CHAPITRE IV
Les journaux au xwui9 siècle. — Bolingbroke et le CrafUman. — Multiplication des feuilles quotidiennes. — Les comptes rendus judiciaires. — Les débats du parlement. — Fondation des journaux actuels.
A l'avènement de la maison de Hanovre , le véritable journal existait tel que nous le connaissons aujourd'hui , apportant régulièrement chaque matin au pnblic son tribut d'articles politiques, de nouvelles de l'intérieur et de l'étranger, et d'annonces de toute sorte. Le timbre complétait la ressemblance. La seule différence sérieuse était dans l'organisation commerciale de la presse ; les journaux n'étaient point encore des entreprises isolées, indépendantes de toute autre spéculation. Ainsi, en 1726, tous les journaux qui se publiaient à Londres appartenaient à des libraires, à l'exception du Craftsman , fondé avec l'argent de
Bolingbroke. Ces journaux pouvaient se classer en deux catégories : d'une part, les journaux à nouvelles qui se publiaient tous les jours ou trois fois par semaine, suivant qu'ils paraissaient le matin ou le soir, et les journaux de discussion, à la fois littéraires, philosophiques et politiques, qui étaient simplement hebdomadaires. Les premiers étaient en progrès grâce au développement de la richesse et de la curiosité publiques, et à l'intérêt chaque jour plus grand que la nation prenait aux affaires de l'Etat; les autres perdaient tout le terrain que gagnaient les feuilles quotidiennes, et elles s'éteignaient Tune après l'autre sans être remplacées. Mais comme la création d'un journal quotidien exigeait des efforts et des sacrifices beaucoup plus considérables que l'établissement d'une feuille hebdomadaire, le nombre de journaux devait nécessairement aller en décroissant. Sous la reine Anne , il s'était élevé un moment jusqu'à vingt-trois
pour la seule ville de Londres; en 1731, on n'en comptait plus que dix-neuf dans la capitale. Ces journaux se décomposaient ainsi :
Cinq journaux quotidiens paraissant le matin :
Le Daily Courant; Le Daily Postboy ; Le Daily Post1;