J-E. VENNE
M. J.-E. Venne, propriétaire de L'Indépendant de Fitchburg, est né à St-Jacques de l’Achigan, P.-Q. en 1857. 11 suivit les cours donnés à l'école de son village natal et plus tard fréquenta le collège de Joliette. En 1877 il vint aux Etats-Unis et prit de l'emploi à Springfield, Mass., en qualité de commis en marchandises nouveautés. De là, il alla à Manchester, N.-H., en 1880, continua quelques années à travailler comme commis et en 1887 entra dans les affaires à son compte. Trois ans après, il quittait Manchester pour venir s'établir dans la même ligne, à Lowell, où il demeura une dizaine d'années. Ensuite il vint à Leominster qu'il habite depuis 1898. Là, il s’occupa du commerce en gros et prit une part très active dans les mouvements nationaux, politiques et religieux de la Nouvelle-Angleterre.
ELIE VEZINA.
Elie Vézina naquit le 14 avril 1869 à l'Epiphanie, P. Q., Canada.
Son père, un illettré, mais un admirateur des grands orateurs de la province de Québec, s’imposa de bien lourds sacrifices pour lui procurer une éducation classique au Collège de l'Assomption. La mort de sa mère vint soudainement interrompre ses études, et à l’âge de 16 ans, sans expérience de la vie, n’ayant entrevu d’autres horizons que les bornes de son village natal et les murs de son collège, il se dirigeait à pied—par un froid sibérien—vers la cité de Montréal, où il espérait atteindre l'idéal de bonheur que sa jeune imagination avait rêvé. Il n'y trouva que déceptions, isolement, dégoût. Les luttes de ses premières années contre la faim, l'indifférence, les épreuves de toutes sortes, contribuèrent à former son caractère résolu et combattif qui en ont fait un des Franco-américains les plus en vue des Etats de l'Ouest.
En 1889 il était comptable aux bureaux de MM. Amédée Geoffrion et Dominique Monet, alors à leurs débuts au Barreau de Montréal. Au mois de février 1890, il quittait sa patrie pour aller se fixer à
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Silhouettes de journalistes 303
Muskegon, Michigan, où il fonda un journal hebdomadaire, le Devoir, qu'il rédigeait en collaboration avec M. J.-Edouard Rochon, décédé à Fall-River il y a quelques années. En 1891, il arrivait à Chicago et y continua sa profession de journaliste à la rédaction du Courrier de l'Illinois. En 1895, il accepta une position du juge Orrin N. Carter, aujourd'hui juge en chef de la cour suprême de l'Illinois, dans les bureaux des Commissaires d'Election. Après les élections générales de 1896, le Comité Central Républicain l'installa au bureau d'Enregistrement du comté de Cook, position qu'il occupa jusqu'au mois de juin
Durant ses 20 années de labeurs à Chicago, il s'occupa activement de politique; il organisa, au milieu de grandes difficultés, le Club Républicain Français du comté de Cook, et contribua puissamment à créer chez les nôtres l'intérêt des affaires publiques. Il fut de toutes les organisations patriotiques, sociales et religieuses, et se dévoua surtout à l’œuvre admirable de l’Union St-Jean-Baptiste d'Amérique qu'il introduisit dans l'Illinois, le Michigan et l’Indiana.
Au Congrès spécial de Providence, le 13 décembre 1911, il fut élu secrétaire général de cette grande société nationale, et depuis son élection, il demeure à Woonsocket, R.-I. C'est un tribun puissant que les masses aiment à entendre et à suivre.
Il est marié et père de trois fils qui font sa joie et son orgueil.