‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 147 sur 570 · CAT'SES DE LA CROISSANXE DU TEMPOREL · texte numérisé non relu

CAT'SES DE LA CROISSANXE DU TEMPOREL

se faisait-il réclio triin sentiment répandu iiarnii les l'onctionnaires du palais de Clotkire P' . Ce roi a songé un instant à établir nn impôt spécial sur les biens ecclésiastiques, impôt énorme, atteignant le tiers du revenu ', qui eût largement compensé les pertes éprouvées par le fisc. L'un de ses fils, le roi Chilpéric, qui ne haïssait rien tant que lés églises, se plaint que son fisc se soit appauvri, que toutes ses richesses aient passé aux mains du clergé -. Ces plaintes sont évidemment exagérées ; ceuxlà même qui les prolerent continuent d'enrichir les églises de leurs royales libéralités ^ ; mais elles témoignent que Taccroissement du patrimoine ecclésiastique est un fait qui frappe les contemporains.

Cette rapide croissance est due à un atHux torrentiel de donations i)ieuses. Faire auniûne aux églises est un besoin des fidèles auquel elles n'ont eu qu'à se prêter. A l'époque fi-anque et bien plus tard encore, les églises eurent à peine à solliciter des dons : on leur fut reconnaissant qu'elles consentissent à les accepter. A ces intermédiaires sensibles du salut éternel, reliques, sanctuaires, évéque, moines et clercs, les fidèles ne peuvent offrir en échange de leur vertu surnaturelle et de leurs prières que quelques biens caducs. Ce qu'ils demandent et obtiennent des églises est d'un prix tellement inestimable, qu'à se dépouiller en leur faveur ils ne sont pas quittes envers elles.

D'autre part, la crue du temporel des églises est en relation directe avec l'élévation de leurs charges. Des clercs et des moines de plus en plus nombreux peuplent les églises et les monastères qui se multiplient. La masse des biens ecclésiastiques s'accroît, tandis qu'augmente le nombre des bouches à nourrir, des constructions à élever et à entretenir. Surtout églises et monastères prennent le rôle d'un dispensaire qui fournit aux besoins des infirmes et des indigents, d'un abri qui recueille toutes les épaves d'une société bouleversée. Donner à ces établissements, c'est dans la pensée de leurs bienfaiteurs et c'est en effet contribuer à alimenter clercs et moines tenus pour les pauvres du Christ, à édifier des sanctuaires, à racheter les captifs, à vêtir, rassasier ou guérir les pauvres, les affamés et les malades. Le budget des églises absorbant toutes les dépenses d'un caractère religieux, social, charitable, leur

Page 1