TRANSPORTS EFFECTUÉS AU COMPTE DES ÉGLISES
lie l'cuvciil pas toiijoui-s n'^ali^^er sur place; il l'aiil trausjKjrlor on nature les produits d'une exploitation lointaine jusqu'à la ville épiscopale ou jusqu'au monastère. Même si la récolte trouve acheteur dans la région même, l'intendant du domaine peut avoir ordre de la réserver pour les besoins du clergé et des moines et de la leur faire parvenir. Le biographe de saint Amand raconte queTévêque a ordonné à un prévôt de préparer des chariots pour transporter au monastère d'Elnone le vin nécessaire aux religieux. L'agent, <jui a désobéi, sous prétexte qu'il n'avait pas de vc^tures, a été l'i'appé d'une iiaralysie dont le saint l'a guéri '. Un privilège délivré aux moines de Saint- Denis dans les dernières années du VIP siècle les autorise à faire circuler en franchise leurs chariots, que l'expédition soit faite du monastère ou des villae qui leur appartiennent, tant à l'aller qu'au retour "■^. Ce dii)lôme, qui facilite peut-être les opérations commerciales des moines, est destiné aussi à leur permettre d'emmagasiner et d'engranger auprès du cloilre, sans acquitter aucun péage, tous les produits de leurs domaines.
La franchise de tonlieux peut n'être accordée que pour un convoi de marchandises déterminées. Un roi qui donne à un monastère des revenus à percevoir dans une région très éloignée, procure aux religieux le moyen de les faire rentrer annuellement à peu de frais, en dispensant de tout péage la caravane qui les leur apporte. Les gens qu'envoie le monastère de Saint-Denis à Marseille pour prendre livraison d'une provision d'huile que la douane doit leur fournir •% sont, eux et leurs voitures de transport, affranchis de t(nit tonlieu et droit d'aucune sorte en vertu d'un i)rivilège délivré aux moines par Dagobert P"" '.
Une formule témoigne que les rois concédaient parfois à des églises épiscopales une exemption de tonlieux assez semblable
1. Bai Dr.Mi'NDis, VUas. Aiiiaiali,1\{.\<-ta sanct., Kévr., t. i, p. 8»;:^ : Maiui.i.on", Aclu sanct.. O. S. Ji., l. II, !>. 087j. Le texte dit « iiraeposilus inoiiasu-rii sui •>. H s'ayit peut-être du prévùt il'uii autre monastère que celui d'Hliione, attendu (|U(' les nidines transiiortent le ])aralytique en cette hicalité. l'ciU-ètre aussi le jirévi'it (l'Hlnono s'est-il rendu dans un domaine du monasiére.
••'. " nuUo tilloneii de ipsa carra exigere... non presumaiur.. . ubi et ui^i de ijjso monasterio ref, ilr ejus villas lam ambolandum f|uam reverlendum perrexerint » {Dijjl. dr Thu'rri/ III, c. 681, Pertz, 51, p. Ai\j.