‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 243 sur 570 · PÊCHERIES, MOLLINS, BRASSERIES, PRESSOIRS · texte numérisé non relu

PÊCHERIES, MOLLINS, BRASSERIES, PRESSOIRS

la nier, la propriété de pêcheries qui fourniront un précieux appoint à Talinientation du clergé et des moines. On rapportait àChildebertI'''"rattributionfaite au monastère deSaint-Germaindes-Prés des pêcheries et moulins de la Seine au voisinage de l'abbaye. Il aurait donné aux moines, le long des deux rives du fleuve, le terrain sufïisant pour le halage des navires et pour l'établissement de viviers i. Childéric II aurait concédé au monastère de Saint-Wandrille une terre sur le rivage de la mer et des terrains pour la pèche "-. Mais en dehors de ces renseignements peu sûrs, on ne trouve signalée dans aucun document authentique l'acquisition faite par une église d'une pêcherie en dehors du grand domaine qui lui est donnée toujours avec eau et rivière et où le produit de la pêche lui appartient Moulins ^, brasseries, pressoirs, ne font jamais non plus isolément à cette époque l'objet d'une donation ou d'un achat. Ou bien le propriétaii'^ ecclésiastique les crée lui-même sur son domaine, ou bien il en a pris possession en même temps que de la rilla dont ils dépendent. Le régime prédominant de la grande propriété fait obstacle à cette époque à la dissémination qui se produira plus tard des droits d'usage et des bâtiments d'exploitation tenus alors pour inséparables du domaine.

L'acquisition par les églises et les monastères de vastes forêts s'ac'cordait au contraire avec les conditions économiques du temps et permettra au clergé et aux moines de créer de toutes pièces des cultures qui reproduiront le type ordinaire de la grande exploitation agricole.

Le domaine forestier des églises et surtout des monastères a été de bonne heure très étendu. A l'époque mérovingienne, les moines se sont souvent établis au milieu des bois '*. Le fondateur d'une communauté la dote d'un large district forestier. Bertrada abandonne en 721, au monastère de Prum qu'elle a

1. Uii)l. fav.x de ChiUlehert I" de 558 (de Lasteyrie, Cart. de Paris. 5, p. 4). J. Quicherat (C'ritiqKe des deux jilu s anciennes chartes de Saint-Germain dans Bibl. Ecole des chartes, t. xxvi, p. 525-7) observait que suivant le diplûine de Charles le Simple du 25 avril 903 (Histor. de France, t. ix. p. 490), les moulins possédés par l'abbaye sur la Seine lui avaient été donnés par Charles le Cluiuve. D'après le même diplôme, ce serait bien Childeberl qui aurait cédé au monastère les viviers et la jouissance des deux rives, mais jamais à l'époque mérovingienne les parcs à i)Oissons ne sont considérés séparément des eaux où ils .sont établis ; jamais non plus on ne mentionne la concession d'un chemin de halajfe, attendu qu'au VI' siècle tout le monde en usait librement.

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