‹ Histoire de la principauté de DonzèreChapitre 67 sur 122 · CoMipte consulaire de · texte numérisé non relu

CoMipte consulaire de

2. A PaiMs, un tavernieps'étant avisé de prendre pareille enseigne, dut la retirer par ordre de l'évoque-

3. Archives de la commune, — Dans un cahier des legs pieux faits à l'hôpital, tant en florins qu'en muids de blé, de 1485 à 1496, nous relevons les noms suivants : Françoys de Rossyllon, ancien consul; Pierre et Antoine Raimbaud ; Philippe et ses s rviteurs; Jacques du Donjon\ Antoine Fabry dit Saladin, etc.

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Saint-Lazare, de Mootélimar, en I5i9 S et le résultat négatif des dépenses consacrées, de temps à autre, par les consuls, à la recherche des lépreux dans la Principauté, il n'y avait pas de léproserie ni de maladrerie à Donzère, mais seulement des maladièrcs {maladiera), sortes d*ho8pices forains où Ton enfermait les malades dans les temps de peste, alors assez fréquents. Vers la fin du XV* siècle, il est, en effet, question de deux maisons de ce genre, extra muros : Tune, appelée la Bégude (en gué fasian hospilalis *); l'autre, dite de Claudius [ubi solabat esse maladiera) •. On croit qu'il existait aussi de ces maladières aux quartiers du Grès et de Javalenc,

Au temps de Tabbaye, le préau du cloître étant réservé à la sépulture des religieux, on enterrait autour de réglise ; mais cette pieuse coutume, en Thonneur des morts, n'en était pas moins un péril pour les vivants, à cause des maladies contagieuses qui en résultaient fort souvent, et, dès le xv« siècle, les inhumations se faisaient à Saint-Benoit *. Cependant, certains nobles ou bourgeois recherchaient de préférence, pour leur sépulture, soit les caveaux de l'église, soit l'intérieur de la chapelle. De là, nombre de donations et de legs à cet effet. — Saint Christophore ou S aint-Christol^SLUive chapelle rurale de Donzère^ à l'est, vers Lagarde, possédait

i • Archives de Montélimar,

2 et 3. Archives de Donzère : Compte consulaire de 1482. Registre terrier de 1500.

4. Parmi les bienfaiteurs de l'œuvre de Saint-BenoH {optis sancti Benedicti), nous voyons figurer dans le même cahier, cité plus haut : Pierre Roustan ; Pascal Robert ; Anlonia Petra Roberta; Nobilis IsulcWÏB du Buisson; Augusta, femme d'Aa- NULPH, petit-fils de Guth ; Jacques Arnulph ; btépbania la Rossa, etc.

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aussi un cimetière. Au nord-onest, enfin, sur un plateau rocheux, et dépendante également de la Principauté, s'élevait la chapelle de Saint-Saturnin {Sant-Savemi), où Ton se rendait en procession, dans les temps de grande sécheresse, pour invoquer le patron de la pluie. On raconte qu'à la suite d'une de ces processions, les assistants voyant leur saint en bois se refuser, après maintes prières et supplications, à faire tomber la moindre averse, le jetèrent de dépit dans le Rhône.

De ces trois chapelles, contemporaines de la reconstruction de l'église, il n'existe plus que des ruines. Seuls, les restes de la chapelle de Saint-Benoît devaient échapper à Toubli, en mémoire des ancêtres qui en ont fait leur champ de repos. Situés à deux pas et au levant de la station et du Rhône, ils consistent en quelques pans de mur; — mais quel aspect triste et misérable, et quel contraste avec le riant paysage du Rhône I S'il y a, pour les communes, des œuvres de charité qui s'imposent, celle-là en serait vraiment une qui relèverait ces ruines, auxquelles Donzère doit ses plus chers souvenirs.

Alors, son territoire se divisait en plusieurs quartiers : au nord, la Garenne au prince-évêque, mais avec libre passage pour les habitants ; les Riailies, ainsi nommées du Rieu qui les traverse, venant de Navon, et sur lequel étaient établis des moulins, en amont de Donzère ; à l'est, les Olivettes ; le Devès *, de tout temps propriété commune et indivise ; le Bois Nier (Bois Noir, BoscO'Nigro), où les habitants pouvaient s'approvisionner ; Combelonge ; Javalenc ; le Bois de la Ville

1. Du bas latin Devesium. — Vieux mot provençal et dauphinois, appliqué à un coteau ou à une garenne, mais surtout à des coteaux de pacages communaux. — (Voy. Glossaire de la langue, roniane par Roquefort, I, 390-392.)

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{lou Bosc dé la Vialà)^ ouvert aux chasseurs ; Saint- Chrisiol; au midi, le Grand Clos, le Molard^ anciens thermes romains, dit-on ; au moyen âge lavoir alimenté par la source qui jaillissait de la combe de la Grand' Font ou Font-Achard ; au sud-ouest, les Bégudes sous les remparts ; la plaine Saint-Benoît ; à Touest, le vallon de Volpillac ou des Aupillas, arrosé par le ruisseau de ce nom; puis, vei's le Rhône, le quartier de la Hibeyre ; les Roches ; le port de Robinet ; la Peyre Rouge, et enfin les Iles : Tochelase, ayant pour confins au levant. Robinet, au couchant, le Vivarais, au midi et au nord le Rhône; traversée de l'est à l'ouest par un petit bois de chênes et coupée à l'extrémité sud par un canal qui formait un îlot, dit de la Roche (mais Donzère ne possédait que la partie basse de Tîle, la partie haute dépendait du territoire de Viviers) ; plus loin en descendant, Boscobello (Bois-Bel, aujourd'hui Bobillon), partie à Donzère, partie au chapitre de Viviers : là croissaient le chêne, le noyer, le vern, le saule, le peuplier et nombre de plantes aquatiques; mais la coupure de l'île par le Rhône, au xiv* siècle, n'était pas sans y avoir fait naître, en tête et eu queue, plusieurs îlots, entre autres ceux du Mouton {Muto), de Gi'aveyron et de Grilhac, Ces îlots, les évêques de Viviers, en vertu de leurs droits régaliens, se les adjugèrent comme biens vacants et les accensèrent ou les donnèrent à nouveau cens [ad novum acapitum *) à divers particuliers de Donzère. Ainsi, en 1463, Antoine Olivier; en 1473, Barthélémy de Talpenas; en 1487, Bertrand et Guillaume Vital ; Pierre de Garamentrand,

1. C'était la coutume chez les évoques» quand les fonds, qui avaient été accensés, leur revenaient par abandon ou déguerpissemeut, de les bailler à nouveau cens.

en 1488, avaient, « à nouveau cens », dans Tîle de BoiS'Bel, plusieurs selérées. Vers le même temps, sous le principat de Jehan de Montclienu, successeur d'Héiie de Pompadour, Jehan Payan, Pons Valentin, Pierre Serporel, Pierre Martin, qui avait épousé Mariette Joubert ; Benoît Pabry, etc., y cultivaient également divers fonds, accensés soit par le vicaire général ou le secrétaire du seigneur-évéque, soit par sa fermière {arendato?na), noble dame de Roveyre de Lagarde; — et tous ces fonds, la plupart en hermes, chacun sous la censé annuelle de quelques deniers tournois i.

Si, dans les îles du Rhône comme du côté de Rac et de Roussas, Donzère vivait en paix avec ses voisins au sujet de ses limites, il n'en était pas de même avec Pierre) atte. Vainement une transaction intervenue, en 1476, entre les consuls de Pierrelatte (Jacques Giraud et Jean Soubeyran) et ceux de Donzère (Etienne de Talpenas * et Pierre Monier,) avait fixé les limites respectives des deux communes à la terre dite le Prat del Chastel de Donzère, et au chemin traversant la terre de noble Jean Nicolay du Bourg-Saint-Andéol, cette transaction, comme les sentences arbitrales de 1295 et de 1321, étai t restée à l'état de lettre morte. C'est qu'il y avait là pour les habitants de Donzère plus qu'une question de limites. Depuis que leurs premiers seigneurs avaient laissé

1. In notis magistri quondam Jacobi Fabri yiotarii (fol. 206, 209, 211, 214, 215,219 et 220).

2. Ces Talpenas, ancienne famille noble, dont un acte d'accensemeDt nous révèle l'émigration à Donzère, en 1473, venaient sans doute du Vivarais : du moins, leur nom primitif de Talpenac semblerait l'indiquer. Un Antoine Talpenas (probablement frère ou parent de Barthélémy et d'Etienne) était Père gardien du couvent des Cordfcliers d'Aubenas, la même année (U7Gj qu'Etienne était consul ti Donzère.

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prendre à Pierrelatte un pied sur leur territoire, Fentente et l'union entre les deux communes paraissaient chose difficile, — et sous ce rapport, Jehan de Montchenu, prince de Donzère, était en parfait accord avec ses sujets. C'est pourquoi, son bétail continuait à paître vers la Berre, sur ce que Pierrelatte prétendait être sa propriété. Il y eut même, à ce propos, en 1490, un commencement d'action, intentée par ses consuls au seigneur évêque et aux syndics de Donzère.

Du côté de Lagarde, après une première vérification, en 1469, sous le consulat de Praiiçoys de Rossyllon, rien non plus n'était encore régularisé. Cependant, en 1495, on parut s'entendre, et les consuls Pierre Riote et Michel Blanc présidèrent, en cette même année, à la plantation des limites des deux territoires, opération fêtée par les délégués des deux communes à la taverne de Saint' Jacques K Deux ans auparavant, le 23 juillet 1493, Christophe Adhémar, baron de Lagarde, ayant fait dresser au lieu dit de Bonagac/i^, sur les confins des deux territoires, près la Berre, des fourches patibulaires, au sujet d'un malheureux paysan, condamné par ledit baron à être pendu, plusieurs citoyens notables de la principauté avaient protesté devant le juge ordinaire de Lagarde ; et par là tombe certaine tradition de prétendus gibets à Donzère, sur la Garenne, au moyen âge, lorsque Donzère n'en tolérait même pas sur sa frontière. Ainsi des inquisiteurs de la foi, lesquels se contentèrent d*opérer dans le voisinage. Non qu'il leur eût été difficile de trouver dans la Principauté un hérétique ou même une prétendue sorcière comme celles qui furent

i. Compte consulaire de 1496.

2. Probablement mot corrompu du latin Bona acqua (bonne eau).

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brûlées vives» Tune à Montélimaren 1489Srautre à Montpezat (Vivarais) en 1519* — où ces étranges théologiens n'en voyaient-ils pasi — mais peut-éire se seraient-ils heurtés à la juridiction du prince-évêque Jehan de Montchenu, dont l'esprit éclairé et libéral ne paraissait pas avoir plus de goût pour les hautes œuvres du Saint- Oflice que pour celles du baron haut justicier, son voisin. Donzère n'en avait pas moins ses superstitions et ses légendes ; mais si l'on y croyait au fantastis ou revenant ; — aux fados (fées) et dux farfadets (lutins) ; — aux âmes en peine, quand la bise sifflait ou gémissait à travers les huis ; — aux trois Donzelles {Doumiselletlo) métamorphosées en pierres dans les roches de Robinet ;

— au figuier magique, s'élevant en l'air, quand les voleurs cherchaient à prendre ses fruits ; à Thomme au fagot dans la lune, pour avoir travaillé le dimanche ;

— au diable battant sa femme lorsqu'il pleut et qu'il fait soleil en même temps ; — si le Puits de Saint- Vincent, la Baume de Anges et les nuits de la Tou?*nelle y prêtaient, pendant les veillées d'hiver, à maintes sornettes, le souvenir des temps albigeois n'y était pas non plus perdu. Soit que ses anciens bénédictins n'eussent laissé que des successeurs dégénérés, soit que le vent de la Réforme eût déjà soufflé par là, toujours est-il que les moines n'y paraissaient plus en odeur de sainteté, et l'on peut voir, aux archives, dans un ancien compte consulaire, « la pourtraicture » d'un religieux, œuvre d'une main inconnue, avec sa

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