J.-E. MARIER
Joseph-Edouard Marier, né à Ottawa, le 20 août 1854 du mariage de Pierre Marier et de Thersile Robillard. Il a fréquenté les écoles communes jusqu’en 1865. Entré chez les Frères de la Doctrine Chrétienne jusqu'en 1869. Correcteur d'épreuves au Canada, branche de la Minerve à Ottawa. Début dans le journalisme au même journal en 1870. Fondateur du Club des Débats à l’Institut Canadien, Ottawa, en 1873. Prit part active en politique, élection du Dr St- Jean et avènement du gouvernement McKenzie. Président de la section française des jeunes libéraux. Conservateur en 1878. Prit part active aux élections générales de la même année. Emigré aux Etats- Unis en octobre 1880. Arrivé à Boston, puis s'établit définitivement à Lawrence, Mass. Fonda le premier Club de Naturalisation en 1881
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à Lawrence. Correspondant du Daily Eagle de Lawrence. Fonda le Citoyen, hebdomadaire, en avril 1882. Circonstances financières, abandonna au bout de six mois.
Il fut délégué, représentant Lawrence, Mass., à l’audience-enquête de Carroll-D. Wright, dénonçant les Canadiens-français comme Chinois de l'Est. Employé municipal à Lawrence, Mass., de 1884 à 1886. Durant cette période attaché à l'étude de John-C. Sanborn, comme étudiant en droit dans ses moments de loisirs. En 1885, organisa des assemblées d’indignation avec l’aide du Dr Henri Desjardins, oculiste de Boston, maintenant de Montréal, protestant contre la condamnation de Louis Riel par le gouvernement canadien. Envoya une requête signée par au-delà de 3000 signatures de Canados-américains au secrétaire d'Etat Bayard, par l'entremise du Major Mallet, demandant au gouvernement des Etats-Unis d'intervenir, mais Riel, bien qu'ayant demeuré dans le Montana, n'avait pas été naturalisé citoyen américain. Fut le premier rédacteur de L'Etoile de Lowell, Mass. en 1886. En 1888, nommé inspecteur de douane pour le port de Boston jusqu’en 1891. En 1892 fut organisateur pour le comité central démocratique du Massachusetts. Organisa 45 clubs parmi les Canados-américains qui, avec leur coopération, contribua à élire l’Hon. Wm.-E. Russell, gouverneur, ainsi que cinq représentants démocrates au Congrès. Durant la même année il fut gérant du Travailleur de Worcester et du Canado-Américain de Holyoke. En 1893 il alla demeurer à Haverhill, Mass. Etablit un bureau de placements et d’immeubles. Nommé juge de paix et notaire public par le gouverneur Russell. La grève de 1894 à Haverhill le força de fermer son bureau et il alla demeurer à Manchester, N.-H., où il collabora à L'Avenir National. En 1896 il publia le Merrimack, conjointement avec M. Joseph Boivin, maintenant avocat à Manchester. Prit part à la campagne présidentielle en faveur de Wm. Jennings Bryan dans le New- Hampshire et fit des assemblées dans le Maine avec Benjamin-F. Sewall, candidat à la vice-présidence. Discontinua la publication et entra à la rédaction du Manchester Union. Revint à Ottawa en janvier 1897. Collabora à la rédaction du Temps et du Free Press d’Ottawa. En 1904, entra au département de la traduction à la Chambre des Communes. En juin 1907, entra au service de la Commission du Transcontinental. Maintenant au service du Canada de Montréal, comme éditeur de l'hebdomadaire et chef de la circulation.
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LE DR M.-M. METIVIER.
Un homme, mort en 1892, qui fit un certain bruit de son vivant et pendant quelque temps joua un rôle dans le journalisme, est le Dr M.-M. Métivier, de Holyoke. C'était une figure originale et il eut une existence tourmentée et accidentée.
Moiïse-M. Métivier naquit à Saint-Charles, P. Q., en 1834. A l’âge de trois ans il alla, avec ses parents, demeurer à Marieville, et de là à Plattsburg, N.-Y. Il reçut une partie de son éducation dans les écoles publiques de cette dernière ville, et à 18 ans il était admis à une école médicale de New-York. Après avoir obtenu un diplôme de cette institution, il alla suivre les cours de l’université Laval de Québec. 11 pratiqua la médecine à Saint-Jean, P. Q., et le 19 juin 1873 il arrivait à Holyoke. Il fut l’un des pionniers canadiens de cette florissante ville, et l’un de ses citoyens les plus distingués. Depuis cette époque il résida constamment à Holyoke, si l’on excepte une année passée à Montréal pour cause de maladie, et quelques mois d'absence en Europe.
Pendant de longues années le Dr Métivier fut un catholique pratiquant. De malheureuses circonstances l'ont fait déchoir et finalement il se sépara de l'Eglise, mourant ainsi sans être rentré dans son sein. Il était un partisan et admirateur du système d’écoles publiques qu’il préférait aux écoles paroissiales. On comprend qu'avec de pareils sentiments les membres du clergé ont cru devoir mettre leurs compatriotes en garde contre celui qui les formulait. Sur cette question la lutte devint aiguë entre feu le curé Dufresne et le Dr Métivier.
Pendant la fièvre de l'or, le Dr Métivier voyagea en Californie. Il fonda en 1879 le premier journal français de Holyoke. Il était membre de plusieurs sociétés médicales, littéraires et scientifiques américaines et canadiennes. Il a écrit plusieurs articles dans la Patrie de Montréal et il comptait de chauds amis parmi nos écrivains canadiens les plus éminents. Le Dr Métivier avait aussi étudié quelque temps dans les hôpitaux de Paris. A Holyoke il fut membre du bureau des écoles de 1881 à 1884, président du comité républicain de la ville et il remplit d’autres postes publics de confiance.
Malgré ses erreurs, le Dr Métivier a accompli de nombreuses actions méritoires et il était très charitable, méritant le titre de “médecin des pauvres.” Membre de la société Saint-Jean-Baptiste et au-
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tres sociétés canadiennes, il se montra toujours patriote, excepté du moins en ce qui concerne ses idées étranges sur les écoles catholiques. En 1886, à la convention de Rutland, il appuya par un joli discours la résolution transmise au cardinal Taschereau, à l’occasion de son élévation au cardinalat.
En 1891, il était invité à donner une conférence devant l’Association Américaine pour l’Avancement de la Science, ce qui lui mérita d’être reçu membre honoraire de cette grande société.
Il travailla jour et nuit à la préparation de cette conférence qui fut hautement appréciée, et qui le méritait sous tous les rapports. A son retour de Washington, il sentit que la réaction allait l'emporter. Une maladie de cinq mois le retint au lit. Après quelques semaines de convalescence, il eut une rechute, et le 15 juillet 1892, à huit heures du soir, comme il se disposait à lire son journal, il perdit l’usage de ses sens. Deux heures plus tard il expirait en présence de sa famille et de quelques amis.