‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 11 sur 570 · ÉGLISES POSSÉDÉES PAU LA COMMUNAUTÉ · texte numérisé non relu

ÉGLISES POSSÉDÉES PAU LA COMMUNAUTÉ

édifiée à Tours par Litorius dans la ville même remplaça peutêtre une pauvre construction suburbaine où la petite communauté chrétienne assistait en secret aux saints mystères.

Quand les plus ancions édifices religieux d'une cité s'élevaient à l'intérieur de la ville, c'étaient toujours des constructions mesquines. A Toulouse, il y aurait eu du vivant du premier évêque, saint Sernin, une église sise près du Capitole, mais que les actes du martyr rédigés au V« siècle qualifient de très petite '. En 4.51, les Huns qui détruisirent l'église des Saints Apôtres au faubourg de Metz, laissèrent seul debout dans la ville incendiée un sanctuaire dédié à saint Etienne, la future cathédrale de Metz, simple oratoire alors au dire de Grégoire de Tours -.

Ces premiers- lieux de réunion, qui n'étaient sans doute que des maisons de pauvres gens, furent remplacés plus tard par des églises installées dans l'habitation de quelque citoyen opulent, sise au cœur de la cité. A Auxerre, l'église établie près de la porte de la ville s'étant trouvée insufl^sante au temps de saint Amâtre, la spacieuse et haute demeure d'un riche habitant de la ville fut ouverte au culte 3. On racontait au VP siècle, qu'à Bourges un citoyen, dont faute de ressources, les chrétiens voulaient acquérir le domicile modeste, s'étant refusé à le céder, Léocadius, l'un des premiers sénateurs des Gaules, avait donné sa maison ])0ur en faire une église *.

Si l'on peut faire état de ces ti-aditions tardivement recueillies, les églises qu'elles signalent, même quand on les aménage dans un ancien logis particulier, sont déjà la propriété de la communauté chrétienne. On aurait offert à Léocadius, pour solder l'achat fait de sa maison par les premiers chrétiens de Bourges, une somme d'argent qu'il aurait refusée ■'. Propriété d'un particulier ou propriété collective des fidèles, il existait certainement dans les Gaules, avant même que la paix fut rendue aux églises par Constantin, des édifices consacrés au culte. Eusèbe loue Constance Chlore de les avoir respectés '■, tandis que suivant Lactance, le père de Constantin se serait contenté, pour se mettre en règle avec les édits de proscrii)tion, de raser les églises en épargnant les fidèles "?.

1. Acirs. ■> : <■ ;i(l (■(•clcsiaiii i<l Inuixiris |i,irviilani jiixla ('a|)ilnliiiiii ■■ (HisI . du L(i,i(/nc(l<)c. od. Mabili.k, t. II, l'r., 8, cul. 30;. •>. Hisl. Franc, II, 6, p. 68.

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