L’ABBE JEAN-GUERIN SANSON
M. l'abbé Jean-Guérin Sanson est né le 26 juin 1851 à Saint- Alloustre, Départment du Morbihan, France. Etudia à Locminé, à
Ploermel et à Vannes. Partit pour les Missions de la Louisiane en 1872; dut quitter ce pays ensoleillé à cause d'une grave maladie d'yeux. Retourna en France en 1873. Vint au Canada en 1874. Donna des leçons de français au Village-Richelieu et à Chambly pendant quelques mois, puis fut entrainé par un ami à entrer dans le commerce de bois à Wotton, dans les Cantons de l'Est, où il demeura quatre ou cinq ans. En 1880 ou environ, le mauvais état de sa santé lui fit prendre la décision de chercher un climai moins rigoureux. Il vint à Northampton, Mass., où il devint le rédacteur du Jean-Baptiste. Entrant entièrement dans les idées et les vues canadiennes, nos combats furent ses combats, nos luttes les siennes. Il travailla à l'organisation et à la fondation d’une paroisse française à Northampton sans toutefois y réussir entièrement. Vers 1882, il reprit ses études théologiques au Grand Séminaire de Montréal. L'évêque de Grand Rapids, Michigan, y étant venu rhercher des ouvriers pour son nouveau et vaste diocèse, son orientation était trouvée. Ordonné prêtre à Grand Rapids, le 19 mars 1886, par Mgr Richter, il fut le même jour nommé vicaire à la Cathédrale, où il resta deux ans. Envoyé à West Bay City, en 1888, comme vicaire de Sainte-Marie, il devint l'année suivante curé de cette grande paroisse de plus de vingt-cinq milles de long. Il travailla alors au démembrement de cette trop grande paroisse avec l'assistance de celui qui devait devenir une vingtaine d’années plus tard Mgr l'Evêque Schrembs et aussi quelques autres prêtres dont quelques-uns canadiens, comme les Pères Langlois et Lefebvre. La paroisse de Saint-Michel de Pinconning fut fondée, puis celle de Sainte-Anne de Linwood, la mission du Sacré-Cœur de Kawkawlin. Enfin les Canadiens de West Bay City furent séparés des fidèles de langue anglaise et formèrent la belle paroisse de Notre- Dame de la Visitation. En 1905, eut lieu le transfert du Père Sanson à Saint-Jean-Baptiste de Muskegon. Quelques années plus tard il fut nommé Curé-Doyen et membre du Conseil épiscopal.
TELESPHORE ST-PIERRE.
Né à Lavaltrie, P. Q., en 1869. Immigre, alors tout jeune, à Windsor, Ont. Entre au service de MM. Rousseau et Fils, à Détroit, Mich., puis à une imprimerie anglo-américaine où il se perfectionne dans l'art de la typographie. Entre ses heures de travail, d'étude mécanique des presses, de l’agencement artistique des “caractères,” St-
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Léandre Boudreau Louix-Edouard de Carufel
Silhouettes de journalistes 293
Pierre commence l'étude de l’histoire du Canada français à la bibliothèque de Détroit, la plus considérable peut-être que nous ayons en Amérique, au point de vue franco-américain. Il y passe ses soirées, ses samedis après-midi.
En 1885, il n'avait que seize ans, la révolte—le mouvement national des métis du Nord-Ouest—enflamme son imagination. Il accepte une position de rédacteur au Progrès de Windsor, Ont., pour faire la guerre à ceux qui, Canadiens-français conservateurs et conservateurs anglo-canadiens, trouvaient naturelle la condamnation à mort d’un patriote un peu exalté peut-être, mais qui avait le grand défaut d’aimer trop les siens, Louis Riel.
En juin 1888, St-Pierre fonde, à Bay City, Michigan, en société avec M. Charles Guérin, le journal L'Ouest Français. Une couple de mois plus tard il abandonne le journal pour faire, dans le Michigan, la campagne démocratique en faveur des candidats de M. Grover Cleveland. La campagne finie, il revint à Détroit.
Je me rappelle que dans L'Ouest Français, comme dans son journal de Lake Linden, St-Pierre n’avait qu’une idée fixe, dira-t-on, mais belle quand même: réveiller l’idée française, la fierté de la race, en
‘pelant notre origine, les luttes héroïques des ancêtres pour la conservation de notre langue, de nos mœurs et de notre foi. C'était presqu’une manie chez lui.
Donc M. St-Pierre fonde L'Union Franco-Américaine à Lake Linden, Mich. Il appuie par ses écrits et sa parole—il est très puissant orateur—le mouvement de concentration des forces canadiennes-françaises du Michigan. A cet effet, il publia une série de fascicules où il vante le courage, l’abnégation, le dévouement des directeurs de nos sociétés qu'il cite comme exemple aux apathiques, aux lâches.
Entre temps, il publiait L'Histoire des Canadiens du Michigan et celle des Français qui ont découvert, colonisé et civilisé la haute et basse péninsule du Michigan. Cet ouvrage a fait le sujet de commentaires flatteurs de la part de Benjamin Suite.
St-Pierre a tour à tour été rédacteur à la Minerve, au Canadien, à la Presse, à The Gazette, The Herald. Ii s’est particulièrement fait remarquer à ces deux derniers journaux. A Montréal il a publié nombre d'articles dans les revues anglaises et françaises.
Il a été rédacteur à L’Indépendant de Fall-River, à L'Opinion Publique de Worcester, au Free Press de Winnipeg.