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22 l'église l'ÂTIT DE LAn'AfVRISSEMENT GÉNÉRAL
Lyon, c(;iiiiiient ])OiiiTiez-vous goûter un instant de repos? * » Les ressources des églises absorbées par ces dépenses pressantes tarissaient en raison de Tappauvrissenient général -. Sidoine Apollinaire admire l'ingéniosité d'un évèque qui a trouvé le moyen de construire une église neuve alors que tant d'autres manquent du nécessaire pour entretenir les anciens édifices 3.
En ces temps où les campagnes sont dévastées et nues, les villes incendiées, alors qu'il y a disette de vivres, que l'or et ''argent se raréfient, la richesse liquide consommée par les barbares ne peut plus couler qu'en un maigre filet vers les églises. Mais il leur fut peut-être plus aisé d'accroître leur l)atrimoine domanial. La propriété a subi une énorme dépréciation, dont les églises ont pâti moins que les particuliers et dont elles ont sans doute profité. On a vu des évêques vider le trésor, vendre le mobilier précieux de l'église pour faire face à leurs dépenses charitables. Ils ne paraissent pas avoir jamais songé à se procurer des ressources en aliénant les domaines ecclésiastiques. Les règles disciplinaires commençaient à s'opposer à ces aliénations -^ et peut-être les biens-fonds possédés par les églises n'eussent-ils pas facilement trouvé acquéreur. On soupçonne que les terres incultes, les latifundia créés par le régime de la grande propriété et que l'invasion achève de transformer en désert ^, ont dû être donnés ou cédés aux églises parleurs ])ropriétaires d'autant plus volontiers qu'ils n'avaient plus les moyens de les exploiter et qu'en leurs mains ces biens perdaient toute valeur *^.
Ces hommes qui ont beaucou]) souffert se consolent par des pensées religieuses '' : « Que d'autres, écrit l'auteur du poème
1- E/tisl., VI, 1-2 : " iiiuiiioilla quae cotidif i)rr)i)ter defeclioneiii civiuiii pauperatorum inrequietis toléras exculiiis ■■ (.4*'d. a/itiqidss.. l. viii, p 101).