‹ Histoire de la presse franco-américaine [microforme]Chapitre 177 sur 220 · L'ABEILLE DE LA NOUVELLE-ORLEANS · texte numérisé non relu

L'ABEILLE DE LA NOUVELLE-ORLEANS

La Louisiane fut une terre extrêmement fertile pour les journaux. Le plus grand nombre de ceux qui y ont vu le jour sont aujourd’hui disparus, mais il en est un, entre tous, qui est resté debout et qui a survécu à toutes les tempêtes qui ont emporté ses confrères nés avant

Supplément 369

et depuis sa fondation, c'est L'Abeille de la Nouvelle-Orléans. Le er septembre 1907, L'Abeille célébrait le quatre-vingtième anniversaire de sa fondation. Ce journal a donc aujourd'hui 84 ans d'existence. Il est de six mois plus vieux que le Courrier des Etats-Unis. Le premier numéro de L'’Abeille sortit le 1er septembre 1827 et le premier numéro du Courrier des Etats-Unis le 1er mars 1828. L'Abeille eut une existence mouvementée. Elle a vu bien des événements politiques, elle a enregistré dans ses colonnes bien des faits retentissants, y compris cette terrible guerre civile qui avait pour but d’affranchir les esclaves du pays de la Louisiane et qui bouleversa si profondément celui-ci. Aujourd’hui, sous l’habile direction de M. Armand Capdevielle, qui en est l'administrateur depuis 1885, L’A beille est un organe quotidien des populations de langue française de la Louisiane.

L'histoire de L’Abeille est un récit des plus captivants. Elle a été consignée dans les colonnes de ce journal, numéro du dimanche 1er septembre 1907, à l’occasion du 80e anniversaire de sa naissance. Comme dans le cas du Courrier des Etats-Unis nous avons cru que nous ne pouvions faire mieux que de reproduire les parties saillantes de ce récit. Nous y verrons incidemment une histoire à grands traits des autres journaux ou du moins quelques-uns d’eutre eux, qui ont existé sur la terre louisianaise.

FONDATION DE L'ABEILLE PAR FRANÇOIS DELAUP La Presse Orléanaise avant 1827

L’Abeille de la Nouvelle-Orléans a été fondée le 1er septembre 1827 par M. François Delaup, natif de St-Dominigue qui était venu à la Nouvelle-Orléans en 1809 et qui y avait appris le métier d’imprimeur-typographe. Quand M. Delaup cessa d’être le propriétaire de L’A beille il resta attaché au journal comme prote jusqu'à sa mort.

I1 se publiait à la Nouvelle-Orléans deux journaux ayant une partie française: le Coi ‘rier de la Louisiane, fondé en 1808 par MM. Thierry et Dacquenay et qui, à la mort de M. Thierry, survenue en 1815, était passé dans les mains de M. J.-C. de St-Romes qui en conserva la propriété jusque vers 1841; et L’Argus, fondé par M. Manuel Cruzat et rédigé par M. René de Perdreauville.

Ces journaux étaient les seuls publiés en français à la Nouvelle- Orléans en 1827. En voici quelques autres ayant existé précédemment et que les souvenirs de M.. Delaup lui permettaient de mentionner:

Le Moniteur, fondé sous le régime français, rédigé par M. de Fontaine, vieu: légitimiste ayant conservé les traditions et le costume du 18e siècle. Il appelait dans son journal l'empereur Napoléon 1er, monsieur de Buonaparte. Le Moniteur cessa de paraître, après quelques années d'existence, vers l’époque où M. Nicolas Girod fut nommé maire.

Le Télégraphe, fondé vers 1806, rédigé par M. Claudin de Belurgey; avec parties anglaise et française; défendait la noblesse et l’ancien ordre de choses en France; la partie anglaise avait pour rédacteur un écrivain de talent, M. Nugent. Le journal cessa de paraître en 1811.

Vers 1813, L'Ami des Lois, anglais et français, fut fondé par M. M.-J. Leclerc et L. Provosty; c'était un journal mordant et agressif. Plus tard parut le Louisianais, anglais et français, rédigé par M. René de Perdreauville qui passa ensuite à L’Argus, puis à L'Abeille. La seule feuille publiée exclusivement en anglais était le Orleans Gazette qui avait parmi 22 rédacteurs P.-K. Wagner dont nous parlons plus loin et où Christian Roselius, qui devint plus tard un des membres les plus éminents du barreau, fit son apprentissage de typographe.

Page 1