Cf. plus haut, p. is
5. Poe ma ad uxorem, -IQ. Tel qui autrefois iraver.sail les villes sur un char superbe, parcourt à pied la campagne déserte (rus vacuum) (Migne, P. L., t. i.i col. 611). Voir, sur l'état de l'Italie septentrionale • vidnala rullnrilius •■. la vie de saint Épiphane par Ennodius (138, ^1î^c<. antif/tns.\.. i. vn. p. loi).
.6. Paulin de Pella, réfugié à Marseille, est heureux (piun (Juth qu'il ne connaît pas se porte acquéreur à un prix dérisoire « haut equideni justuni » d un domaine qui avait fait partie de son i)atrimoine en Aquitaine {Kucharisticos, 573 et suiv., Poctae christ, min., P. I, Corp., script, ecclcs., t. xvi, p. 313j.
7. C'est le thème développé par beaucoup de poëmes de ce temps (Poema a<l v.voretn, loc. cit., Carmen de provld. die, «JO:) et suiv., Migne, P. L., I. i.i, col. (537), par Paulin de Pella ixmr son usage ])crsonnel (Ki'char., 456, p. 308: IW. p. :w.>: 58-2 et suiv., p. 313). Cf. G. Boissier, La pn di' pagani-tmc, t.ii, p. 467.
LA KOI SOrRCE DE LA RICHESSE DES ÉGLISES 23
sur la Providence de Dieu, se lamentent quand ils voient leurs bijoux partagés entre les brus des Goths, leurs troupeaux emmenés, leur cellier vidé, leur toit incendié. Mais le sage serviteur du Christ n'a rien perdu de ces biens qu'il méprise, car il avait déjà transporté ses richesses dans les cieux ' ». De leur fortune engloutie beaucoup sans doute consacraient les épaves à se faire un trésor, là où il n'est point de brigands qui le puissent ravir. Les désastres publics et privés invitent ceux qui ne sont pas encore atteints à se dépouiller de biens caducs en faveur des mandataires de Dieu. Les calamités de ce temps tournent elles-mêmes en ({uelque manière à rcnrichissement des églises.
Si, au V^ siècle, il est diflicile qu'au milieu des ruines de grandes fortunes s'édifient, même au prolit des églises, c'est alors que le temporel ecclésiastique assied de solides fondements sur les croyances chrétiennes. Peut-être les églises des Gaules doivent-elles à la munificence impériale une part des biens qu'elles possèdent au V« siècle. Mais ces libéralités ne sont qu'un médiocïre facteur de leur fortune ~. Le temporel ecclésiastique n'a pas été constitué tout d'une pièce, des dépouilles des temples païens, ou aux frais des cités et des empereurs. Il est né et s'est nourri des apports spontanés de nombreuses générations de pieux fidèles. La foi des chrétiens se convertit en largesses qui se précipitent vers les églises. En leur faveur s'établit un irrésistible courant d'appel. Élaborée autour des textes évangéliques qui commandent aux disciples du Christ de se détacher des biens terrestres et de déposer leur trésor dans les cieux, la théorie chrétienne des œuvres pies sera pendant tout le moyen âge et jusqu'aux temps modernes la pourvoyeuse des églises.
Au V« siècle, le i>rê(re do Marseille, Salvicii, Texi^osc en lui prêtant une rigueur logique, une valeur ohligaloire qu'elle n"a eu, en fait, ni en ce temps ni plus tard. 11 serait iuqtrudent d'allirmer des déclamations de Salvien qu'elles reiirésentenl exactement les vues et l'enseignement du clergé de son temps dans la région la plus civilisée et la plus riche des Gaules. Gn n'attribuera i)as non plus au succès d'un rhéteur, si goûté qu'il ait été, le flux de la richesse qui monte vers les églises ; mais ce pamphlet passionné est un témoignage certain du travail qui se fait dans les esprits. D'une main indiscrète el
1. ii08-9 : « Sed sapiens Chrisli .sorviis iiil pcrdidil lini'iiiii .|ua«' sjïrcvii, l'dfl.uiuf pi'ius translata locavit » {loc. cîl-i- ■2. Cf. plus haut, p. 15 et n. 1 de la p. 1'.'.