‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 218 sur 570 · INVENTAIRE DU TRÉSOR · texte numérisé non relu

INVENTAIRE DU TRÉSOR

tout 1. Par deux fois les clercs de l'évéque de Marseille, Théodore, prisonnier du roi Gontrau, forcent les portes de la maison de l'église, font la descriptio des vases sacrés, fouillent les cachettes, ouvrent les coffres, vident les armoires, emportent chez eux les meubles qui leur agréent et pillent, observe Grégoire de Tours, comme si l'évéque était déjà mort -'. Il arrive en effet qu'après le décès d'un prélat et du fait des compétitions qui s'élèvent autour du siège vacant, l'église est presque complètement dépouillée des vases sacrés et des pièces les plus précieuses qu'elle possède 3. Aussi l'évéque qui préside aux obsèques d'un collègue doit procéder à l'inventaire de tout ce que renferme la maison de l'église ■* et il est interdit d'en rien distraire avant l'ouverture du testament du défunt ^.

Les conciles de l'époque mérovingienne se préoccupent de sauvegarder le trésor de l'église. Ils interdisent à l'évéque de briser et de fondre les ministeria sancta, à moins qu'il ne soit indispensable de les convertir en espèces pour la délivrance des captifs *\ L'évéque en est quelquefois réduit à cette extrémité afin de se racheter lui-même et obtenir grâce pour son peuple. En 585, l'évéque de Poitiers, accusé d'être infidèle à Gontran, obtient rémission pour sa personne et pour sa cité en faisant briser et convertir en monnaie l'un des calices du trésor de son église"'.

1. Grégoire de Tours, Hist. Franc, V, 49, p. -242. '2. Hist. Franc. VI, 11, p. 255--256.

3. A Rodez, « in tantum pro episcopalu intentiones et scandala orta convaluerunt ut paene sacris ininisteriornm vasis et omni facultale meliori nudaretur » (VI, 38, p. 278;.

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