CHAPITRE TRENTE-SIXIEME Souvenirs et anecdotes
OUS ce titre nous allons réunir certains faits se rattachant au sujet général qui fait la matière de ce livre tels que les notes eparses dans nos cartons nous les offriront ou au fur et à mesure qu’ils se présenteront à notre mémoire. On voudra bien nous excuser s’il n’y a pas beaucoup de
suite dans ces souvenirs. Au reste il nous semble que cette rubrique
seule est suffisante pour indiquer qu'il ne saurait en être autrement.
Ils sont rares les journalistes canadiens des Etats-Unis qui ont fait
fortune, et les quelques privilégiés qui ont vu la fortune leur sourire
ont obtenu leur succès en dehors de leur qualité de journaliste aux
Etats-Unis. Honoré Beaugrand s’est enrichi après avoir abandonné
le champ de ses premières armes aux Etats-Unis, avec la Patrie qu'il
avait fondée à Montréal, et Victor Bélanger mène encore aujourd’hui la vie en douceur dans la capitale de la France avec le fruit de ses inventions. En général cependant les journalistes, qui ont tenté de
se faire un revenu suffisant pour vivre, sont rarement parvenus à
leur dessein depuis quarante ans et plus.
D'autres journalistes comme T.-F.-X. Beaudet, après avoir peiné dans cette carrière pendant un certain temps, ont fini par devenir fonctionnaires du gouvernement. M. Beaudet, inspecteur du bureau d'immigration du gouvernement américain à Vancouver, C.-A., nous écrivait en 1905: “Quant à ce que j'ai pu faire comme journaliste pour le bien et la cause des nôtres c’est très peu de chose. La preuve en est que si dans l’autre monde je ne suis pas récompensé pour les quelques a“nées employées dans cette carrière j'aurai des zéros, là, comme sur la terre. Pauvres diables de journalistes canadiens-français! Une vie toute de dévouements, qui ne rapporte que des déboires, qui at-
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tache à sa tâche le zèle illusionniste, bien que souvent il soit obligé de se serrer le ventre pour ne Pas entendre crier la faim et, par ce truc, plus noble qu’utile ou apprécié, il parvient à mettre sous presse— au jour—un dernier numéro. Pauvres journalistes canadiens-français des Etats de l'Ouest! (Ce sont eux surtout que je connais.) Il est vaste le cimetière de nos journaux canadiens-français. C’est une heureuse idée que vous avez eue, M. Belisle, que de vouloir marquer la fosse et écrire l’épitaphe de chacun d'eux. Merci pour les Trépassés qui ont trouvé en vous un ami.”
Ce tableau si bien dépeint par M. Beaudet n’est pas surchargé. Ils ne sont pas peu nombreux en effet les Pauvres journa!;:tes dont le ventre criait famine et qui n’ont eu pour récompense que la gloire ou la satisfaction de s'être sacrifié pour la nationalité.
Ferdinand Gagnon était parvenu à rendre payant son journal le Travailleur. Mais il n’en avait pas toujours été ainsi. Les débuts du Travailleur furent plutôt modestes. Avant le Travailleur il avait publié le Foyer Canadien à Worcester, lequel avait été précédé de L'Etendard National, son premier journal à Worcester, dont le premier numéro sortit le 3 novembre 1869.
Dans l'enfance de notre presse canadienne des Etats-Unis il fallait ménager sur toutes choses si l’on voulait joindre les deux bouts. M. Gagnon, au commericement de sa carrière n’engageait pas même de charretier pour transporter son journal à la poste. Il portait luimême son tirage au bureau de poste dans une “poche” sur son dos. Qu'on ne se récrie pas, il était de taille à porter un bon poids pour peu que son tirage fût considérable—M. Gagnon était un colosse pesant alors plus de 200 livres.
Ferdinand Gagnon était un patriote éprouvé; il tenait haut et ferme le drapeau de la nationalité. Cependant, chose singulière, à sa mort il n’appartenait à aucune société dite nationale, bien qu’alors la société Saint-Jean-Baptiste de Worcester fût une société florissante. Il avait néanmoins appartenu quelque temps à la société Saint-Jean- Baptiste de Concord, N.-H., durant son séjour dans cette ville, alors qu’il n'avait pas vingt ans, vers 1868.
Un brave homme typographe, feu M. Godfroi Labelle, publiait à Woonsocket, le Réveil (1875) en société avec feu J.-A. Daigneau. Au cours d’une polémique, M. Labelle s'était aventuré de dire son petit mot. Or ce Labelle était affigé d'un goître. Gagnon répliqua avec cet esprit mêlé de malice qui lui était particulier: “Jusqu’au prote qui fait “la belle,” se renfle la gorge et chante comme un rossignol.”
Feu P.-C. Chatel, dans son journal, le Jean-Baptiste, qu’il publiait à Northampton dès l’année 1875, cette année-là combattait le rapatriement que préconisait Ferdinand Gagnon dans le Travailleur. Pour que Gagnon en agît de cette façon, il n’y avait rien d'étonnant, car il était agent de rapatriement pour le gouvernement de Québec. Or celui-ci dirigeait des Canadiens de la ‘“cuvelle-Angleterre sur les terres de colonisation des Cantons de l’Est, notamment dans le canton de La Patrie. En juillet 1877, dans un article contre le rapatriement, Chatel avait intercalé le couplet suivant, qui violait outrageusement les règles de la prosodie, mais avait du moins le mérite de rendre clairement la pensée de l’auteur:
Partant pour “La Patrie,” Un plein char de colons, Pour faire de l’abattie Dans ce vaste Canton
Ils ont mangé des croûtes, Ne faut pas er douter,
Et regrettant sans doute Les jobs qu'ils ont quittés, Et regrettant sans doute Les jobs qu'ils ont quittés.
Le 2 août suivant, le Canadien de Québec lui tomba dessus à bras raccourcis.
H. Beaugrand avait fondé L'Echo du Canada à Fall-River, puis la Petite République, qui fut suivie de la République, publiée au No 33 rue Bromfield, Boston. Les polémiques étaient toujours à l’ordre du jour dans notre presse.
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Gagnon traitait Beaugrand de franc-maçon et de juif errant et sa République de cerf-volant et il écrivit “Le Juif Errant et sa progéniture n’ont pas été créés et mis au monde pour aimer Dieu, le servir et acquérir la vie éternelle. Le juif errant, à l’en croire, a une mission, c'est d’être une espèce de fléau—un ‘“rot-gut” qui emporte la guêle, (style cerf-volant,) autrement dit un mors d' bride.”—17 janvier 1878.
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Au reste les prises de bec entre Beaugrand et Gagnon étaient choses fort ordinaires et avaient commencé bien avant l'incident que je vous viens de mentionner. Dès 1875 les polémiques étaient vives entre ces deux journalistes. En cette année-là l’une de ces polémiques faillit avoir un dénouement tragique. C'est-à-dire que si Gagnon eût relevé le gant lancé par Beaugrand, il y aurait eu probablement du sang de répandu, car celui-ci avait défié le premier dans un combat singulier en champ clos. Gagnon refusa de risquer sa vie, estimant qu'il devait vivre pour combattre par la plume pour les bons principes et que d’ailleurs sa famille avait besoin de lui. Cet incident plutôt burlesque est rappelé dans un article paru dans L’Opinion Publique le 1er avril 1911, à propos d’un cartel du rédacteur de L’Abeille à celui de la Guépe de la Nouvelle-Orléans. Voici:
L'incident de la Nouvelle-Orléans où M. Armand Capdevielle, rédacteur de L’Abeille, envoyait un cartel à M. J.-G. de Baroncelli, ces jours derniers, rappelle un incident semblable survenu en décembre
Honoré Bcaugrand publiait alors, à Fall-River, la République; Ferdinand Gagnon publiait le Travailleur à Worcester. J.-A. Daigneau, à Woonsocket, avait le Courrier du Rhode-Island, tandis que Pierre-Camille Chatel était à Northampton, Mass., le rédacteur du Jean-Baptiste.
C'est de l’histoire ancienne dont il est question ici, des choses ignorées ou complètement oubliées.
À cette époque les quelques journaux français publiés dans la Nouvelle-Angleterre, cherchaient leurs abonnés dans tous les centres, même très éloignés du lieu de leur publication, afin d’avoir un tirage suffisant pour en payer les frais et un maigre revenu pour vivre. M. Gagnon était l’homme en vue; il avait été membre du comité d’organisation de la grande fête de Montréal en 1874 et il était agent de rapatriement pour la province de Québec. Tous ces journalistes étaient jeunes, pleins d'enthousiasme, d’ardeur et d’ambition: leur caractère était à peine formé, leur sang français était souvent en ébullition:
aussi ils étaient souvent aux prises pour avoir la suprématie.
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Gagnon, âgé de 26 ans, était considéré comme un ultramontain ; Beaugrand était libre-penseur et se vantait d'être franc-maçon.
Durant l'automne de 1875, la tempête battait son plein. Gagnon faisait face à la fusillade qui chaque semaine lui arrivait des trois confrères, aussi ne les ménageait-il pas. La coupe était remplie à l'approche de Noël et en répondant à Beaugrand qui le traitait d’hypocrite, Gagnon faisait le portrait de l’hypocrite à peu près comme suit: “M. Beaugrand fait de la religion dans son journal et avec ses amis il se vante d’être franc-maçon; il méprise les choses saintes et ne fait pas baptiser ses enfants, tout en feignant d’avoir des principes devant ses compatriotes qu'il exploite. Nous avons fini avec lui: qu'il continue avec sa truelle de franc-maçon à nous jeter de la boue, nous n’aurons rien à lui dire”
Le numéro suivant de la République contenait un article dans lequel Beaugrand provoquait Gagnon en disant: “Dieu vous a fait infirme. La nature vous a fait cadeau d’un physique qui pourrait au besoin servir de cible pour l'exercice de tir d’un régiment d’infanterie à 1000 mètres. (M. Gagnon pesait alors près de 275 livres.) A son apparition sur les rues de Worcester, les enfants s’écrasent, les grand'mères saisissent leurs chapelets et les commères jubilent: c'est Croquemitaine Gagnon.” Puis il terminait cet article accompagné d'une lettre personnelle. “S'il vous prenait par hasard envie d’assumer le rôle d'homme de cœur, ne serait-ce que pour un seul jour, je serais alors heureux, très heureux d’avoir de vos nouvelles”
Gagnon n'était pas de ceux qui refusent la lutte pour les principes, mais il se croyait plus utile avec la plume qu'avec une épée.
Voici sa réponse:
“Arrêtez là, spadassin, nous avons trop de cœur, de courage, nous ne sommes pas assez lâche pour exposer notre vie sous les coups de votre lame de Tolède. Nous sommes nécessaires à notre famille (il avait trois enfants,) nous avons des enfants, M. Beaugrand, et ils sont baptisés, ces enfants ont besoin de nous. Nous ne vous ferons jamais l'honneur de descendre en champ clos avec vous. Nous nous respectons trop pour cela.”
L'incident fut clos.
Deux ans plus tard, Beaugrand quittait les Etats-Unis pour aller demeurer à Montréal, où peu de temps après il fondait la Patrie. Tous ces personnages sont disparus.
Daigneau, qui avait eu quelque chose à faire dans le fameux “Duel à Poudre” de St-Hyacinthe, quelques années auparavant, mourut en décembre 1876, Gagnon er 1886, Chatel en 1903 et Beaugrand il y a une dizaine d'années, à Montréal.
Voici une autre anecdote au sujet de M. Gagnon: Cet homme si justement estimé et dont la mémoire est encore si
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pieusement conservée parmi les survivants de son temps, nous disait un jour qu'il avait été clerc dans le bureau de feu Honoré Mercier, plus tard premier ministre de la province de Québec dans le temps où ce dernier était un chaud conservateur. Le jeune Gagnon faisait des discours en faveur du parti libéral et Mercier lui faisait souvent des reproches pour l'empêcher de se mêler “à ces canailles de libéraux.” Quelques années plus tard. comme l'on sait, Mercier était dans le parti de ses anciens adversaires. et Gagnon, vivant aux Etats- Unis, était un conservateur à tous crins.
C'était lors de la seizième et dernière convention de l'Union des Sociétés, qui eut lieu à la fin de l'été 1881. La presse canadienne du temps était représentée par J.-E. Chagnon du Courrier de Montréal, B. Samson du Quotidien de Lévis, L.-E. Carufel de L'Abeille de Lowell. Victor Bélanger, du Courrier de Worcester, Alexandre Belisle fils, du Travailleur de Worcester, Adolphe Ménard et Léon Rheims du Jean-Baptiste de Northampton, Léandre Boudreau, de L'Echo des Canadiens de Manchester. Le Dr Victor Mignault ouvrit la convention et le Rév. M.-O. Boucher fit la prière d'ouverture. Le premier jour tout alla bien, il y avait même un certain enthousiasme qui augurait bien. Le soir la société Saint-Jean-Baptiste, avec fanfare en tête, escortait les délégués à l'hôtel de ville, où eut lieu une bien jolie soirée: des chants canadiens par un bon club de Montagnards, des discours, puis de la danse. L’Hon. M. Mousseau, qui fut premier ministre de la province de Québec et plus tard juge, avait été invité et s'était fait remplacé par M. Chagnon de Montréal, qui fit un joli discours, de même que M. L.-E. Carufel, de Lowell. Victor Bélanger, qui publiait le Courrier à Worcester, était un type qui trouvait moyen de se faufiler dans toutes les conventions et il avait la manie de vouloir faire des discours à tout prix, qu’il fût appelé ou non.
Quoiqu'il en soit, à cette convention à Lawrence en 1881, Bélanger voulait absolument faire un discours, selon sa louable habitude, mais le comité en avait décidé autrement. Il avait probablement eu vent de cet ostracisme, c’est pourquoi quand ils jugèrent que le moment propice était arrivé, des amis qui avaient apparemment reçu le mot d'ordre, dispersés dans la salle, appelèrent à grands cris le nom de Victor Bélanger. Mais le Dr Mignault, qui était le président de la convention, annonça qu’il n’y aurait plus de discours. L’orchestre
des frères Marin prit sa place sur l'estrade et les jeunes gens se dégourdirent à qui mieux mieux. Quand vint le temps de l'intermède à minuit, le propriétaire du Courrier de Worcester escalada les degrés de l'estrade et commença son discours en disant que d’après la décision du président de la soirée, il avait cru comprendre qu'il fallait être “immaculé pour porter la parole devant cette honorable assemblée.” Puis continuant, il prononça une de ces harangues dont lui seul était capable. Après avoir fait passer ses auditeurs par le Canada et les “vieux pays,” revenant en Amérique, il termina une péroraison enflammée en proclamant avec emphase que sous le drapeau étoilé nous aurions tous le “bonheur de l'éternité.” Les journalistes présents n'eurent pas, dans le temps, la complaisance de reproduire ce discours; j'en reproduis ici ces quelques mots, car ils méritent de passer à la postérité en raison de leur originalité.
Ces assises nationales de Lawrence en 1881 marquèrent la fin de l’Union des Sociétés et l'ère de ses conventions générales était passé.
C'est égal, les excentricités de Victor Bélanger ne l'ont pas empêché d'acquérir la fortune, au moyen de laquelle il vit maintenant dans la capitale de la France c-mme un bourgeois bien renté, tandis que ceux de ses anciens collègues de cette convention de Lawrence de 1881 qui ont survécu jusqu’à ce jour ont eu à continuer la lutte pour les nécessités de l'existence.
Pour que des journaux français puissent s'implanter aux Etats- Unis, il a fallu que l'influence française s’y exerçât de quelque façon. Avant l’émigration en masse des Canadiens, à différentes époques depuis le commencement du siècle des familles canadiennes ou des voyageurs, des aventuriers avaient traversé la frontière et s'étaient répandus dans toutes les parties de l'immense république et jusque dans le “Far West” (l'extrême ouest) et les Etats du Sud. On trouve même au dix-huitième siècle des traces d'établissement par les Canadiens dans les colonies anglaises. C’est ainsi que d’après Benjamin Sulte, les Canadiens fondaient dans la Pennsylvanie des établissements permanents dès 1720-1735. Les descendants de ces premiers émigrés canadiens se sont fondus depuis longtemps dans l'élément américain. Plusieurs familles de huguenots français s’établirent aussi au cours du dix-huitième siècle, dans la Nouvelle-Angleterre, notamment à Boston, Oxford et Worcester, qui n’était alors qu’un bourg.
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Les descendants de ces huguenots également ont été américanisés rapidement. Ces éléments ont donc peu contribué à la propagation de l'influence française aux Etats-Unis.
L'influence française dans les Etats de la Nouvelle-Angleterre commença à se faire sentir sérieusement dès avant la guerre civile par suite de l'émigration des Canadiens de la province de Québec, qui traversaient la frontière et se répandaient surtout dans le Massachusetts, où les industries offraient un meilleur champ pour leur activité. La plupart des familles de cette première génération virent la fondation de nos premiers journaux canadiens des Etats-Unis. Worcester particulièrement, était déjà un centre important pour l’époque dès l’année 1852. Les quarante familles canadiennes qui y étaient alors fixées achetaient un terrain et posaient les fondations de l’ancienne église Ste-Anne. Cette même année-là les quelques Canadiens de Worcester fondaient une société Saint- -Jean-Baptiste. Si l’on remonte encore à bien des années avant, on trouve qu'en 1823 il y avait à Worcester trois familles canadiennes-françaises. En l’année 1853 le père de l’auteur venait d'arriver à Worcester. Parti de Saint-Marcel, P. Q., en 1848 à l’âge de 18 ans, pour les Etats-Unis, il se fixa d'abord à Westfeld, puis à Millbury et finalement vint s’établir à Worcester où plus de cinquante ans après il décédait le samedi 14 mars 1903. Îl fut marié à Millbury par le Rév. Z. Lévesque, le premier missionnaire canadien qui a desservi les Canadiens dans le centre de la Nouvelle-Angleterre, avec Mile Marie Dorval. Mme Belisle était née à St-Ours, P. Q., le 8 mars 1832. Ses parents, Louis Dorval et Marie Benoit, quittèrent le Canada en 1834 et vinrent à Millbury, Mass., non loin de Worcester, puis Hamlet, dans le Rhoie- Island, un faubourg de la ville de Woonsocket. La population canadienne était alors très restreinte et elle était disséminée en petits groupes sur un vaste espace dans cette partie de la Nouvelle-Angleterre. Le Rév M. Lévesg'ee, le premier missionnaire de cette région, dès 1849 avait sa résidence a Millbury et de là il desservait à tour de rôle les Canadiens à Worcester, Spencer, Southbridge et Woonsocket. C'est le 10 juillet 1853 qu'il bénissait à Millbury lc mariage de M. et Mme Belisie. En ce temps-là les mariages de Canadiens étaient clairsemés, et parfois il arrivait que les futurs conjoints ne pouvaient trou-
ver un prêtre canadien pour les unir. Du mariage de M. et Mme Alexandre Belisle naquirent quinze enfants, dont sept survivent aujourd'hui.
L'Opinion Publique du vendredi, 10 septembre 1909, publiait sous notre signature, l'article suivant:
1869—10 septembre—1900.