UNE INSTITUTION
A cette époque, le Courrier des Etats-Unis était devenu une institution pour ainsi dire inébranlable, marchant constamment dans la voie du progrès. Il avait fallu de longues années pour l’établir sur des bases solides, mais il n’allait être confié plus tard qu’à des hommes de valeur dont le seul but allait être de poursuivre et agrandir l’œuvre si bien commencée. Dans sa marche en avant, le Courrier n’allait plus, grâce à ces hommes, rencontrer aucun obstacle.
Un vieil adage français assure qu’il est impossible de contenter tout le monde. Le Courrier des Etats-Unis a plu à un grand nombre de personnes, d’autres n'ont pas été aussi satisfaites et ont exprimé leur mécontentement en fondant des feuilles rivales. L’histoire a prouvé que ces tentatives ne répondaient pas à un besoin puisqu'elles furent toutes infructueuses. Le Courrier seul a survécu; il a donc su plaire à la majorité. Pendant le demi-siècle qui a suivi, il a assisté impassiblement aux efforts de ceux qui ont tenté de lutter contre lui; il a vu s’éteindre successivement toutes les tentatives de concurrence et il a toujours tendu la main aux confrères malheureux, se rappelant que s'ils avaient tenté un moment une lutte pour ainsi dire désespérée, ils étaient avant tout Français.
Supplément 363
Charles Lassalle poursuivit donc avec succès l’œuvre de ses devanciers. En juillet 1870 il s’associa avec M. Léon Meunier, et en février 1877 M. Henry-P. Sampers fut choisi comme administrateur. Sous la direction de ces trois hommes, le Courrier des Etats-Unis progressa constamment et connut bientôt ses plus beaux succès. Quelques années plus tard Charles Lassalle se retira et MM. Meunier et Sampers devinrent seuls propriétaires. M. Meunier se retira bientôt à son tour et M. Henry-P. Sampers entreprit alors seul la direction du journal, qu’il devait amener par la suite à une époque de prospérité telle que le Courrier n’en avait jamais encore connue, et qu’il ne devait abandonner qu’à sa mort. Plus actif encore que tous ses prédécesseurs, Henry-P. Sampers travailla sans trève au succès de l'entreprise, lui sacrifiant tout son temps et toute son intelligence. C’est lui qui nous inculqua les principes que nous nous efforçons de suivre aujourd’hui.