Recueil des historiens de France, t. IV, p
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leurs femmes et leurs enfants; mais, ajoute Paul Diacre, Charles Martel s^étant jointà Eudes, prince d^Aquitaine, leur livra bataille sur les bords du Rhône et les tailla en pièces. Cependant, ils restèrent maîtres de Narbonne d'où ils faisaient sans cesse des incursions dans le pays. C'était du temps des derniers rois fainéants; « temps malheureux, dit Grégoire de Tours, où il y avait cent chefs dans TÉtat ». YousoufP, gouverneur sarrasin de Narbonne, crut le moment d'autant plus favorable pour une seconde expédition, qu'il avait des inteliijgences avec les grands de Bourgogne, de Dauphiné et de Provence, où la population gallo-romaine résistait encore à la conquête franke. Par suite d'un traité avec le gouverneur de Provence, en 732, il passa le Rhône avec des forces considéi^bles et s'empara sans coup férir d'Arles et d'Avignon dont il resta en possession pendant près de quatre ans. D'Avignon ou de la Roche dAuyoun, comme l'appellent les auteurs arabes, ses bandes se répandirent dans l'Aquitaine qu'elles couvrirent de sang et de ruines. D'autres remontèrent la vallée du Rhône, semant partout la terreur et la dévastation sur leur passage, pillant, ravageant les terres, détruisant les églises et les abbayes {monasteria guoque loca sancta fœdantes) et traînant les populations en esclavage. Valence, Vienne et Lyon tombèrent en leur pouvoir*. Viviers et Saint-Paul-Trois-Ghâteaux ne furent pas non plus épargnés, ni surtout Dusera *, dont le monastère fut renversé [eversum), dit Mabillon ' ; dirutum, détruit, se-