AFFRANCHIS DE L ÉGLISE QUI LUI DOIVENT LEUR LIBERTÉ
blement t^iir les domaines des églises la densité de la population qu'elles protègent et qui les sert.
Parmi les affranchis d'une église, il en est qui lui doivent leur liberté.
Pendant tout le cours du VI'" et du VU'" siècle, connue à répoque des invasions, les évèques ont employé très largement les ressources de leur église au rachat des captifs i, prisonniers de guerre, malheureux enlevés lors des razzias faites par les armées des rois mérovingiens en Gaule, en Germanie, en Italie, ou jetés par le commerce sur les marchés des Gaules. Un certain nombre de ces captifs, rachetés par les églises, recouvraient leur pleine liberté et retournaient dans leur j)ays. Souvent aussi les évêques, les abbés gardaient auprès d'eux, en qualité d'affranchis -, ceux qui ne pouvaient être rapatriés. Les coupables qu'un saint évèque ou un abbé arrache au gibet 2, deviennent peut-être aussi des affranchis de l'église ou du monastère.
L'épiscopat franc s'est préoccupé du sort des esclaves chrétiens achetés par des juifs qui en faisaient en Gaule ^ et jusqu'en Italie '" un commerce dont les conciles s'efforcent vainement de tarir la source *'. Les évêques se plaignent que
consenti pour le remède de rame, pour laniour de Dieu. U est vrai que ces clauses de style se retrouvent dans des actes que n'inspire pas un jiur désintéressement et la seule piété. Mais parce qu'une idée religieuse est devenue banale et qu'elle s'allie souvent à des calculs d'ordre très jjratique, il ne faut pas conclure ((u'elle n'exerce aucune influence. A l'éi)oque mérovingienne: eUeai)ruvoqué maints affranchissements et M. Marcel Fournier le reconnaît d ailleurs ilixtiai si'.r les formes el les efCcls de V affranchisse ment^ p. 4). Il ne faut faire li ni des « sentiments moraux el religieux inspirés par le christianisme » (Les affr"i"-hissetncnts, p. 5, n. 1), ni tout leur rapporter.