LES COLONS DES DOMAINES ECCLÉSIASTIQUES
clergé le jour où leur tonure (colonica) lui fut. donnôe '. Quelquefois aussi rarlrninisirateur du temporel ecclésiastique établit un homme libre sur une petite terre. Un pauvre, un étranger {peregrinus) à qui Tévéque accorde en précaire la jouissance d'un petit champ dans l'une des vUlae de l'église en devient sans doute souvent le simple tenancier 2.
Les colons de l'église sont astreints comme les serfs et les affranchis à des services qui parfois sont consignés dans une pièce écrite [Iwerns] •^. Ils exécutent des travaux sur le doniinicum. En Bavière, ils devaient cultiver pour le comjite de l'église une pièce de terre de quarante pieds de large sur quatre cents de long, travailler au vignoble, faire des charrois, réparer les bâtiments de ferme ■^. La loi des Alamans les oblige aussi à des corvées [opéra] ■'.
Ils acquittent en outre des tributs qui constituent, semble-t-il, l'un des principaux revenus d'une église *'>. Les colons sont tenus d'ordinaire à rendre h celle-ci le dixième de leur récolte. Tel était l'usau'e du vivant do saint Didier sur les terres de
1 Taiitût la cdlo/iira est donnée isuli-nienl : » tlono colonica. ..: lend illaiii Sicherlus » {Test, de Widcrudiis. I'.vrdkssls. 51.1, t. ii, ]). :W5). Cf. Test. d'Hadnlndus (300, I. ii, ]). 70), d'M/bn (559. p. :<,1\ Pt suiv.). l'iu.s souvent on donne des volonicae avec la villa qui les renferme.
2. Le précaire a sans doute servi à ])rocurer au.x églises et aux inonasleres des tenanciers de condition libre. Entre ~i\i\ et 7-20, Erfoinus et ses lils ont donné au monastère de Saint-Gall un bien qu'ils reprennent en précaire. Us s'engagent à rendre chaque année en guise de cens une charretée de vin, une autre de seigle, une troisit'uie de foin et un porc (\Vai;t.m.\nn, Urkuiidcnb. S. OciHet), 3, t. i, p. .3). La Foi-iii. Sdl. Jiif/iioii. L'I i /.kiwirh, ]). -J'.ii'i) slipule (|nr le précaristo acquittera, oulrr un rcriaiu nonilire de tlcniers, une redevance du (li.xiiiiie de la récolte. Vne formule de Marculfr. à l'usage de simples ])articulier.-, stipule ([ue le précariste jierdra la terre .•^'il nr l'cnd i)3s " (juicquid reli(|ue accolaui... faciunl » (H, 41, p. 100). Un tel ])récarisle ]iaraît bien avoir eu la condition d'un simple colon, comme les pauvres gens qui, dans l'Espagne wisigoihique an "\'II" siècle, étaioni étal/lis en celte (|unlité sur les terres d'un riche i)rt)priétaire en vertu d Une jn-fircarUi : I Diiin... egcstatem jiaterer... ad e.xcolendiim
terras... jure praecario dare diguavii Décimas vero j)raeslatiuiie vel exeuia,
ut colonis est consuetudo, annua inlalicne me iircniiltn jiei-snlvere •• (Foi-m. WisiyoDt., ;«), ZKiMKit, p. .')îil).
3. Il en est ainsi iiour des le'iuun's d une ritl/t de l'c^iiise du M.ius : « de .-iio servicio, juxta quoil voltisquidem fiMiM-uiil et vester brevis lo(|uilur - (l'.vuuiissrs, 517, t. n. p. :'.:iO). Cette ])ièce. ii' n (\\i insérée û-.xns les Achis jiont. <<:nn))i., est tenue pour authentique (.J. II..\i;t, QnctliD/is ,,irr<tr.. p. -rii: Li;i)Rf. .\Hi(s jjont., p. 210).