‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 149 sur 570 · LES SOURCES IMPURES DU TEMPOREL · texte numérisé non relu

LES SOURCES IMPURES DU TEMPOREL

temporel devient le vaste réservoir des ressources destinées à y faire face, l'océan qui reçoit toutes les eaux riveraines. Les mêmes forces naturelles qui déversent une pluie de bienfaits concourent à former les nuées qui ralimentent. Que les églises répugnent à les accepter ou qu'elles les appellent, les biens terrestres dont elles ne peuvent i)lus se i)asser atHuent de toutes parts vers elles. Saint Césaire d'Arles, qui eût voulu se décharger du fardeau do Tadministration du jiatriiuoine, reconnaît mélancoliquement qu'un évoque ne peut être sans possessions '. Les monastères fondés dans un esprit de stricte pauvreté ont été, comme les autres, emportés très vite par le courant vers les îles fortunées. Comment le temporel occlésiasti(iue n'enflerait-il pas sans cesse alors que les lideles éprouvent un insatiable besoin de donner et les églises un non moindre besoin de recevoir ?

Bien que celles-ci n'aient eu qu'à recueillir l'oflfrande sincère et spontanée des fidèles, tels de leurs biens proviennent néanmoins de sources impures. Les conciles francs dénoncent le scandale d'évêques qui entreprennent sur les biens d'un collègue ou d'une autre église "'. Félix, évèque de Nantes, convoitait une l'illa de l'église de Tours. Il n'avait pas les moyens de s'en saisir, mais il écrivait à Grégoire de Tours, qui refusait de la lui céder, des lettres pleines d'invectives ^. Les clercs, sans défense vis-à-vis de leur évéque, ont eu quelquefois à souflfrir des extorsions d'un prélat cupide. Un prêtre de Clermont qui refuse de livrer à l'avare Cautinus ses titres de propriété et de lui abandonner ses biens est jeté dans la crypte sépulcrale d'une basilique d'où il ne s'échappe que comme i)ar miracle '. A la mort d'un abbé ou d'un prêtre des paroisses l'évéque ou l'archidiacre fait parfois main basse sur tous les biens du défunt, sous prétexte que son héritage est dû à l'évéque ou à l'église cathédrale, de telle sorte qu'églises rurales et monastères sont déi)0uillés de ce qui leur revient 5. Les moines cherchent à se faire délivrer des chartes qui leur assurent la paisible jouissance de leurs biens,

1. Adinon. : «nos vero qui absiiue puSM-.ssiciuil'Us esse nmi piis.suiiiiis • (.M\i.- NuRY, Saint Çésaire, Append., i). -iOT).

•.'. Conc. d'Orléans de 519, can. XIV (Maasskn. p. 104); de Paris de lill, caii. XI (p. 18K): de CUchij de 62(1-7, cuii. XXIV (p. -JOd): de lieiois de 0S-(13il, can. XXI ,p. -'o:.).

3. Jlisl. Franc, \. '> : • vill.iiii rcclesiao (('iicuijivil. Quain cuiii clan; iiiilk-m, ev(jiiiil in iiir... plciius furoi'c uilpruhria iiiillo ■■ (p. IW).

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