M. EPHREM BARTHELEMY
M. Ephrem Barthélemy est né à Buffñères, commune et canton de Belmont, Aveyron, France, le 16 avril 1883, de parents à l'aise, profondément chrétiens et jouissant de l'estime générale de leurs concitoyens. M. Barthélemy resta orph«lin de père et de mère à l’âge de sept ans.
La Providence, qui prend soin avec une attention jalouse, même de la plus infime de ses créatures, n’abandonna pas les deux pauvres petits orphelins (il avait une petite sœur.) Ils trouvèrent une seconde mère auprès d’une tante très bonne et très dévouée.
Dès l’âge de 12 ans, après avoir fréquenté les écoles communales, Ephrem fut mis au collège St-Gabriel, tout près de Cette, Hérault, jolie ville sise sur les bords enchanteurs de la Méditerranée. Il y demeura jusqu’à l’âge de 15 ans. Ensuite, on l’envoya au collège de la rue Fontgiève, à Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme. Après un stage de deux ans en cette ville, il alla, durant deux autres années, dans un troisième collège, celui de Clavières, non loin de Laval, Sarthe, où il termina son cours.
Les espérances de scs tuteurs ne furent point décues. Ephrem, enfant, adolescent et jeune homme, sut acquérir, en effet, par un travail appliqué et sérieux,—à maintes reprises, chose remarquable, ses professeurs durent modérer son ardeur à l’étude—des connaissances élevées et s'approprier un caractère fortement trempé, des vues larges et un jugement sûr qui font certainement honneur à ses maîtres. On retrouve en lui la droiture, la franchise et la simplicité des enfants de l'Aveyron; l’ardeur, la fougue et l'enthousiasme des Méridionnaux:
la ténacité des Auvergnats et des Bretons; le pratique des Normands, la réflexion calme, froide et sensée des gens du nord, comme aussi la joyeuseté alerte et spirituelle des Parisiens et des Français en général.
Ayant coudoyé pendant ses longues années d'études, des jeunes gens, des personnes et des professeurs représentant ces divers caractères, il en a pris, peu à peu, les points les plus saillants, chose qui est d'un grand secours pour un écrivain, appelé sans cesse à écrire -1r les sujets les plus disparates.
Vers la fin de 1900, M. Ephrem Barthélemy séjourna quelques jours en Angleterre; puis, il émigra en Amérique, par attrait et raison, et aussi, un peu par esprit d'aventure. Le professorat sous la bannière duquel il s'était déjà enrégimenté en Franc:, l'attira et le conserva durant quelques années. C'est par ce moyen surtout, qu'il apprit vite à connaître les Canadiens-français et la gloire de leur histoire. Il s'éprit de leurs qualités, de leurs aspirations nationales et s’enrôla dans leurs rangs afin de ne plus faire qu'un avec eux. Bientôt, le Canada, où il était débarqué, lui devint presqu’aussi cher que sa propre patrie, si bien, qu'aujourd'hui, on peut dire que le seul mot de Canada fait battre son cœur à l’égal de celui des Canadiensfrançais eux-mêmes.
Toutefois, le professorat n'offrit pas une vie assez active à M. Barthélemy. Aussi lui fit-il ses adieux au début de 1906. A cette époque, il fit un voyage de quelques mois en France et revint ensuite en Amérique, décidé à s’y implanter pour toujours. Cette fois-ci il s’abrita sous les plis du drapeau de l’Oncle Sam.
Au bout d'une année de travail pénible, soutenu avec courage, M. Barthélemy voyait enfin son heure arrivée. Pour lui comme pour certains autres, tous les bonheurs lui arrivaient à la fois. Plusieurs positions d'avenir lui étaient, en effet, simultanément offertes. Il opta pour celle de rédacteur du Courrier de Salem, et entra en fonctions le 5 mars 1908.
Depuis, il s’est toujours lié de plus en plus étroitement avec le Courrier et a été l’un des puissants facteurs qui ont contribué à l’immense progrès que ce journal a fait en ces quatre dernières années.
M. Barthélemy s’est activement occupé de la politique locale et nationale. Les questions franco-américaines l'ont plus particulièrement passionné, au point qu'un grand nombre de personnes se sont méprises très souvent sur sa nationalité. Ses articles publiés dans le
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Courrier, sont suivis avec intérêt, d'autant plus, que son style alerte, précis, clair, concis, agréable et vigoureux, sait donner une réalité poignante aux questions abordées, et même un regain d'actualité et de renouveau, à maints sujets vieillis depuis fort longtemps.
Au cours de l'hiver 1910-11, il donnait à Salem quatorze conférences sur l’histoire du Cerada, et s’attirait nombre de félicitations, tant pour le succès rempor.e—l'assistance moyenne à ces conférences était de 400 personnes—que pour le tact, l'intelligence et le talent avec lesquels il faisait ressortir les beautés et les leçons des sujets traités.
En ces derniers mois, il a été investi du titre et des fonctions d'’assistant-gérant du Courrier. De plus il assume la responsabilité de rédacteur en chef des trois Courrier de Salem, Lynn et Lawrence.
M. Ephrem Barthélemy est membre de l’Union Saint-Jean-Baptiste d'Amérique et du Club Républicain Franco-Américain du Massachusetts.
Le 18 août 1909 M. Ephrem Barthélemy épousait une charmante jeune fille canadienne de Lawrence, Mass., en la personne de Mlle Rose-Anna Ouellette.
GEORGES BATCHELLOR
M. Batchellor était né à Québec, en 1823. Au Séminaire de cette ville il fit un brillant cours d'étude. Quelques années plus tard il devint professeur de français dans les écoles supérieures de la ville de New-York. L'augmentation de la population dans la métropole américaine et la multiplication de ses écoles nécessita le choix d’un chef de l’enseignement français. M. Batchellor était d'avance désigné pour cette haute position qu’il remplit jusqu’à sa mort, vers 1892 ou 1894. C'était un homme qui savait se faire et conserver des amis, malgré son caractère tranchant,