SERFS AFFRANCHIS AIX FRAIS DES ÉGLISES
Saint-Martin une muette s'est mise un dimanche à chanter le Pater avec les autres : cette femme, qui était serve, a été rachetée aux frais du saint confesseur i. Ces serfs dont les anciens maitres ont perçu le prix deviennent des affranchis de l'église ■'.
Les évêques qui délivrent parfois des serfs a[)partenanl à d'autres maîtres consentaient-ils aussi à affranchir les leurs? Il n'est pas douteux qu'ils n'aient souvent accordé la liberté tant à des serfs qui leur appartiennent en propre qu'à des serviteurs de l'église. Parmi les formules d'affranchissement il s'en trouve à l'usage spécial d'un évêque qui veut élever à la condition d'homme libre un serviteur de son église 3. En 506, le concile d'Agde prescrit aux évêques de respecter la liberté accordée par leurs prédécesseurs aux serfs de l'église qui ont bien mérité ■*. Les canons rappellent à quelles conditions l'affranchissement doit être consenti par l'évêque ou même par les prêtres et les diacres de l'église "^ mais ils en parlent comme dime pratique courante et n'ont pas un mot pour la blâmer. Les testaments des évêques, des abbés, accordent d'ordinaire la liberté à des serfs "^ qui sont le plus souvent leurs serviteurs personnels mais qui peut-être appartenaient aussi quelquefois à l'église. L'évêque du Mans Bertrand avait coutume d'affranchir chaque année, le dimanche qui clôt les fêtes pascales, des serfs de l'église '' et
1. « de rebns beati confessoris redempta est » {De virt. s. Martini, II, 30, p. 620). Saint Martin guérit une autre serve que ses maitres veulent emmener : <■ accepte de relnis sancti pretio, quieverunt et ita haec libertati dunatur - (III, 46, j). t>43).
•2. Grégoire de Tours rapporte un cas où l'église na pas eu à débourser. Après la mort de saint Loup, évêque de Troyes, des serfs se réfugient auprès de son ancien .serviteur. Aventinus. qui offre de les ra'heter à leur maître. Celui-ci et sa femme après lui, sont punis par la mort de leur déloyauté, <• et sic liii ingenuitate perpétua ab.sque ullius .scripturae munitione man.serunt .■ (Glor. confess.. (i7. ]). 7!^8).
3. Forni liiti'rir.. 8 (Zeimer. Form.. \^ . 171-2). Le préambule di' la formule exi)ri!iio l'idée ([ue pour la prosi)érit.' de régli>Y et son sabit éternel l'évé(|uc dnii offrir a I)irii la dîme de ses .serfs. Cf. i)liis haut. p. 18s, n. 1.