PROFITS TERRFSTRES DES DONATEURS
l'attraction qu'exerce ce grand propriétaire privilégié capable de se défendre par ses propres moyens et qui dispose en outre d'une puissance surnaturelle. Ils lui ont demandé de posséder en leur place et de leur permettre de vivre en paix sur leur petite terre devenue sienne; ils furent à la fois les bienfaiteurs et les obligés de l'église.
On donne au clergé et aux moines pour jtjuir de leur protection, on leur donne aussi pour user de leur richesse. Un petit propriétaire besogneux prie une église de le faire vivre k l'aise en même temps qu'il lui abandonne son bien. Avec elle il conclut un contrat semblable à celui qui aujourd'hui convertit en rentes viagères un revenu insulîisant. Celui qui cède au clergé la proi)riété d'une terre pour obtenir la jouissance non seulement de ce champ, mais d'un autre appartenant à l'é^jUse croit faire une bonne affaire en même temps qu'une bonne œuvre '.
C'est à titre gratuit que les églises accroissent le plus souvent leur patrimoine ; mais à les enrichir on croit toujours gagner plus que ce qu'on leur abandonne. Le pieux donateur réalise en effet un bénéllce spirituel inappréciable et fréquemment par surcroit quelques profits sensibles. Le temporel ecclésiastique est l'épargne oii tous versent pour acquérir créance sur les trésors du ciel et aussi dans l'espoir de recueillir la manne qui tombe on faveur de ceux qu'attend la Terre promise.