‹ Histoire de la principauté de DonzèreChapitre 89 sur 122 · Baron de Coston, Histoire de Montélimar ^ t. II · texte numérisé non relu

Baron de Coston, Histoire de Montélimar ^ t. II

et font grands excez, pilleries et massacres ^ » Tout le pays était en feu. Douze cents arquebusiers de la Ligue assiégeaient Roussas, vaillamment défendu par le capitaine protestant, La Cloche (avril 1580). A chaque instant des alertes, des soldats passants et repassants, et le tocsin donnant l'alarme, quand c'étaient des huguenots. De Gomps, dans une lettre datée de Ghâteauneuf-de- Mazenc, le 22 juin 1580, s'en plaignit aux consuls, les menaçant « sy dores enadvant, ils faisoient telle chose », de les tenir non « comme voysins et compatriotes, mais comme ennemys ». Et il les invitait à payer « les contributions ordonnées pour l'entretenement de ses garnisons », s'ils voulaient vivre en repos. Or, pour les pauvres habitants, comment satisfaire de Gomps? Son lieutenant Blacons, en faisant prendre leur bétail, ne les avait-il pas réduits, disaient les consuls, à la plus grande misère? Au fait, telle était leur détresse en 1580, qu'à défaut d'une garnison qu'ils ne pouvaient plus entretenir, leurs femmes et leurs enfants s'offraient pour la garde du bourg '.

Vers ce même temps, la toiture du vieux château s'affaissa ' ; mais l'année suivante (1581), bien que Mayenne eût ordonné la démolition des murailles de trente-deux places, notamment de Saint-Paul, de Saint-Restitut et de Tulette, le château de Donzère fut épargné et même remis en état ainsi que ses remparts. Donzère dut seu-

\, Archives de Donzère.

A son retour d'un voyage en Provence en cette même année, le 16 juillet, passage h Donzère de la reine mère Catherine de Médicis avec sa suite, le prince de Condé^ le cardinal de Bourbon, le duc de Mayenne, les princesses de Lorraine et de Foix, etc.

2, Archives de la commune.

3. Note communiquée par M. Rouchier, auteur de CHistoire civile et religieuse du Vivarais,

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lement contribuer, avec Taulignan, la Garde, Valaurie, Roussas, les Granges, etc., aux frais du démantèlement de ces trois places.

Après la prise de Montélimar par Lesdiguières, en 1585, et pendant le siège qu'en fit, au nom de la Ligue, le comte de Suze (1585-1587), Donzère, malgré la défense par Maiigiron, successeur de de Gordes comme gouverneur du Dauphiné, « de pourter ou faire pourler vivres en ladite ville », Donzère, «placé entre l'enclume et le marteau», outre sa garnison de vingt hommes, eut à approvisionner à la fois les assiégeants et les assiégés. Cependant, en 1587, soit qu'il tînt pour le comte de Suze, soit que la garnison en fût partie, le ^hâteau était, paraît-il, « gardé par le curé * *> ; pendant qu'un jeune capitaine ligueur (Joachim Suffise) se signalait par sa bravoure au siège de Montélimar.

Né à Donzère en 1559, de Jean Suffise et de Blanche de La Croix, fille de Joachim de La Croix* dePierrelatte, Joachim hérita des biens et du nom de sa mère ; mais encoreenfant, lorsqu'il la perdit, et placé sous la tutelle paternelle, — à dix-huit ans, il ne lui restait de l'héritage de sa mère, par suite des prodigalités de son tuteur, qu'une succession de procès avec ses cohéritiers. Sans fortune, mais jeune, ardent, aventureux, il prit l'arquebuse et servit en 1577 dans l'armée catholique : archer en 1578, sous de Gordes; en 1580 sous le comte de Suze ; en 1585 capitaine d'une compagnie de 200 hommes, il était avec le comte de Suze à Montélimar, le 22 août 1587. Dans cette journée sanglante, alors que le comte, mortellement blessé, s'en allait mourir à Suze, et que la ville était

i. Archives de la commune (6 avril 1581).

2. M. de CosTON le fait descendre de Pierre, châtelain de Pierrelatte, en 1 152. Je ne contredis point à l'opinion du savant généa-

LA RÉFOUMÂTION 199

prise, le jeune capitaine '< se barricada si à propos qu'il tint encore plus de trois heures, et enfin se retira par force d*armes et passa deux barricades et la porte Saint- Martin, occupées par les ennemys », et toujours combattant, « fit sa retraite », avec sa compagnie à Tuiette *.

Donzère, le 25 janvier 1588, rentra « sous Tobéyssance du Roy » . Maugiron chargea le capitaine Ghambon de garder la tour (le donjon), avec ordre aux consuls d*y jeter des vivres. Cependant, vers la fin de la même année, la ville opposa quelque résistance à du Poët, lieutenant de Lesdiguières et gouverneur de Moiïtélimar; mais elle se rendit le :2 janvier 1589 à Lesdiguières, qui vint y coucher le 30 ' et y laissa une garnison de cinquante hommes, réduite à la fin de février, par du Poët, à six dans la tour du château, sous les ordres du maréchal des logis François Davin dit Beoulaigue, du Puy-Saint-Martin.

Vint enfin redit de Nantes en 1598; mais que de ruines et de misères à réparer, et quel récit pourrait mieux les retracer que ces quelques mots d'une « Requête des pouvres consuls manants et habitants de Donzère, » en 1595 1 lesquels, disaient-ils, « ont soubstenu de grands charges, impositions et contributions, ont esté contraincts fornir en divers lieux pour Tentretenement des

logiste; mais, au temps du procès des Tailles, les consuls de Pierrelatte donnaient aux de La Oroia? une origine plus ancienne: « roturiers depuis 1390, disaient-ils, hôteliers en 1423, ayant emprumpté ce nom de la Croix {de crucé) soubz prétexte d'une croix rouge paincte en la muraille de leur logis». (Mémoires des consvUs </ePim'Wa^^tf, 1576-1599.)

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