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Mais revenons à la convention des journalistes de 1906. Elle a fait époque dans les annales de notre journalisme. Le retentissement qu’elle eut alors vaut qu’elle soit consignée spécialement dans cette histoire du mouvement journalistique français aux Etats-Unis. Il y avait peu de temps que le fameux incident de Fall-River s'était produit, cet incident qui avait donné lieu à une polémique si véhémente entre certains journaux. Les esprits étaient à peine refroidis. M. Laflamme, qui avait rempu plusieurs lances avec M. de Tonnancour à propos de cet incident, pour prévenir le retour de divisions aussi pénibles dans notre journalisme, résolut de convoquer les journalistes en congrès et il invita tous les journaux à s’y faire représenter. Plusieurs journaux n'avaient pas de représentants à la réunion, mais à la dernière heure ils firent parvenir leur adhésion à tout ce que le congrès jugerait bon d'adopter. C’est ainsi que l’on vit le nom de G. de Tonnancour, de L’Indépendant, quoiqu'il ne fût pas présent, figurer au bas des résolutions adoptées en compagnie de celui de J.-L.-K. Laflamme. Ces deux ardents adversaires de la veille se trouvaient ainsi à enterrer la hache de guerre. Le hasard ménage ainsi de curieux retours. Pendant un temps on se chamaille, on se dit de gros mots et on finit par se rencontrer sur un terrain commun où l'on est surpris de se trouver mutuellement d'accord sur les principes généraux.
Ce congrès de journalistes coïncidait avec la convention biennale de l’Union Saint-Jean-Baptiste d'Amérique, qui avait lieu cette annéelà à Woonsocket. A leur première réunion les journalistes, après une discussion qui se prolongea à une heure avancée ce la nuit, constituèrent un comité qui devait préparer des résolutions et en faire rapport à la séance du lendemain. Ce comité était composé de MM. Laflamme, Couture, Bonneau, Brochu et LeBoutillier. Le iendemain, 26 septembre, les journalistes avaient une deuxième et dernière séance à laquelle ils mirent la dernière main à l’organisation de la nouvelle association et adoptèrent le projet de résolutions que le comité avait hâtivement préparées, sauf quelques légères modifications. Ces résolutions constituaient tout un programme touchant aux questions vitales qui intéressent notre nationalité. Aussi furent-elles endossées avec enthousiasme par la convention de l’Unior Saint- Jean-Baptiste. Cette année-là M. Adélard Archambault était maire de Woonsocket. À leur deuxième séance les journalistes eurent le
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Les journalistes en association 317
plaisir et l'honneur de recevoir sa visite. Comme l’on peut bien penser, il fut reçu avec enthousiasme. Il fut résolu de fonder une association de journalistes franco-américains, et le bureau de direction suivant fut choisi pour le prochain semestre: président, J.-L.-K. Laflamme ; secrétaire, J.-E. Brochu; trésorier, Dr Janson-Lapalme.
Tous les journaux quotidiens publièrent le même jour les résolutions des journalistes, qui furent reproduites par les journaux non quotidiens et la plupart des journaux du Canada. Elles eurent du retentissement surtout en raison de l’article relatif au clergé national. C'était une question brûlante qui était susceptible de soulever des critiques et des blâmes en certains milieux ecclésiastiques. Nous croyons que notre rôle d’historien nous justifierait de relater ici la protestation qui fut faite alors et qui partit de haut lieu, mais comme nous tenons à ne dire quoi que ce soit pouvant réveiller d'anciennes animosités, nous avons cru qu’il était mieux Ge ne reproduire que les résolutions. En effet, nous n'avons pas à nous prononcer sur la question de savoir si les journalistes, en formulant leurs vœux à l’égard du clergé national, empiétaient cu non sur un terrain exclusivement du domaine de l'autorité épiscopale. Voici le texte des résolutions:
Résolutions adoptées par l’Association des journalistes franco-américains à Woonsocket, R.-I., le 26 septembre 1906.
Les journalistes franco-américains de la Nouvelle-Angleterre, réunis en convention à Woonsocket, R.-I. les 25 et 26 septembre 1906, désireux de suivre un programme d'action qui leur soit comrrun à tous pour la défense des questions d'intérêt vital pour l'élément franco-américain, adoptent les résolutions suivantes comme résumant les points essentiels dont ils ne doivent pas s’écarter dans la défense de la cause nationale: