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La presse française au Michigan 41
“C'est avec regret que je le dis, l’idiôme de nos pères s’est affaibli parmi les enfants du sol au point qu’on semble avoir honte de le parler. Le résultat a été que l'indifférence, mêlée avec un peu de jalousie contre les gens de leur propre sang, leur a fait céder le pas à l'étranger et leur a fait perdre cette prépondérance qu'ils auraient dû toujours conserver sur tous CEUX qui les environnent. Du moment qu'ils cessèrent de parler leur langue maternelle, ils perdirent leur point de ralliement, d'union et d’association. En laissant ainsi s’affaiblir leur influence première, ils virent chaque jour leur nationalité tomber en lambeaux. Près de succomber sous le poids de leur indifférence, quelques amis de la nationalité voyant l’abîime qu'ils creusaient sous leurs pieds, font depuis quelques années un effort suprême afin de les placer dans la position que l’apathie leur a fait perdre; c'est pour cela qu'on fonde des sociétés de bienfaisance, de littérature, d'histoire et de secours mutuel. C'est le seul moyen qui reste pour sauver ici du naufrage les descendants de la noble France.”