‹ Histoire de la presse franco-américaine [microforme]Chapitre 121 sur 220 · SAMUEL-E. PINTA · texte numérisé non relu

SAMUEL-E. PINTA

Le nom de Samuel-E. Pinta est attaché à deux journaux qui furent publiés il y a 40 ans et plus à Chicago. M. Pinta avait pour spécialité d'éditer des livres. Il arriva à Chicago en 1858, venant de la Nouvelle-Orléans, porteur d’une carte de l’union typographique No. 17 de la Nouvelle-Orléans et fut transféré dans l’union No. 16 de Chicago. Après avoir travaillé deux mois à l'atelier de William-H. Rand, il entra au département des ouvrages de ville du journal Press and Tribune. En ce temps-là, ce n’était pas comme aujourd’hui. Ce même atelier pouvait employer des membres de l’union et des nonunionistes, tous les ateliers de “jobs” étaient ce que l’on appelle “open.” Il faut remarquer qu’en cette année 1858 l’Union Nationale Typographique n'avait que six ans d'existence, et plusieurs alors doutaient de la possibilité de sa permanence.

En 1860 M. Pinta quitta l'établissement de la Tribune pour travailler chez son ami William Pigott, qui venait d'ouvrir un atelier d’imprimerie, dans lequel était aussi imprimé le Raïlroad Gazette. Dans l'atelier de Pigott en 1861, M. Pinta commença la publication du deuxième journal français publié à Chicago, auquel Henry-R. Boss fait

allusion dans ses réminiscences. Le premier journal en langue française à Chicago avait paru en 1857. Voici comment M. Pinta raconte lui-même l’histoire des publications françaises à Chicago:

“En 1857 (le 2 janvier,) un Français nommé Claude Petit, avec A. Grandpré, un imprimeur canadien-français, commença en cette ville la publication d’un journal hebdomadaire sous le nom de Le Courrier de L'Illinois. Ils publièrent leur journal pendant deux ans environ quand, dissolvant la société, Petit s’en alla dans l'Est et Grandpré transporta le journal à Kankakee, où les Cancdiens-français étaient établis en grand nombre. Il y continua sa publication jusqu’à plusieurs années après le feu de Chicago, alors qu'il revint en cette ville.

“Il y a quelque huit ans (vers 1903) Grandpré, qui est maintenant parmi les morts, vendait son journal à une compagnie qui changea son nom en Courrier de L'Ouest et plus tard encore en celui de Courrier Franco-A méricain.

“En 1861 Sameul-E. Pinta publia dans l'atelier Pigott un journal hebdomadaire français, L'Observateur de Chicago. Il était bien rédigé et d’un haut caractère littéraire, l'éditeur et rédacteur étant assisté par un éminent écrivain, M. Ravin d’Elpéun, alors vice-consul de France à Chicago. La guerre civile qui venait d’éclater, la rareté de compositeurs français, le manque de fonds et l’augmentation d’occupations plus lucratives obligèrent à la suspension de sa publication après huit ou neuf mois de travail ardu. C’est avec une grande diffculté que, dès le début, les lettres accentuées, si essentielles à l’impression correcte de la langue française, pouvaient être obtenues à Chicago.

““En 1868-69, Samuel-E. Pinta et Th. Guéroult publièrent en cette ville un journal habdomadaire sous le titre L'Amérique. Ils le publièrent pendant une année. Il avait quelques bien bons écrivains comme collaborateurs, parmi lesquels Mme Jenny-P. d'Hericcourt, qui demeurait alors à Chicago: Louis-Honoré Fréchette, le poète canadien; le professeur Marc de la Fontaine, La guerre franco-prussienne fut un coup de mort pour le journal. Les rédacteurs, dont le journal était républicain, avaient approuvé les vues exprimées par Thiers et Favre sur l’inopportunité de cette guerre et en opposition à Napoléon; ils s’attirèrent conséquemment l’antagonisme des Français de Chicago, ar-ec le consul en tête.”

M. Pinta est mort à Chicago le 11 janvier 1or1.

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