‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 152 sur 570 · IL Y A-T-IL EU CAPTATION · texte numérisé non relu

IL Y A-T-IL EU CAPTATION

de prélats cupides qui cherciient ii s'enrichir personnollcinent. Tout au jjIus l'église, après leur mort, recueillera-t-elle leurs acquêts, à supposer qu'ils les lui lèguent, et s'il ne se présente personne qui puisse en justice établir ses droits à une restitution, elle gardera le fruit de leur coupable industriel. Pratiqués par un nombre peu considérable, semble-t-il, de prélats, ne profitant qu'indirectement aux églises, le dol et la violence n'ont pu jouer qu'un faible rôle dans la construction du temporel ecclésiastique.

En face de l'accroissement prodigieux dos richesses des églises, on se demande s'il ne s'est pas produit une vaste entreprise de captation dont les fidèles sous la terreur des peines éternelles auraient été les victimes. Les bienfaiteurs des églises n'ont-ils pas été imi)udemment circonvenus par les évoques et par les moines ? Il a pu se produire des faits semblables, mais les textes de l'époque franque n'en signalent aucun. Les contestations des églises avec les héritiers de leurs bienfaiteurs peuvent aussi bien témoigner de la jalousie des collatéraux frustrés que de la rapacité des clercs. Les rois et leur entourage se sont plaints parfois que le fisc voyiû s'appauvrisse au profit des églises, mais jamais on ne dénonce le clergé franc comme coupable de faire effrontément le siège des vieillards, des veuves et des faibles d'esprit. Si des accusations avaient été habituellement portées contre eux, conciles et hagiographes auraient sans doute au moins pris le soin d'y réi)ondre. On supposera peut-être que les écrivains ecclésiastiques se sont tûs de parti pris sur ces ignominies. Grégoire de Tours ne se croit pas pourtant tenu de ménager Thonnour des évêques ou des clercs indignes en un temps où l'Eglise n'a pas d'adversaires et où personne ne songe à se faire contre elle une arme de l'avarice de certains clercs.

Lui-même se rei»résento en conférence avec hi pieuse reine Ingoberga qui l'a fait venir près d'elle pour le consulter sur l'ordonnance de ses legs pieux ^. Les clercs ont sans doute dirigé ainsi souvent au gré de leur dévotion ou (h' leurs intérêts le choix de l'établissement bénéficiaire''. D'une ]>rossii»n

1. \ la mort de Bailé!.'ysilus. sa vtnivc a prélfridii rolPiiir lout a' (|ui. île son vivant, avait été donné à l'éplise du Mans. Son successeur n'a pas admis cette prétention (Hist. Franc, VIII. .'», p. :{".■.')

•.'. Hist. Franc, IX, '2(i : « ... ad nio uscjuc nunlios dirigens, ut in his, «luae de vohintate sua, id est pro animae remediuni cogilabai. adjutur existerem. Sic tamen, ut ad ipsam accedeiis, )|uae consiliu li.ibitu fieri decernel>at scriplura conecterit " (p. 38-2).

:j. Gréjïoire de Tours a fait inscrire i)ar la dite reine coinuie légataires ré;.'lise de Tours, la basilique de Saint-Marlin de Tours et l'éfflise du Mans.

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