‹ Histoire de la presse franco-américaine [microforme]Chapitre 159 sur 220 · MLLE YVONNE LEMAITRE · texte numérisé non relu

MLLE YVONNE LEMAITRE

Mile Yvonne Lemaître est une femme de lettres qui a écrit dans les langues française et anglaise. En ces dernières années cependant elle n’a guère écrit qu'en anglais au service d'un journal de Lowell, mais comme elle a débuté dans le journalisme à L'Etoile de Lowell et que par la suite elle a beaucoup écrit dans un autre journal français de Lowell, maintenant décédé, le F ranco-Américain, elle doit avoir une place dans cette galerie biographique.

Mile Yvonne Lemaître est née à Pierreville, province de Québec. Venue aux Etats-Unis à l’âge de dix ans, elle n’a fréquenté que l’école publique. C'est dire que sa première instruction fut exclusivement anglaise. Mlle Lemaître prétend qu’elle écrit médiocrement le iran- Sais. À la lecture de ses chroniques cependant on ne dirait pas qu'elle n’a eu aucune formation scolaire en français. Elle a eu le talent et le rare mérite de s'instruire elle-même dans notre langue. Elle est parvenue ainsi à écrire correctement et maîtriser les difficultés de notre langue par une lecture soutenue des meilleurs auteurs français. Elle débuta donc à L'Etoile en 1902 par des chroniques qui furent beaucoup remarquées et reproduites par les autres journaux. En 1904 elle entra à la rédaction du Courier-Citizen de Lowell. Dès l’année suivante, en 1905, elle fit un voyage en Europe, visitant Paris, où elle séjourna quelque temps, passant en Allemagne et en Hollande. En même temps elle envoyait des récits de son voyage au Courier- Citizen. En 1908 elle fit un autre séjour en Angleterre et en Ecosse pendant lequel elle écrivit dans le même journal ses notes de voyage. Âu retour de ce voyage elle se remit à écrire en français des chroniques dans le Franco-Américain, journal alors existant à Lowell.

Les femmes journalistes 333

Mlle Lemaïître, après sept ans au service du Courier-Citizen, donna sa démission pour accepter une position toute d'honneur et de confiance, dans le champ des lettres anglaises. Elle est partie au mois de mai 1911 pour aller se fixer à Paris en qualité de correspondante de certains grands journaux américains à tendances littéraires, entre autres le Boston Transcript.

A l’occasion de son départ pour la Ville-Lumière, Mile Lemaître tut l'objet d'appréciations flatteuses de la part des journaux. Le Sunday Telegram de Lowell publia la courte phrase suivante, qui en dit long dans sa concision: “Dans le départ de Yvonne Lemaître pour un champ de labeurs étranger, le journalisme de Lowell perd sa lumière la plus brillante.”

Dans le Courier-Citizen, M. Marden, le rédacteur en chef, écrivit ce qui suit:

“Les lecteurs du Courier-Citizen, pas moins que le personnel de ce journal lui-même, auront raison de regretter le retrait de Mile Yvonne Lemaître du corps d'écrivains du journal. Mlle Lemaître, qui se propose de résider désormais à Paris, a été ure collaboratrice régulière dans ces colonnes pendant plusieurs années, premièrement en charge des nouvelles franco-américaines, mais fournissant en sus de nombreux articles d’une nature spéciale se rapportant à la littérature française et des sujets artistiques dans une veine particulièrement heureuse et captivante. C’est un plaisir d’attester de l’appréciation par les rédacteurs de cette œuvre admirable—une appréciation qui a été pleinement partagée, j'en suis sûr, par tous les lecteurs du Courier-Citizen.”

Enfin, disons pour terminer cette courte esquisse, que Mlle Lemaître est la cousine-germaine de Charles Gill, de Montréal, le poète canadien bien connu.

BLANCHE-YVONNE (Mme Leroux.)

Mme Leroux, de Providence, mieux connue dans le monde littéraire sous le nom de plume de Blanche-Yvonne, est une femme de lettres d’un très grand mérite, comme on peut en juger par les chroniques qu’elle a publiées et qu’elle publie encore présentement dans L'Opinion Publique. Elle est née à Saint-Urbain, comté de Chateauguay, P. Q. en 1876, mais elle a passé la plus grande partie de

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