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DEPART DE M. GAILLARDET

M. Gaïillardet se retira au début de l’année 1848, passant les fonctions de directeur en même temps que celles de rédacteur en chef à M. Paul Arpin. M. Gaillardet quitta les Etats-Unis mais il n’abandonna pas le Courrier; pendant dix années encore il continua à envoyer de Paris ses correspondances uniques peut-être dans les annales du journalisme américain et dont nous publions plus loin quelques extraits.

Pendant l’administration de M. Arpin, le Courrier poursuivit sa marche en avant. Pour en donner une idée, voici un extrait de l’article que le nouvel administrateur publiait dans le numéro du 30 août 1848:

“C'est le 10 avril que nous avons pour la première fois signé le Courrier des Etats-Unis; et cette date seule indiquait le redoublement d'activité que nous voulions imprimer au journal, car elle devançait le jour de publication régulière. Nous n’avons jamais manqué de montrer le même empressement, toutes les fois que les arrivages d'Europe l'ont exigé. Mais cela ne nous a pas suff, et des numéros supplémentaires, publiés avec une grande rapidité et quelquefois coup sur coup, sont venus prouver à nos abonnés que notre unique préoccupation est de leur donner les nouvelles le plus promptement possible en même temps que sous leur forme la plus complète et la plus développée. A diverses reprises, le Courrier a paru deux fois dans un même jour: ainsi le jeudi, 20 avril, le numéro régulier venait d’être expédié, lorsque le paquebot “Duchesse-d'Orléans” entra dans le port. Il n’appor-

tait que l’historique de trois jours, mais cet historique n'était pas sans importance : une nouvelle feuille paraît dans l’après-midi.

“Le 12 juillet, le journal avait été publié à son heure ordinaire; dans l’après-midi, le télégraphe nous transmet un premier récit des journées de juin; nous passons la nuit à traduire la dépêche, en la complétant au moyen des journaux anglais qui nous parviennent par express, et de grand matin, le Courrier donne des nouveiles plus complètes déjà que celles de ses confrères américains. À peine avons-nous achevé, qne nos journaux de France et nos correspondances nous sont transmis par la poste, nous nous remettons à l’œuvre, et dans l’aprèsmidi, un journal entièrement nouveau présente tous les détails des funèbres journées. En moins de trente heures, le Courrier avait paru trois fois !”?

C'est sous la direction de M. Paul Arpin que le Courrier des Etats-Unis devint un journal quotidien, paraissant tous les jours, sauf le dimanche, au lieu de paraître trois fois par semaine. Cette réforme eut lieu au début de l’année 1851.

Deux ans plus tard, M. Paul Arpin quitta à son tour la direction du journal qui passa à M. Charles Lassalle. Pendant la direction de ce dernier l’entreprise ne cessa de prospérer. M. E. Masseras, qui avait monté à cette époque le Phare de New-York, le seul concurrent sérieux que le Courrier ait jamais eu, abandonna même la tentative et décida de s’allier avec M. Lassalle quand il devint le rédacteur en chef.

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