‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 21 sur 570 · DONS MANUELS · texte numérisé non relu

DONS MANUELS

Ce petit trésor liquide, les églises des Gaules le formèrent avant même d'être aptes à posséder.

De bonne heure, mention est faite des dons manuels recueillis par les évêques. Sulpice Sévère rapporte que maintes fois des présents (xenia, munera) ont été offerts à saint Martin qui, d'ordinaire les refusait ^ ou les dépensait immédiatement en bonnes œuvres 2. Constantin et ses successeurs envoyaient à des évoques des sommes prélevées sur les caisses publiques, pourvoyaient à l'alimentation du clergé local aux frais des villes 3, Les évêques et le clergé des Gaules ont bénéficié de ces largesses impériales. L'empereur Valentinien offrit à saint Martin des présents que le saint ne consentit pas à recevoir ^. A la fin du V siècle, le prêtre Pomère, qui fut à Arles le maître de saint Césaire "', accuse le clergé de son temps de ménager les gens riches, crainte de n'en plus obtenir, s'ils les offensent, les présents accoutumés 'J. Il est interdit aux évêques d'accepter les dons de ceux qui oppriment les pauvres ~. Ces présents ne sont pas seulement offerts aux évêques à titre personnel ; les sanctuaires célèbres reçoivent aussi des rnunera ^.

11 est probable que ces présents étaient faits en nature comme en espèces. Mais on ne trouve pas en Gaule de traces certaines de l'usage répandu de bonne heure en Orient ^ d'offrir aux églises les prémices des récoltes. L'Africain Pomère, qui devint prêtre de l'église d'Arles 10, rappelle que le Seigneur

1. Sulpice Sévère note que saint Martin a accepté un xenium offert par une vif-rge qui avait refusé de le voir » fecitque Martinus quod antea non fecerat ; nullius enim ille unquam xeniuin, nuUius munus accepit ■> [Dial., II, 12, Corp. script, eccles., t. i, p. 194;.

2. Un personnage dont saint Martin a guéri la familla d'une peste, offre au saint cent livres d'argent « quas vir beatus nec respuit, nec recepit ; sed prius quam pondus illud monasterii limen altingeret, rediniendis id captivis continue dcputavit » [Dial., III, 14, p. 212j.

3. Cf. LoENiXG, Gesch. d. deutschcn Klrchenrcchts, t. i, p. 221 ; Folrneret, Les hiens d'église après les édits de pacification, p. 109-110.

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