RICHESSE DES ÉGLISES ET DES MONASTÈRES
possèdent pas de biens et à (jui le roi a promis d'en accorder ^. En 527, le concile de Carpentras suppose encore que certains évoques ont de grandes dépenses à effectuer et ne disposent que de ressources insuflisantes 2. Un contemporain de Grégoire de Tours, Chrodinus, ({uand il créait de nouvelles villae les donnait aux évêques dont l'église ne possédait que peu de bien -K
Mais le nombre des églises épi^copales pauvres ou médiocrement pourvues devait être peu considérable. Elles sont inégalement riches, mais les documents des \V et VII® siècles témoignent clairement de l'opulence croissante des évéques. En général les monastères ont d'humbles commencements mais les offrandes seront attirées i)ar le tombeau d'un saint fondateur, quelquefois même elles affluent de son vivant. Ceux qui sont créés par les rois et par certains prélats magnifiques ont connu la richesse dès l'origine. Petits monastères, églises rurales, oratoires ne sont point destinés à semblable fortune, mais déjà en 538 un concile déclare que leur [)a(rimoine doit être assez considérable pour subvenir largement aux dépenses du clergé qui les dessert 1. Dans cette constellation d'astres de toute grandeur chacun exerce une attraction moléculaire. Si quelques églises ou monastères ont à peine le nécessaire, le plus grand nombre dispose d'abondantes ressources ; d'aucuns sont après les rois les plus riches propriétaires du royaume.
Dès le VP siècle la croissance du temporel des églises est telle qu'elle porte ombrage aux rois et aux agents du lise. Ils se plaignent à leur manière de ce qu'on appellerait aujourd'hui l'envahissement de la mainmorte. Sous Clotaire ^■^ un personnage de la suite de son fils Chramnus osait dire que saint Martin et saint Martial ne laissaient jilus rien d'utile au lise ■'. Peut-être
1. Can.V: «... de agris ([uns rcx orclo.sii.s... ((Hifcrrr (li^iiindis est vcl adliiic iion lialiontilms.. . conUileril. . . »Maassen. ]). 1). M. Hauck ' /u/'(7(('/<yc.vc7i. Deulsclilanils, t. I, p. 131) comprend que le roi a i)i-<miu.s de i)ourvoir aux besoins des c'îïUses pauvres. Cette interprétation est conjecturale ; i)eut-être s"agit-il .siniplrment des églises qui n'ont encore rien reçu du roi et à (|ui dans l'avenir il pourra faire quelque largesse.
■î. » Si vero epi.scopum niultas exper.sas et niinureiii sulistanliam habere constiterit » (Maassen, p. 41).
3. Uist. Franc, YI, 20 : <• vocalis ejjiscopis qnnruiu erat parva facullas, ip.sas domus cum culturibus. . . di.stribuebat dicens : Sini baec aeclesiae data » (p. -202).
4. Concile (l'Orléans de .')3S, can. \X1 : " unicuiiiue (clericorum |)ers<)nae) facultas su.scep(i monastirii, deiocisis (parnis.scj vel l)aselecae de! et pb-na ralione suffecere » (Maassen, p. 80).
:>. Griocoike dic Toirs, Hist. Franc, IV, 10 : '• fertur quadani vice dixisse quod Marlinus et Marcialis confe.s.soris Domini nihil li.sci viribus utile relir|ui.ssent » (p. i:.:i).