CIMETIÈRES CHRÉTIENS
lui 1. Les dépendances de l'église se confondirent souvent avec la maison d'habitation à l'usage de l'évèque et des clercs, qui, à l'époque franque, est dite la maison de l'église [domus ecclesiae).
Les communautés chrétiennes primitives des cités galloromaines possédèrent peut-être comme les églises de Rome, de Carthage, des cimetières qui, dès le IIP siècle, étaient (fes propriétés corporatives. Suivant Grégoire de Tours, le premier évêque de cette ville envoyé par le pape en Gaule au temps de Dèce, aurait été enseveli dans le cimetière qui appartenait aux chrétiens 2. Du temps oîi les chrétiens eurent en Gaule leurs cimetières spéciaux il ne s'est conservé d'autre souvenir que ce témoignage d'un historien du VP siècle. Les nécropoles purement chrétiennes -^ peuvent api)arienir à une époque où la population d'une cité ne se composait plus que de fidèles. Dans les cimetières antiques de grandes villes, à Trêves ^, à Lyon ^, à Bourges ^^ à Bordeaux ~', on a relevé des inscriptions chrétiennes à côté de débris de sépultures païennes. On ne peut en conclure que les communautés chrétiennes de ces cités n'ont jamais possédé de cimetières spéciaux. Des nécropoles de l'époque païenne ont pu être affectées par la suite à des sépultures chrétiennes **. A Tours, saint Martin fut inhumé dans un ancien cimetière tout proche de la ville ^ et qui aurait été un cimetière public, s'il faut en croire Àlciiin "^•. On peut conjec-
1. Du can. XXX'N' des Stat. eccl. antiq.: •< iiitra doinum vero collegani se presliyteroruni (episcopus) sese cognoscat » (Biiixs, l. i, i». 145», il ])arait résulter que révoque logeait d'ordinaire avec ses prêtres.
2. Hist. Franc. , X, 31 : <- sepullus est in ipsius vici ciniilerio. qui erat christianoruni » (p. 443).
3. A A'ienne, des fouilles ont exhumé une nécroitole chrétienne (Etl. Le Bi..\xt, Inscrvpt. chrét. de la Gaule, t. i, Introd., p. cxxiv;.