Le premier numéro de YEnglishman est dn 6 octobre
HISTOIRE DE LA PitKSSK
beianit le dernier journal dans lequel il ait écrit* Quant à Addison, il rédigea seul le Franc-Tenancier (tîie Freeholder), et un peu plus tard le Vieux Whig (the Old Whig)1, feuilles toutes politiques qui avaient pour objet unique la défense du parti whig , dont les chefs étaient les amis personnels de l'auteur. Terminons cette longue nomenclature par deux écrivains bien inférieurs à Swift , à Steele et à Addison , mais de quelque mérite. Thomas Gordon, le traducteur de Tacite, et Trenchard, écrivirent à la même époque dans le British Journal les Lettres de Caton, dont quelques-unes furent attribuées à Bolingbroke. Les feuilles que nous venons de nommer ne seraient plus aujourd'hui considérées comme des journaux; mais, à l'époque où elles parurent , elles eurent une publicité plus considérable que celle des vrais journaux et une influence beaucoup plus grande. Elles conte-
1. Le Plebian parut pour la première fois le 14 mars 1715. Il était signé : « Un membre de la chambre des communes. »
2. Le Freeholder parut les lundis et vendredis de chaque semaine, du 23 décembre 1715 au 29 juin 1716. Il eut donc en tout cinquante-cinq numéros. Il avait surtout pour objet de défendre contre le Prétendant les droits de la maison de Hanovre, soutenus par le parti whig, et de justifier les mesures prises à l'occasion de la rébellion de 1715. C était donc une publication toute de circonstance.
Le premier numéro du Vieux Whig parut le 17 mars 1719, cinq jours après le premier numéro du Plebeian : Steele et Addison se faisaient donc directement concurrence.
naient, outre les articles qui ont depuis été recueillis à part , une certaine quantité de nouvelles courantes et bon nombre d'annonces. Aucune d'elles n'eut une longue existence , parce qu'elles n'avaient qu'un ou deux rédacteurs, et la nécessité de donner trois ou quatre articles par semaine , en« tournant dans un cercle très-étroit, mettait promptement hors d'haleine les écrivains les plus féconds ; il n'était pas d'auteur dont la verve ne s'épuisât en deux ou trois ans à un pareil métier. Les charges fiscales qui pesaient sur la presse en ôtant aux journaux l'attrait du bon marché, leur avaient enlevé beaucoup de lecteurs et avaient rendu leur existence précaire. Les feuilles quotidiennes qui avaient du moins la primeur des nouvelles , ne devaient donc pas tarder à s'emparer exclusivement de la politique; et l'on vit peu à peu les journaux qui avaient des prétentions littéraires restreindre leur publicité au lieu de l'accroître , paraître une fois par semaine avec des caricatures, ou devenir mensuels sous le nom de Magazines.