REMI TREMBLAY
Né à Saint-Barnabé, comté de Saint-Hyacinthe, le 2 avril 1847.
Fréquenta l’école du village de Sainte-Victoire, comté de Richelieu, jusqu’à l’âge de 12 ans. Suivit alors ses parents aux Etats-Unis à Woonsocket, R.-I., jusqu’à l’automne de 1861. En octobre, 1863, à l’âge de 16 ans, il partait de Contrecœur, où il était employé comme commis, pur aller s'engager dans l’armée américaine. Il servit dans l'armée régulière jusqu’à la fin de la guerre de la Sécession. Il fit toute la campagre de l’armée du Potomac en 1864; prisonnier de guerre, il subit durant six mois la faim et les horreurs de la prison Libby. De retour au Canada, il est entré à l’école militaire de Montréal où il obtenait son brevet en février 1866; au printemps de la même année il s'engageait dans les Chasseurs Canadiens et faisait la campagne contre les Féniens en qualité de sergent. Dix ans plus tard, il était nommé capitaine au 53ième bataillon. Il a commandé pendant deux ans la compagnie canadienne de ce bataillon.
En 1867 il revenait à Woonsocket où il épousait, en 1868, Julie Lémery, fille d’Augustin Lémery. De ce mariage sont nés trois garçons: Emile, né à Stoke, en décembre 1873 et décédé à Ottawa en
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mai 1901; Eugène, ténor d'opéra, mieux conuu sous le nom de Valère Rémy, né à Sherbrooke en mars 1876 et mort il y a quelques années, et Jules, né à Montréal en juin 1879, maintenant journaliste à Montréal.
Après avoir travaillé plusieurs années comme commis dans divers magasins à Woonsocket, M. Tremblay alla s'établir dans les Cantons de l'Est où il se livra au commerce, à l’enseignement, à la culture, et en 1877, il quittait Sherbrooke pour aller se livrer exclusivement au journalisme. Dès 1868, il avait commencé à écrire en qualité de correspondant régulier, d’abord dans le Protecteur Canadien alors publié à St-Albans, Vt., par Antoine Moussette et rédigé par l’abbé Druon, puis dans le Pionnier de Sherbrooke. Plus tard, il avait été temporairement employé à la rédaction du Progrès de L'Est. Autodidacte infatigable, n'ayant reçu comme base d'étude qu’une excellente instruction élémentaire, il a constamment travaillé à accroître le cercle de ses connaissances et il emploie encore à étudier tous les loisirs que lui laissent ses fonctions de traducteur. Il a étudié le latin avec le curé de Stoke, aujourd’hui curé de Sherbrooke. Il a appris sans professeur et suffisamment pour les traduire avec facilité le Portugais, l'Espagnol, l'Italien, l'Allemand et l’'Esperanto. Il étudie maintenant l’hébreu et ne désespère pas d'apprendre un jour le sanskrit.
En 1877, après quelques mois passés à la rédaction de la Minerve où il avait temporairement remplacé Hector Berthelot, il allait à Saint- Lin, ressusciter le journal Les Laurentides que J.-Israël Tarte avait laissé tomber pour entrer au Canadien de Québec. Quelques mois après, il prenait la rédaction de la Gazette de Joliette, puis, au printemps de 1878, il revenait à la Minerve. Un an après il devenait rédacteur en chef du Courrier de Montréal, journal indépendant fondé par Denis Duvernay. A l'automne de 1880, il abandonnaïit ce journal pour cause de divergence politique entre le propriétaire et lui. L'hiver suivant, il allait à Ottawa travailler pour le Col. A. Audet, alors entrepreneur de la traduction des Débats. A la session de 1881, on le retrouve à la Tribune des Journalistes de l’Assemblée Législative de Québec, où il fait la correspondance pour la Minerve et le Nouveau-Monde tout en rédigeant le Canard dans lequel il trouva moyen de publier chaque semaine une chanson d'actualité de sa propre composition. Georges Duhamei, plus tard Ministre dans le gouvernement de Québec, l’avait remplacé à la rédaction du Courrier de
Montréal; il remplaça ce dernier un an après. Dans l'intervalle, il avait été nommé traducteur surnuméraire à Ottawa et durant chaque session il cumulait cette charge avec celle de rédacteur du Courrier de Montréal qu’il représenta à la Tribune des Journalistes aux sessions de 1882 et 1883. En 1884, il était nommé traducteur des Débats, charge qu’il occupa jusqu’en 1888, alors que, pour des raisons politiques, il fut destitué en même temps qu’Ernest Tremblay et A.-E. Poirier, aujourd’hui Fecorder de Montréal. Le Courrier de Montréal ayant cessé de paraître en 1883, il entra à la Presse en 1884. En 1885, on lui écrivit de Fall-River pour lui offrir la rédaction de L’Indépendant qui venait de paraître comme journal hebdomadaire. Il accepta et rédigea cette feuille jusqu’à l’ouverture de la session de 1886. En 1888 il devenait rédacteur en chef de la Justice de Québec. A l'automne de 1889, il traversa en France, visita l'Exposition Universelle de Paris et fit le tour de l’Italie. A son retour, on lui offrit la rédaction de la Patrie. Il la rédigea jusqu’au printemps de 1890, alors qu’un différend politique le força à se séparer amicalement de M. H. Beaugrand. Il fonda alors à Montréal un journal quotidien nommé L'Indépendant. Il en avait affermé la circulation et se croyait bien sûr du succès. Mais quelqu'un avait probablement intérêt à faire disparaître le journal et le fermier de la circulation préféra se laisser confisquer sa garantie plutôt que de remplir les conditions de son contrat. En 1892 il redevint rédacteur en chef de la Patrie, position qu’il abandonna à l’automne de 1893 pour venir à Fall-River fonder, en société avec M. O. Thibault, L'Indépendant quotidien. En 1894, il vendait sa part à son associé et venait prendre la rédaction de L'Opinion Publique de Worcester. Sa femme étant décédée ici au printemps de 1896, M. Tremblay partit bientôt après pour Ottawa où l’attendait sa position actuelle de traducteur à la Chambre des Communes. Il s’est remarié le 31 août 1897 à Mile Alida Charlebois, d'Ottawa, fille de feu Hyacinthe Charlebois, en son vivant notaire et registrateur du comté de Vaudreuil.
En 1883, M. Tremblay, réunissant toutes les rimes qu'il avait écrites jusqu'alors, publiait un premier volume de vers, Caprices Politiques. En 1884, il publiait un roman intitulé Un Revenant. En 1888, nouveau volume de poésie intitulé Coups d’Aile et Coups de Bec. En 1893, son troisième volume en vers, intitulé Boutades et Réveries, paraissait à Fall-River. Il a écrit et publié depuis dans
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divers journaux assez de nouvelles pièces de vers pour former un fort volume. Il ne reste plus en librairie un seul volume des quatre ouvrages que nous venons de nommer et Un Revenant a été tiré à deux éditions. Du reste ces ouvrages ont été aussi bien accueillis par la presse que par le public.
La Ligue des Patriotes, la belle et grande société nationale de Fall- River, est l’œuvre de M. Rémi Tremblay. La Ligue des Patriotes, fondée par M. Tremblay à la fin de décembre 1885, célébrait avec éclat, le lendemain de Noël 1910, le 25e anniversaire de sa fondation. M. Tremblay, qui était venu spécialement d'Ottawa, était l’un des hôtes d'honneur à cette belle fête, ainsi que son plus ardent coopérateur, Mtre Hugo-A. Dubuque.