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BRUNO WILSON

Bruno Wilson est né à l'Isle Bizard, comté Jacques-Cartier, P. Q. le 9 décembre 1868, de Antoine Stanislas Wilson et de Odile Brayer dit Saint-Pierre. Son grand-père, John Wilson, avait vu le jour à Lisbonne, Portugal, mais descendait d’une famille du pays de Galles, Angleterre ; il émigra au Canada au commencement du siècle dernier. Son grand-père maternel, Joseph Brayer dit Saint-Pierre, fut un des patriotes de “37” qui firent le coup de feu à Saint-Benoit, et à Saint- Eustache, sous les ordres de Chénier.

Après avoir fait de fortes études classiques au Petit Séminaire de Sainte-Thérèse de Blainville, Bruno Wilson étudia le droit sous son oncle, maître Henri-Césaire Saint-Pierre, vétéran de la guerre de sécession aux Etats-Unis. aujourd’hui juge de la Cour Supérieure et de la Cour du Banc du Roi à Montréal, puis la médecine à l’Université

Laval. 11 collaborait déjà à quelques journaux et revues quand, en 1893, il embrassa définitivement la carrière du journalisme actif.

I1 débuta à la Minerve, alors sous la direction de l'honorable Joseph Tassé et, subséquemment, de l'honorable Joseph Royal, ancien gouverneur du Nord-Ouest. En 1894, il prenait la direction du service des nouvelles du journal le Monde, qui fut fusionné à la : resse l’année suivante. Pendant la campagne électorale de 1896, il passa à la Presse en qualité d'assistant de M. Blumhart, rédacteur en chef. M. Laurier ayant porté le parti libéral au pouvoir, la Patrie de M. Honoré Beaugrand devint l'organe officiel du nouveau ministère, avec l’honorable J. Israël Tarte comme directeur. C'est alors que Bruno Wilson fut chargé d'organiser et de diriger à ce journal le service d’informations et de correspondance sur les bases qu’il occupe encore aujourd’hui.

Cinq ans après, M. Wilson quitte la Patrie pour continuer des fonctions analogues au Journal, devenu publication du soir, mais il est frappé d’une grave maladie qui fit craindre pour ses jours. Au bout de trois mois il réapparaît à la Patrie. Cependant il en sort une seconde fois pour accepter le fauteuil éditorial à L'Etoile de Lowell, Mass., poste qu'il occupa jusqu’à la fin de décembre 1902, alors qu'il succéda à M. Télesphore Saint-Pierre, comme rédacteur en chef à L'Opinion Publique de Worcester, Mass. A la fin d'août 1906, il quittait l'arène du journalisme actif et retournait au Canada, où pendant une période de repos de plus de trois ans, nécessité par l'état précaire de sa santé, il se livra à des études sur des spécialités agricoles. De temps en temps on retrouve de ses articles dans la presse canadienne et dans la presse franco-américaine sur le fléau de la désertion des campagnes, les bienfaits du retour à la terre, la noblesse et l'indépendance de la profession d’agriculteur.

M. Wilson a été appelé au commencement de janvier 1911 au secrétariat de “L'Union Expérimentale des Agriculteurs de Québec,” importante société patronnée par le gouvernement, dont les membres se recrutent parmi les hommes les plus distingués du clergé et du monde scientifique agricole de la province de Québec, et dont le siège principal est à l’Institut Agricole d'Oka, au monastère de la Trappe.

Comme l’on voit, M. Bruno Wilson a de beaux états de services dans le journalisme. A Lowell, et à Worcester surtout, où il a passé les dernières années de sa carrière de journaliste, il a laissé les meil-

Silhouettes de journalistes 305

leurs souvenirs et il a conquis de chaudes amitiés que le temps ©t l’espace n'ont pas altérées. Son passage à L'Opinion Publique fut une belle période pour ce journal, car nul mieux que lui savait agencer Ja facture d’un journal de manière à fournir le maximum d'intérêt pour le lecteur et captiver l'attention de celui-ci. Sa retraite de la carrière fut réellement une perte pour le journalisme, mais il se rend encore utile à ses compatriotes au poste important que le gouvernement de Québec lui a assigné dans l'intérêt de la belle cause de l’agriculture.

L'HONRABLE F.-X. BELLEAU.

L'honorable M. Belleau est, dans toute la force du terme, un “selfmade man.” L'espèce n’en est sans doute pas rare, aux Etats-Unis. Né au Canada, il n'avait que dix-huit ans, lorsqu'il vint se fixer à Lewiston, Maine. (C'était en 1877. Déjà quelques milliers de nos compatriotes s'étaient établis dans cette ville; et tout semblait annoncer que l'avenir verrait croître leur nombre et leur influence. Làbas, dans son pays d’origine, M. Belleau n’ivait reçu que l'instruction commerciale ordinaire. Dès son arrivée, :! se mit quand même à l’étude du droit, voulant ainsi réaliser les aspirations qui l’avaient toujours porté vers des études supérieures.

Depuis 1881, date de son admission, M. Belleau s’est peu à peu conquis une réputation de plaideur habile et de sérieux avocat consultant. Dès 1885, il fut élu procureur de Lewiston.

Depuis 25 ans il a pris part à toutes les luttes politiques et municipales que les divers groupes se sont livrées. D'ailleurs, si le combat était dans ses goûts et lui permettait de déployer ses qualités de “debater”’ et d’orateur populaire, il lui fournissait également l’occasion de rendre à sa nationalité plus de services qu’il ne l’aurait fait en se confiant dans ses livres de loi et en ne sortant pas du Barreau. Nous croyons même qu’en voulant jouer un rôle extérieur, il a moins eu en vue de satisfaire à ses aptitudes, de cultiver ses intérêts personnels, que d’être plus généralement utile à ses compatriotes. Battu aux élections de 1886 et de 1890 pour la Législature de l'Etat, M. Belleau fut élu à la Législature de 1893 et de 1899. A chacune de ces sessions parlementaires, M. Beleau prit une part très active et se fit remarquer par son sens pratique des affaires, par ss lucidité d’esprit dans la discussion, par un talent de parole qui vise beaucoup plus à l’idée qu’à l’expression, et dont la conviction ardente semble faite pour prendre d'assaut un auditoire.

En 1893, peu après sa première session à la Législature, M. Belleau recevait du président Cleveland une marque de haute confiance. Il était nommé consul américain aux Trois-Rivières, P. Q. M. Belleau s’acquitta de ses fonctions à la satisfaction générale, et ne sut se créer que des amis. Lors de l'élection du président McKinley, M. Belleau donna sa démission de consul et s’en revint à Lewiston reprendre l'exercice de sa profession. La politique le réclama encore. 1Ilse jeta dans la mêlée. Son parti et ses amis politiques qui n'avaient subi que des défaites depuis son départ pour le Canada reprirent le pouvoir à l’H6tel-de-Ville et moins d’une année après son retour, M. Belleau fut de nouveau élu à la Législature de l'Etat et fait greffier de sa ville adoptive.

C'est par son entremise comme député à la Législature de l'Etat, en 1893, que l'Hôpital des Sœurs Grises reçut sa première subvention. C'est encore ce compatriote qui a fait augmenter cette subvention en 1899 de trois mille à six mille dollars. “Le Healy Asylum” n'a pas été oublié par M. Belleau. A cette même session de la Législature, cette institution recevait aussi la jolie subvention de $3,000. En tout $9,oco pour nos institutions de Lewiston. Et, encore à la dernière session de la Législature de 1901, lorsqu'il s’est agi de demander à l'Etat des subventions plus impartantes, et pour l'orphelinat et pour le nouvel hôpital canadien de Lewiston, M. Belleau mit au service des requérants son expérience des choses parlementaires, sa connaissance des hommes et ne contribua pas peu au succès de la demande. Cette chambre vota la jolie somme de $26,000 pour nos institutions.

M. Belleau s'est marié en 1883, à Mlle Blanche Martel, de Saint- Hyacinthe, Canada, sœur du regretté docteur L.-J. Martel. Il est le pèrc de sept enfants. ;

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