous ai souvent témoigné à Metz ()ue j'avais beaucoup d*inclinatiôn pour la langue grecque, et que j'y donnais tous les jours quelques heures, et souvent vous m'avez encouragé dans l'étude de cette langue. J'ai trouvé ici le moyen fl'acrroître la petite connaissance que j'en ai ; c'est-à-dire que j'ai trouvé un jirofesseur qui sait tout ce que cette langue a de beau et qui m'a promis de ne m'en rien céler. Déplus, j'ai trouvé le moyen de bien apprendre la langue hébraïque sous un professeur royal, de sorte que j'ai résolu (le donner cncorcî dcnix ou trois mois à ces deux ]lhi2:uos avant que de me mettre entièrement à la théologie. Ce n'est ]ias que je ne lise tous les jours la Bible, et. que je ne fasse des remarques comme vous avez eu la bonté dé me conseiller, que je ne reliœ de fois à autre mon Buchan ; mais tant y a que je fais mes principales occupations de ces deux lani^ues. Je vois assez souvent MM. nos pasteurs, qui, à votre reconmiandation, ont beaucoup de bonté pour moi. Ils témoignent avoir beaucoup de déplaisir de votre maladie, surtout M. Morus, qui vous baise les mains. H attend l'orrasion de vous ce rire Je vous parlerais particulièrement de iui si je ne craignais vous importuner par une trop longue lettre. Je le ferai quand j'aurai appris que vous vous portez tout à fait bien. Je prie Dieu de tout mon cœur que ce soit bientôt; cependant je demouro, avec tout le respect qu'il m'est possible,

Monsieur,

Votre très humble, très obéissant et très obligé serviteur.

G. GONDREVILLE

À Paris, le 9* août i666.

Monsieur,

La seulo vup (]r vntro lottre me réjouit extrêmement, parce qu'ellr- sf^nibltut m annoncer le recouvrement de votre santé, qui m'est laliiiiment chère. Elle m'a trompe en quelque façon, puis- ^que vous ne vous portez pas encore tout à foit bien. Je rends grâces à Dieu de ce qu'il vous a donné un peu de soulagement, et je le prie avec autant de zèle qu'il m'est possible qu'il continue à vous soulager et qu'enfin il vous remette bientôt dans un état si heureux que vous x^uissiez être encore un bon nombre d'années

(0 Gondrevillc écrivait, vers le même temps, à un ami : « M. Ctaude, noire N nouveau ministre, est un homme iucomptrable, et qui nous promet beturoup à « nous autres les proposants aussi bien qn*ft tont le peuple. • P«>ut<-étre ces ennfé*

renccs avnc les prnpo<?anls ont f li.-s èlr l'occa^inn du Traite di' Ift compotiHêm d'un êermon, inséré dans Its ULuvres posthumes de Claude. {^Éditeurs.)

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la joie et rornement de notre Église. Tous ceux qui vous ronnaisdcnt ici et particulièrement ceux dont vous parlez dans votre lettre font des vœux pour tous. Je crois <|ue vous aurez reçu la réponse de M. Daillé le père. Je vous envoie le catalogue rjue vous desiriez du Ois. Tous deux vous baisent les mains. M. Claude a reçu avec bien de la joie le comi^liment que vous lui faites. M. Moru.s de même, et tous deux voua prient d'être entièrement assuré d'eux.

Et puisque vous souhaitez que je vous parle du dernier et que vous me témoignez que nonobstant votre incommodité, je ne vous serai pas importun, je veux bien vous dire ce que j'en sais. Vous savez, Monsieur, la réputation où il a été inter convitia et iaudes. U a eu des ennemis ; il en a encore mais sans mentir, je crois qu'il y a plus d'envie que de vérité... Les prêcbes de M. ATorus sont si pleins de zèle, sa conversation si sainte, (jue je ne puis pas croire qu'il soit coupable de (ce dont) on l'accuse. Pour ce qui est du jugement, dont jilusieura le croient dépourvu, je crois que c'est faute de le connaître. Il en a infiniment, et si quelquefois il semble en manquer, c'est par jugement ; il veut bien négliger des fins subalternes poui' parvenir à la générale ; il veut bien perdre la réputation d*un particulier pour conserver celle du public. Il sait que c'est une chose trop importune que d'(^tre si exact, surtout a un homme qui doit être continuel 1t^mciU occu]!*'» à l'étude et à la méditation pour conserver la haute estime qui iui est acquise. Ce n est pas qu'il soit si brusque ni si farouche qu'on le fait ; j'ai Thonneur de le voir assez souvent; il me semble fort doux, fort dvil et fort agréable. Il est vrai qu'il ne l'est pas également à tous ; mais c'est pour n'être ])as accablé de visites, qui le détourneraient de ses méditations, qui durent continuellement, même parmi les rues. Ce sont elles qui lui fournissent ses belles pensées, qui font toujours le meUtôur de son discours, c'cst-à clirc de ses prêches, qui en sont souvent plus rt mplis que de doctrine; ce (pii fait qu'il n'a j^as toujours l'ordre que plusieurs souhaiteraient. Poiu dire une belle pensée, il ne iait point de difficulté de sortir en quelque façon de son texte.

Pour ce qui est de sa façon de prêcher, tout le monde reconnaît, ses ennemis mêmes, qu'il réussit bien. Il est grave et majestueux partout. Jamais il n'est bas, quoiqu'il ne soit pas toujouitt élément élevé. Il a toujours du fcu; mais il le ménage très bien, te faisant tantôt plus, tantôt moins paraître; il y a un accord merveilleux entre sa parole, son geste et ses pensées. II pratique tout ce qu'un orateur peut avoir de beau ; mais il faut pourtant avouer qu il n'a ni votre douceur, ni votre agrément, et que, pour bien pendue que soit sa langue, elle ne Test pas si bien que la vôtre. Je n'en dis pas davantage. Si vous soubaites d'être averti de quelque rhoso plus particulière de lui, je vou« prie d'avoir la bonté de m en avertir. Je tâcherai de vous satisfaire en cela, le mieux qu'il me sera possible, conune en tout ce que vous me commanderez. Je vous assure que je vous servirai toujours avec joie, puisqu'il n'y a personne à qui je sois avec plus de respect qu'À vous, etc.

G. GONDREVILLE

A Paris» le 2* octafen tut.

Monsieur,

... Vous me donnez la liberté de vous entretenir de mes études. Je U venz bien prendre sur la confiance ^ j'ai en votre booté, qui n'assoie que vous seuffirirez bien l'importiiiiité que je ¥oas

pourrai causer. H y a déjà quelque temps que je vous ai ditone jr in'iulonnais à la langue grecque et à i Ijehraïqiie. J'ai quitté, il V a quelques jours, mog professeur grec, et dcpuib je me ï^uis nûs a laleetiiie des auteosgvecS' ^'ai lu les barangues dlsocnte et &k si fait des lieux communs. J'ai commencé Homère et ^ le poursuis. Si \o lirai encore les autres poètes g^recset

jerai suivre les latins; ce n est paa qu'en pédant je veuille m'ari-êter à chaque mot et peser tous les vers ; je veux simf^ement y cbercher les doctrines ou les pensées, qui, un jour. Dieu si^int, me pourront servir en ma profession. Pour ce qui est de Vhé^ breu, je le continue, et en particulier et sous notre professeur, et je me sens obligé de le continuer encore quelque temps. Cependant je poursuis toujours à lire la Bible et à y faire des ré- Sexions. J'ai quatre buts principaux en la lisant : premièrement, je tâche d'apprendre tous les plus beaux passages; secondement, je médite sur l'histoire, pour en tirer de bons dogmes ou de morale ou de théologie; en après, je remarque toutes les choses mystérieuses, et enfin tous les lieuz douteux ou difficiles, pouien consulter les bons conmenturee, Messieurs nos paateors ou les grands hommes que je pmirrai rencontrer, et je me réjouis, si jamais Dir^n me f iit !n ^râco de iisii*e un fcour à ALetz, de tous y consulter comme un oracle.

n y aenviron dieuz mois que je pris un texte de M.Moru8; je fus, quelques jours après, pour voir quand il souhaitaii quo je l'exposasse. Il me dit que le jour précédent il avait parlé de moi arec l'illustre M. Coiirart, et (|ue je devais l'exposer ciie;! eux. M. Conrart partit le lendenidin pour aller à sa belle maison des cbamns, oàu est demeuré jusques à présent, et je na sais pas bie» quand il en retournera, de sorte que ma propositkmm'eat demeurée sur les bras jusquos à présent, et je ne suis pas assuré quand jQ la rendrai. Je souhaiterais fort quf^ ce fût bientét; maisit iaut suivre la volonté de celui qui m'en a donné le texte. Aussitôt que M. daudesera étabM et qiril cemmenceraàeflédiierk promesse * qall nous a fiiite, je me mettrai tout de bon & la proposition, et je m'exercerai le plus qu'il me sera possi])le, en oontinunnt toujours la lecture des saintes letti'cs rt rrllc des auteurs jKiu'ns, Voilà, Monsieur, l'état de mes études. Si vous avez ia ciiarile de m*en dire votre sentiment et de m'bonorer de yUxe bon «onoeil, Touaobligores ininemcnt celui qui est déjà. Monsieur.

Totre très humble, trèa obéissant el tiés obligé serviteur,

G. GONDREVILLE

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