‹ Histoire de la presse franco-américaine [microforme]Chapitre 117 sur 220 · URBAIN-J. LEDOUX · texte numérisé non relu

URBAIN-J. LEDOUX

M. Urbain-J. Ledoux brilla bien plus dans le service consulaire des Etats-Unis que dans le journalisme. C'est un fait remarquable que plusieurs de nos compatriotes de marque des Etats-Unis ont fait leur début dans la vie active en passant par le creuset du journalisme. On peut toujours dire que pour quelques-uns la qualité de rédacteur de journal est un acheminement vers une position plus lucrative. M. Ledoux est un de ceux-là. Ce n’est cependant pas une règle générale, c'est plutôt l'exception. Combien y en a-t-il eu depuis 40 ans de ces jeunes gens, pleins d’ardeur pour la défense de la nationalité, qui ont vu leurs illusions s’évanouir devant la réalité de la vie et pour qui le journalisme n’a pas été le marchepied pour escalader une position plus enviable. Tout de même nous ne voulons pas soutenir que M. Ledoux doit à son passage dans le journalisme le fait de son avancement. Nous désirons simplement constater une coïncidence.

Lorsque M. Ledoux fut nommé consul à Bordeaux, au mois de juin 1903, la Presse de Montréal publia, dans son numéro du 30 juin, en annonçant la nouvelle, la biographie avec le portrait de M. Ledoux. Celui-ci était alors à Montréal, et c’est lui-même qui fournit alors au représentant du journal les renseignements que nous reproduisons ci-après. M. Ledoux venait d’être nommé consul à Bordeaux.

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Nous avons rencontré ce matin, dit le représentant de la Presse, M. Ledoux, qui nous a dit qu'il venait en effet d'être transféré de Trois-Rivières où il est depuis six ans, à la grande ville de Bordeaux.

La nouvelle de cette promotion sera accueillie avec un vif plaisir par la légion d'amis que possède M. Ledoux tant au Canada qu'aux Etats-Unis. Nous pouvons dire que pour une fois le mérite a été reconnu et récompensé. M. Ledoux est un “self-made man,” qui depuis ses premières années a travaillé consciencieusement et avec une énergie infatigable pour se frayer un chemin. Intelligent, actif et entreprenant, il a toujours marché de l'avant, et combattu les bons combats. Sa carrière, maintenant si brillante, devrait stimuler notre jeunesse et lui montrer ce que peuvent produire le travail et le talent. Nous croyons intéresser nos lecteurs en leur traçant une esquisse rapide du chemin fait jusqu'ici par M. Ledoux. Et disons d’abord qu'il n'est âgé que de 29 ans et que ses émoluments à son nouveau poste seront de $5.000 par année.

M. Ledoux est né à Ste-Hélène, comté de Bagot, le 13 août 1874, de parents canadiens-français émigrés aux Etats-Unis depuis la guerre de Sécession, mais que la nostalgie avait ramenés au pays natal en

La famille de notre sujet retourna aux Etats-Unis alors qu'il n'était âgé que d’un an. Il reçut sa première instruction aux écoles paroissiales et publiques de Biddeford, Maine. Il termina son éducation au collège de Marieville, P. Q., et à celui de Van Buren, Maine. Ce ne fut pas sans peine ni sans effort que le jeune Ledoux put acquérir l'instruction qui devait lui permettre d'atteindre à la position qu’il occupe aujourd’hui.

De bonne heure il fut forcé d'entreprendre la lutte pour l'existence, car ses parents n'étaient pas fortunés. A l'âge de 17 ans il se lança dans le journalisme, entrant à L'Indépendance, premier journal français publié à Biddeford, Maine; il resta là deux ans. A 19 ans, nous le trouvons rédacteur de L'Observateur. Il fut ensuite éditeur du Figaro Illustré, revue mensuelle. M. Ledoux était alors dans ses vingt ans. Délaissant cette revue, il devint attaché au Samedi de Montréal, puis à la Tribune de Woonsocket, R.-I. A 21 ans, il brigua les suffrages pour le conseil municipal de Biddeford. Pendant deux ans il fut secrétaire de comités républicains. Entre temps, il fondait L'Alliance Canadienne-Française.

A vingt ans, il avait fait deux campagnes électorales et une campagne présidentielle.

Le 27 juillet 1897, M. Ledoux, alors âgé de 22 ans, était nommé consul des Etats-Unis à Trois-Rivières. Il se trouvait le plus jeune titulaire dans le service consulaire. M. Ledoux déploya dans sa

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nouvelle position les brillantes qualités et l'activité dont il avait fait preuve jusque-là.

Le consulat de Trois-Rivières prit rapidement, grâce à lui, une grande importance. Les importations et les exportations doublèrent, et les affaires prirent un très vif essor. Le gouvernement récompensait les services de M. Ledoux en le nommant, le 30 juin 1902, consul de première classe avec augmentation de salaire. L'importance du consulat s'affirmait de nouveau en mai 1903, lorsque le département de Washington établit une agence considérable à Grand'- Mère, et augmentait le personnel. Il serait trop long d'énumérer ici tout ce que Trois-Rivières doit à l'activité de M. Ledoux.

Citons entr'autres choses: la bibliothèque Laviolette, établie entièrement à ses frais; la fondation du Jardin Laviolette, du Patinoir Laviolette, dont il est le présiclent depuis trois ans. Il obtint de M. Carnegie l'offre de $10,000 pour l'établissement d'une bibliothèque publique à Trois-Rivières. 1l a organisé la plupart des clubs sportifs et sociaux de la localité et est l’un de leurs membres les plus enthousiastes.

Il s'intéressa aux Soirées de Famille et leur fit, en 1901, les frais d'une tournée dans la Nouvelle-Angleterre. Il fit de grands efforts pour doter Montréal d'un Conservatoire et d’une comédie Française.

Mutualiste convaincu, il est membre du bureau exécutif de l’AIliance Nationale et président du Congrès Fraternel des sociétés canadiennes-françaises tenues à Woonsocket, l’an dernier.

Ajoutons que M. Ledoux est membre de la plupart de nos s0ciétés canadiennes-françaises, tant au Canada que des Etats-Unis.

M. Ledoux a épousé, il y a quelques années, Mlle Painchaud, fille de feu M. P.-L. Painchaud, directeur de la fanfare du Premier Régiment du Maine.

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