‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 167 sur 570 · Grégoire de Tours, De virt. s. Mart., -25, p · texte numérisé non relu

Grégoire de Tours, De virt. s. Mart., -25, p

7. Hist. Franc, VI, 20 : « profluus ditator eclesiarum rlericorumque nutritor » (p. 261). Fortunat {Carm , IX, 16, Auct. aniiqui.'i.s., t. iv, i>. prior, p. •.>] 9) célèbre le dux Chrodinus.

DONATIONS DES SIMPLES l'AKTlCULlERS 161

le matériel de foi-nie, dos valets et des laboureurs et môme d'uue somme d'arg-eut ^ Les gens de grande naissance que Chilpéric oblige à suivre sa fille en Espagne écrivent leur testament en faveur des églises et demandent qu'à leur entrée en cette terre lointaine d'oîi ils ne reviendront plus, leurs biens soient remis aux églises comme s'ils étaient déjà morts 2.

Les laïques qui n'ont pas d'enfants instituent souvent, comme les évoques et les clercs, un saint pour héritier. Blidéricus, après trente ans de mariage, désespérant d'avoir des enfants, fait offrande de tous ses biens à la basilique de Saint-Martin de Tours en s'en réservant seulement l'usufruit. Il a confirmé cette donation après qu'une nombreuse progéniture lui fut née ^. Les églises n'héritent pas seulement à défaut d'héritiers naturels. Les formules romaines d'exhérédation que conservent encore en les simplifiant les testaments de l'époque franque ^ déclarent que le testateur a préféré tel saint lieu à tous ses autres héritiers ^. Tel qui ne veut point déshériter ses proches inscrit néanmoins pour quelque legs les églises et les basiliques des confesseurs ^\

Parmi ceux qui, de leur vivant ou après leur mort, veulent être les bienfaiteurs des sanctuaires 11 y a des gens de toute condition. Une simple mère de famille, Syagria, méritait par ses aumônes d'être appelée la mère et le trésor des églises et des monastères ''. En général, le souvenir des donations importantes, bienfait de quelque grand personnage, s'est seul conservé de cette époque reculée. Mais une multitude de petites gens faisaient aux clercs et aux moines de modestes ofl'randes, en argent, en nature, se dépouillaient en leur faveur d'un coin de terre. Il n'est personne à cette époque qui ne leur donne. La foule anonyme des petits donateurs a fait souvent peutêtre pour la formation du patrimoine des églises plus que les

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