FORÊTS ECCLÉSIASTIQUES
créé, une jiart considérable de ses forêts i. Sigebert II, fondant vers 044 le monastère de Stavelot dans ses forêts de TArdenne, lui accorde trois lieues carrées d'une silca royale et un ([uartier de même étendue dans une autre silva domaniale -. Quatre ans plus tard, il décide que sur un rayon de 12 milles autour des deux établissements de Stavelot et de Malmédy, la forêt royale deviendra la propriété des moines ; les forestiers du roi n'y pourront plus pénétrer '-K
Sur le plateau ardennais recouvert par Timmense forêt Charbonnière, on ne s'étonne pas que l'unique richesse du pays soit recueillie en abondance par les églises qui s'élèvent dans ces solitudes. Mais sur tout le territoire franc, outre les bosquets compris dans l'étendue des grands domaines, les églises disposent de vastes espaces boisés. Clotaire III cède au monastère de Saint-Pierre qu'il a fondé sur les bords de la Somme, avec la villa de Corbie, un district d'une forêt royale '^. Chilpéric II donne à Saint-AVandrille la forêt de Jumièges ^, à Saint-Denis celle de Rouvray avec un forestier et le manse qu'il habite '^. Childebert III a cédé au monastère de Notre-Dame d'Argenteuil, la forêt de Corniolet "'. L'église de Reims possédait dans les Basses- Vosges des bois dont, au temps d'Hincmar, on attribuait l'acquisition à saint Rémi s. Le monastère d'Hornbach, fondé vers le milieu du YIII*^ siècle, est doté de grandes forêts vosgiennes ■'. Dans les régions du Nord, de l'Est et de l'Ouest de l'empire franc, une portion considérable du sol est encore couverte par la végétation forestière. Il en coûte peu aux rois et aux grands d'abandonner aux églises des propriétés lo qui n'avaient de valeur à leurs yeux que comme terrains de chasse i'.
Entrée en la possession du clergé, la forêt était d'un meilleur rapport. ]']lle nourrissait les troupeaux de porcs appartenant aux églises ; elle fournissait au clergé et aux moines bois de cons-