Cf. plus loin, chap. XXX, Le rachat des captifs
•i. Saint Éloi, encore laïque, garde auprès de lui des captifs qu'il a rachetés mais non pas en qualité d'esclaves « non jam ut servi sed ut fratres » (V'Ua s. Elifl'K I. 10. Script, rerum meroi\, t. iv. )i. (i78). Dans son lesiament, l'évéque du Mans Bertrand lègue à son neveu la portion d'une villa que lui avait donnée son frère, " excejjtis illis quos emisit, aut ego de cai)tivilate redemi, ipsi liberi persévèrent » (Pakdessls, -230, t. i, p. 201). Bertrand stipule évidemment ((ue son héritier devra respecter la condition lilire des tenanciers que son frère a fait sortir du servage conmie aussi des captifs rachetés par lui-même et (|u'il a établis sur ce domaine.
3. Cf. Grégoire de Toirs, De virt. s. Martini, 111, 53, p. <>45.
4. Grégoire le Grand (Epist., VU, -21, éd. Hartmanx, t. i, j). 16-1) donne ciimmi.ssion il Candidus, son mandataire dans les Gaules, de racheter quatre frères que des juifs avaient achetés et qui étaient à leur service à Narbonne.
5. Grégoire le Grand écrit à Fortunat, évéque de Xaples, • pro christianis mancipiis quae .Judaei de Galliarum linibus enmnt ■■ (E2)ist., IX, 10-1, t. ii, p. 111)
6. Les conciles interdisent de vendre des chrétiens aux juifs et aux ])aïens (Conc. de Reims de li?7, can. XI. Maassen, p. -.'01 : de rhiilon de ihi'.l-lh>l. eau. IX, p. -210).
AFFUANflIISSKMKN rs DONT l'KOMTKNT I.KS KGI.ISKS 233
les maîtres juils veulent l'aire apostasier leurs serfs ou leur infligent des sévices i. Parfois, ceux-ci se réfugiaient dans une église et suppliaient qu'on les tirât des mains du juif. Les fugitifs qui ne veulent plus servir des juifs qui les maltraitent ne leur seront pas rendus, mais seront libérés moyennant juste prix payé à leurs maîtres. On peut conjecturer que ces réfugiés rachetés par les aumônes des lidëles - devenaient aussi des affranchis de Téglise.
Il arrive souvent aussi qu'un serf ai)pai'tenant à un chrétien cherche asile dans une église après (ju'il a commis une faute, afin d'échapper au châtiment 3. Le fugitif est rendu au maître qui pardonne et remet un gage comme garant de sa promesse, mais si celui-ci refuse de faire grâce, le serf ne lui est pas livré ^ 11 obtenait ainsi peut-être quelquefois la liberté ^, mais gardait sans doute vis-à-vis de l'église les obligations d'un afïVanchi.
Un serf infirme exposé par son maître près du tombeau d'un saint pour être nourri par les passants, lorsque la vertu miraculeuse a passé sur lui, redressant ses membres ou ouvrant ses yeux, ne peut plus appartenir à un homme. Un i)ieux fidèle le rachètera et dès lors il demeurera sous le patronage de la sainte église 6,
Les évêques et les abbés jjratiquaient eux-mêmes l'œuvre de miséricorde qu'ils prêchaient aux autres en procurant la liberté à des serfs dont ils payaient au maître le prix d'affranchissement. L'évèque de Langres, Grégoire, a fait sortir un serf de la cuisine de son maître et l'a élevé à la condition d'homme libre ''. Grégoire de Tours raconte que dans la basilique de
1. Co/ic. de Clicluy de li-JII-fyJ/, (an. XIII, p. l'.»<.» ; de RciDis de ()-J7-630, can. XI, )). -,'04. Ces conciles (iéciiicnl ([u'cn pai-cil cas, les serfs des juifs seront conlîsqués au profit du fisc.
2. Conc. d'Orléans de 53H, eau. XIV, \i. 78: de Hit, eau. XXX, p. 94. Cf. Conc. de Mâcnv de .W.î, eau XVI, p. 15'.". Le concile de r>:î8 dit sim|)lcnicnt que le prix sera offert et payé au ui,iili-e : le cimcili' de '<\\ prérise qu"il sera acquitté par les fidides.
:i. Cnnv. d'Orléans de .'itl, can. III (Ma.\ssk\. p. :<) : de Suint-lioniain-d' Allinii de 51'y can. XXXIX (p. 2,s» : dOrléans de .ill. eau. XXIV(p. '.•->): de 5W. eau. XXII (p. 105): Leges Mani., III, 1 (Legcs nul. ijerm., t. v, \^. <>K): (tréooikk w. Toi rs, U'isl. Franc., V, .3, j). 194; Glor. confe.ss., 66, p. 787.