Carte numismatique du Dauphiné
PÉRIODE FRÂNKE 37
bre. Constatons, en outre, qu'au-dessous et à peu de distance de l'abbaye, dans le Rhône, se trouvait l'ile Argentarias, aux mines de plomb argentifère, et qu'au moyen âge, on voyait encore à Donzère, dans un de ses bas quartiers, dit de l'Argentière (Argentatoiium)^ les ruines d'une casa où, d'après un Registre terner de la fin du x\® siècle, on fabriquait anciennement (m antiquo tempore) des monnaies [tnoneta) ^ .
Pendant un long cours d'années, le monastère de Dusera resta dépendant de Fontenelie : en 716, Cbilpéric II, roi des Franks, lui en confirma la possession *. Déjà, en 689, saint Hilbert y avait introduit la règle de saint Benoît. Aigrade, qui vivait encore en ce temps- là, cite Dusera non* seulement comme un grand monastère [magnum) y mais comme le plus important [prsecipuum] de tous ceux de la région. Il en fut ainsi, dit l'interpolateur d'Aigrade, jusqu'aux divisions entre les princes, au sujet du partage du royaume. — Alors, l'abbaye commença à se relâcher, puis à se dépeupler, et les Sarrasins n'eurent plus qu'à paraître pour consommer sa ruine.
Déjà, vers l'an 715, ces Sarrasins {Agarenï) ou Mau^res, originaires d'Afrique et primitivement peut-être d'Arabie, avaient envahi l'Espagne et s'y étaient établis. De là, ils essayèrent de pénétrer en France. Cette première incursion dans nos contrées, la seule dont les écrivains arabes aient parlé, — sans doute parce que c'est la seule qui paraisse avoir été projetée et exécutée par les chefs, — eut lieu, suivant Paul Diacre, dix ans après leur établissement en Espagne, en 725. Comptant se fixer dans l'Aquitaine» ils avaient emmené avec eux