‹ Histoire de la presse franco-américaine [microforme]Chapitre 143 sur 220 · J-H. GUILLET · texte numérisé non relu

J-H. GUILLET

Joseph-Henri Guillet est né à Marieville, comté de Rouville, P. Q. en janvier 1853. Ses ancêtres, Pierre Guillet et Jeanne de Saint-Pair, de la Saintonge en France, étaient établis au Cap-de-la-Madeleine au Canada, en 1649.

M. Guillet fit ses premières études au Petit Séminaire de Monnoir et quitta les bancs du collège pour aller s'enrôler dans le régiment des zouaves pontificaux ; il était sous les murs de Rome lors de la prise de cette ville par les troupes de Victor-Emmanuel le 20 septembre 1870. Il revint au Canada en novembre de la même année et en 1871 il alle tenter fortune à Fall-River, Massachusetts, où il demeura jusqu’en 1874. Cette même année il revint à Lowell prendre charge de L'Echo du Canada, journal publié par Honoré Beaugrand.

En 1881 nous voyons M. Guillet prendre l'initiative du mouvement pour protester contre les déclarations du chef du bureau des statistiques du travail de l'Etat du Massachusetts dans son onzième rapport à la législature accusant les Canadiens-français de la Nouvelle- Angleterre d'être les Chinois de l'Est, et des envahisseurs industriels. M. Guillet convoqua ses compatriotes en assemblée, des résolutions énergiques furent adoptées dénonçant ce rapport comme faux et injurieux. Bientôt ce mouvement se propagea dans toutes les principales villes de la Nouvelle-Angleterre. Des requêtes accompagnant ces résolutions furent adressées à la législature du Massachusetts. Une audience d'enquête eut lieu donnant un résultat satisfaisant aux intéressés.

Au mois d'octobre 1881, M. Guillet fut élu président de la troisième convention des Canadiens-français du Massachusetts et du Rhode- Island, tenue à Fall-River, Mass.

En 1884 M. Guillet fonda la société d'imprimerie canadienne-française qui publia L’Abeille, le premier journal quotidien canadien-français publié aux Etats-Unis.

308 Histuire de la Presse Franco-Américaine

En 1888 M. Guillet recevait de notre Saint-Père le Pape Léon XIII la distinction honorifique le créant chevalier-commandeur de l’ancien Ordre de Saint-Sylvestre.

En 1889 il prit une part considérable dans l'opposition au projet de loi du comité de cent de Boston, qui avait pour but de faire disparaître les écoles paroissiales.

En 1895 il fut choisi président du comité de citoyens de Lowell, organisé pour l'érection d'un monument à la mémoire du Rév. Père A.-M. Garin, ©. M. I. Ce monument, que l'on voit près de l’église St-Jean-Baptiste de Lowell, est l'œuvre de notre sculpteur national Philippe Hébert.

M. Guillet est l’un des fondateurs et le premier président de la Société Historique Franco-Américaine. Il est officier d'académie, chef suprème de la grar.de société nationale des Forestiers Franco-Américains, directeur de la Chambre de Commerce, président du comité de l'Alliance Française à Lowell; il a été ie président de la société St- Jean-Baptiste pendant plusieurs termes et le délégué de ses compatriotes aux diverses conventions nationales.

M. Guillet prend toujours un intérêt très vif à tous les mouvements qui ont pour but l'avancement des Franco-Américains.

Il exerce la profession d'avocat à Lowell depuis grand nombre d'années et par son travail et sa fidélité il s'est acquis une réputation bien méritée.

PHYDIME-J. HEMOND.

Né à St-Ferdinand d’'Halifax, comté de Mégantic, P. Q. le 25 juillet 1875. Fit ses études au Séminaire de Québec. En 1900, au Journal de Fall-River, sous la direction de M. Laflamme. Sept ans à la Tribune de Woonsocket. Trois ans secrétaire de la rédaction à L'Union Fut membre fondateur du Cercle Dauray et du Cercle Tardivel, puis trésorier général de l’A. C. J. F.-A. Secrétaire intérimaire de l’Union St-Jean-Baptiste d'Amérique sous la tutelle du commissaire Chafee. Candidat au secrétariat de l’Union St-Jean-Baptiste au Congrès de Providence.

Depuis sa défaite qu’il a acceptée en philosophe, il s’est remis à propager les bons livres français. Sans fortune, il porte sa librairie dans une sacoche, ce qui ne l’a pas empêché depuis quatre ans de répandre plus de soixante mille volumes, entr'autres les ouvrages du

Silhouettes de journalistes 309

Père Louis Lalande, de Mgr Stang, du Cardinal Gibbons, des poètes Pamphile Lemay, Poisson, l'Histoire du Canada de Ferland, etc.

Sa nouvelle profession, peu lucrative, mais bien faite pour exercer son zèle, lui a permis de s'occuper activement et de façon pratique, de l'œuvre des cercles Lacordaire anti-alcooliques. Il vient d'être élu secrétaire du Cercle Lacordaire No 4 de Woonsocket, qui a le privilège de posséder les salles les plus luxueuses de la ville et qui se compose déjà de trois cents membres, en grande majorité des convertis du Père Jacquemet, Dominicain de Fall-River, l’apôtre renommé de la tempérance.

M. Hémond a épousé Mlle Selfrède Fontaine, de Central Falls, R.-i., le 14 juillet 1902, et se réjouit d’être le père de six enfants. Il est d’avis que plus les familles sont nombreuses, plus elles sont heureuses.

Page 1