‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 139 sur 570 · ORIGINE DES PRIEURÉS · texte numérisé non relu

ORIGINE DES PRIEURÉS

Souvent, au contraire, dès l'époque mérovin.nionno, un monastère appartient à une autre communauté de rolitiieux.

Nous touchons ici aux i)lus lointaines origines des jtrieurés. Au VP siècle, en dépit des canons qui prescrivent à un abbé de ne gouverner qu'une seule maison ^ des religieux qui ont créé plusieurs établissements en gardent, leur vie durant, la direction. Un prévôt est établi par eux dans le monastère oîi ils ne résident pas habituellement. A la mort du saint fondateur, ces prévôts deviennent des abbés indépendants -'. A cette époque, un monastère n'est jamais placé à titre perpétuel sous la dépendance d'un autre ; on n'a point la pensée qu'il puisse en être la propriété 3.

Les moines irlandais ont peu innové sur ce point en dépit des liens qui s'établissent entre les monastères soumis à la règle de saint Colomban. Lui-même a gardé la direction des trois maisons fondées par lui dans les régions vosgiennes. Annegray et Fontaines, où il ne résidait pas, ont eu des prévôts soumis à l'abbé de Luxeuil -i. Mais saint Ursus avait agi ainsi au siècle précédent et nous ignorons si sous les successeurs de saint Colomban ces monastères ont continué d'être administrés par de simples prévôts. La surveillance qu'exerce l'abbé de Luxeuil sur des établissements créés plus tard ->, n'a trait qu'à l'observance de la discipline. Les monastères fondés par une colonie de religieux sortis d'une communauté mère en sont indépendants au temporel '\ Au commencement du YW siècle, siècle, la règle est que tout monastère nouvellement créé soit sui juris.

1. C'onc. de Saint-Romaln-d'Albon, can. IX (Maasskn. \\. .'1). Cf. Conc. de Chdlon de 639-654, can. XII, p. 210.

2. Ainsi firent saint Ursus, fondateur dans le Berry des monastères de Toiselay, Heugnes, Pontiniacinn, Sennevières et Loches (Grkooirk de Toirs, Vitac patritm, XVIII, 1, p. 734 1 : « post cujus oI)ituin proi)Ositi qui jier monasteria erant, abl)atiae oflicium, episcoi)is larfrientibus, suscei)eruiit •> (:i, \). 735): .\'jriisius, fondateur d'un monastère dans un bourg voisin de Bourges et rjui fut établi plus tard i)ar son évèque abbé de Saint-Sympborien devant le mur de la ville : >< nec tanien monachos quos prius congregaverat relinquens, sed instituens eis praepositum, ipse utras(jue cellulas gubernal)at » (Gloria cotifcis., 79, p. 797).

3. Le seul document <[ui sigiuUe un fait de ce genre, le testament de saint Yi-iez. aux termes duquel le monastère d'Attane est mis sous la dé])en(iance de Saint- Martin de Tours (Pahde.ssis, 180, t. i, p. 137) et recueille pour .son propre compte la propriété d'une cclla (p. 138), est une pièce .suspecte (cf. plus liant, p. 110, n. 3).

4. Vitac Colt/mti., I, 10 {Script, rcridii nicror.. t. iv. \t. ~ii\). Cf. Likmno. op. cit., l. II, p. 415-6.

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