EXEMPTIONS DES DOUANES ET PÉAGES
à celle-là. Kilo est accordée pour un nombre déterminé de voitures envoyées par Tévêque à Marseille ou dans d'autres ports pour acheter le luminaire de l'église. Sur la route, ces véhicules seront affranchis de tout péage ; ils n'en acquitteront ni à Marseille, ni à Toulon, Fos, Arles, Avignon, Sorgues (?), Valence, Vienne, Laou, Chàlon et autres cités K Outre le privilège déjà mentionné, Saint-Denis a obtenu de Dagobert exemption de (onlieu pour six chariots à Marseille, Valence, Fos, Lyon et dans toutes les localités qu'ils traverseront -'. Cette immunité peut être octroyée pour un convoi de voitures et pour une flottille. Le monastère de Saint-Calais paraît avoir été favorisé à la lin du VII*' siècle d'une exemption de tonlieux pour cinq navires et autant de chariots •'.
Quelques monastères ont certainement joui d'une franchise plus étendue. Saint-Deois, à qui Dagobert accordait libre circulation pour six voitures est exempté un demi-siècle plus tard par Thierry III de tout tonlieu, quel que soit le nombre des chariots ou voitures que les moines expédient '*. Corbie peut envoyer ses gens acheter partout et ramener au monastère, en franchise, vêtements et marchandises nécessaires aux religieux ■'. Les moines d'Honau ont bénéficié vers 748 d'une exemption de toutes douanes ^. Les églises épiscopales sont gratifiées quelquefois des mêmes avantages. Rigobertus a obtenu pour l'église de Reims remise des tonlieux '='. Une formule ajoutée au recueil de Marculfe est destinée à procurer cette franchise totale aux églises des saints et aux évêques ^.
Souvent aussi un roi mar(|ue sa faveur à un évoque ou à un abbé, à une église ou à un monastère en leur faisant
1. Svpplcm. fnriii. Marctilfi, 1 fZKi mer, Form , p. 107). Cette formule est du milieu du VIH' siècle ; peut-être marque-t-elle déjà le réveil (conomique qui commence avec l'époque carolingienne. Saint-Denis a obtenu d'ailleurs de Dagobert un privilège analogue (cf. n. suiv.). La formule est destinée évidemment à des églises du nord ; elle signale les relais de la route de la Méditerranée jusqu'à Châlon.
2. Gesta Dagob., iS (Serait, re ru ru lueroc, t. ii, p. 400-7).
3. J. Havet. Les chartes de Saint-Calais, chartes perdues, n°' 7 et 8 (QuesHons raéror., p. 140-1). Mention est faite de ce privilège au cartuluire du monastère dans des notes insérées à la suite du diplôme faux de Thierry m f676-(i8-2) et du diplùme authentique de Childebert III (095-711;, n<" 4 et 6 (J. H.wet, p. 102 et 104 : Frogkii, Cart. Saint-Calais, p. 8 et 11).
4. Pertz, 51 (c. 081), p. 4g'. Cf. Dipl. (le Chilpéric II de 716 (83, p. 73).
5. IJipl. de Clùlaire III de 661 (Levillain, 7ia-'a»(e/i des chartes de Curbie, Pièces jiistif., 2, p. 21<)).