‹ Histoire de la presse franco-américaine [microforme]Chapitre 122 sur 220 · LE DR ELZEAR PAQUIN · texte numérisé non relu

LE DR ELZEAR PAQUIN

Le Dr Elzéar Paquin, pendant son séjour dans l'Ouest, a joué un rôle considérable dans le journalisme. En 1803 il publiait à Chicago

Silhouettes de journalistes 285

une brochure illustrée de 90 pages sur la “Colonie Canadienne-Française de Chicago.” Ce volume contient les biographies des hommes marquants de cette colonie, y compris celle de l’auteur, écrite par le Rév. T. Ouimet. Je reproduis ici cette biographie.

Dans l’Ouest, nos nationaux quoiqu’en aussi grand nombre que dans l'Est, n'étaient pas connus, personne ne parlait d’eux.

Au Canada, on était sous l'impression que les Canadiens-français émigrés dans le Michigan, le Wisconsin, l’Illinois et les autres Etats de l'Ouest, ne formaient pas de groupes importants, se trouvant trop disséminés partout.

Mais la Providence a fait surgir un autre champion de la nationalité canadienne-française aux Etats-Unis. Les lecteurs de cette brochure comprennent déjà que le héros maintenant en question est notre brave ami, M. le Dr Elzéar Paquin.

Le 19 février 1889, ce célèbre compatriote fondait à Chicago, son journal appelé le Combat et, dans l'Ouest, tout le monde sait que cet organe français a noblement porté son nom. Le Dr Elzéar Paquin a rempli une véritable mission dans les immenses contrées occidentales des Etats-Unis. Son journal, ses voyages, ses conférences et ses nombreuses recherches sur le progrès des nôtres, dans l'Ouest, constituent ce qu’on pourrait appeler un véritable apostolat national. Partout, nos compatriotes l’ont vu à l’œuvre, s'imposant des sacrifices et canadiens-français de l'Ouest. Dans ses périgrinations nationales, il a organisé un bon nombre de sociétés Saint-Jean-Baptiste. Le but principal de son œuvre a été de jeter de la lumière sur le nombre et les progrès de nos compatriotes établis partout dans l'Ouest, de les aider à s'organiser en sociétés et en paroisses nationales, à l'exemple des Allemands et des Irlandais, et de les mettre à même de profiter des avantages d’un journal exclusivement dévoué à leur cause.

Dans ses efforts patriotiques pour le bien de nos nationaux, il a été compris et aidé par des compatriotes d'intelligence et de cœur. Mais la masse de nos Canadiens-français émigrés, manquant de lumière, ou plutôt n’étant pas en état d'apprécier la valeur d'un journal français et catholique, s’est montrée trop indifférente. Voilà pourquoi le Combat n’a vécu qu’une couple d'années, son vaillant fondateur ne pouvant le soutenir davantage, faute de moyens pécuniaires.

Quelques mois après, à Marquette, Mich., le Dr Paquin fit renaître de ses cendres, le Combat sous le nom de la Vie. Ce nouvul organe ne put se maintenir que six mois.

Croyant qu'il avait combattu assez les bons combats de la cause nationale et religieuse dans l'Ouest, le Dr Paquin renonça au journalisme et vint reprendre, l'automne dernier! à Chicago, l'exercice de sa profession.

Page 1