‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 174 sur 570 · CONTRAT DE PRÉCAIRE, FACULTÉ DE RACHAT · texte numérisé non relu

CONTRAT DE PRÉCAIRE, FACULTÉ DE RACHAT

exemptions dont jouissent les biens ecclésiastiques. Il a été facile aux églises d'atténuer, de compenser le sacrifice que leur fait un pieux bienfaiteur. Il a eu parfois intérêt à se dépouiller en leur faveur.

Associé à la donation, le précaire a permis aux églises de passer avec le donateur de véritables contrats qui procurent à chaque partie un avantage équivalent. Tel que la piété n'a pu seule décider à quelque largesse donne à une église pour recevoir. Il abandonne la propriété de son bien à 1 église : celle-ci lui accorde en précaire ce même bien et un autre qu'il convoite. A sa mort le tout reviendra à l'église i. Un tel contrat représente de la part du donateur l'achat d'un usufruit, de la part de l'église l'acquisition d'une nue propriété. Le clergé attire une largesse par l'appât de ses j)ropres libéralités.

Parfois le donateur ne peut se résoudre à renoncer à son bien irrévocablement. L'église lui accorde la faculté de le racheter au prix d'une somme fixée -. Peut-être cette clause dénonce-t-elle quelquefois un prêt consenti par l'église, la donation dissimulant simplement la remise d'un gage. Mais la faculté de rachat est certainement concédée à d'autres qu'à des débiteurs. Une charte du monastère de Wissembourg émane d'un bienfaiteur qui n'avait point d'enfants ; il pourra racheter son patrimoine au prix de 200 sous au cas où lui naîtraient des héritiers •'.

xVinsi par les facilités, délais, réserves, combinaisons de toutes sortes que le clergé ofï're ou accorde à ses bienfaiteurs, par les profits peu onéreux pour lui qu'il leur abandonne, les églises ont su soutenir et stimuler la générosité des fidèles. Ce n'est pas que le temporel ecclésiastique soit le fruit d'expédients, de complaisances, et d'adroites spéculations. Les fondements et la masse de l'édifice reposent directement sur la foi sincère et la générosité spontanée des pieux chrétiens. Le clergé et les moines n'avaient qu'à laisser couler en leurs mains la richesse, mais ils ont su en outre dégager, approfondir les canaux qui l'amènent vers les églises. Sans créer à leur bénéfice des formes juridiques nouvelles, ils en ont mis à profit l'évolution naturelle, retenu et exploité les plus o[)portunes, accueilli les vœux de leurs bienfaiteurs, compris leurs

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