ON DOIT LA DÎME DE TOUS SES REVENUS
Toutefois la réglementation qui s'imposera plus tard s'annonce dès l'époque franque. La dime que les évéques de la province de Tours exhortent le peuple à acquitter sera versée entre les mains de l'évèque propre ou de son envoyé K C'est aux évoques que le concile de Mâcon ordonne de payer les dîmes 2. Sigebert décide que toutes celles du pagus de Spire seront versées à l'église de cette cité où i)réside l'évèque Principius 3. Il est visible que quand la dime deviendra obligatoire et régulière, elle prendra un caractère territorial et que chaque église aura droit à ces offrandes dans les limites du district oti s'exerce la juridiction du clergé de cette église.
La dîme est réclamée de tous les revenus. Les fidèles offriront la dixième part des fruits de la terre *. Sigebert II ordonne de porter à l'église de Spire le dixième du blé, du vin, du miel, des chevaux, des porcs, de toute espèce de bétail s. Saint Césaire et saint Eloi adjurent leurs auditeurs de rendre la dîme de tout ce que produit leur négoce, leur industrie, leur travail, quel qu'il soit". Les évoques de la province de Tours veulent qu'on offre la dîme de tout son avoir. Ils réclament même, en raison des besoins pressants du moment '^, une sorte de capitation : on paiera la dîme des esclaves et celui qui ne possède pas de serfs, mais qui a des enfants, paiera pour chacun à l'évèque le tiers d'un sou pour le rachat des captifs 8.
Le clergé franc n'a pas réussi à faire de la dîme une institution régulière et obligatoire. Il parait bien en avoir conçu l'idée mais ne pas s'être sérieusement attaché à la mettre en œuvre. Peut-être ne s'en est-il pas cru les moyens, peut-être l'abondance des dons spontanés lui a-t-elle fait négliger la
1. « in episcopi manu cuntrailat aut (iui-ni suo luco pontifex elegcrit ■> (Maassen, p. 138).
■2. Can. V, p. 107.